Quels sont les pièces et billets que les Français utilisent le plus ? Le dernier bulletin trimestriel de la Banque de France offre de nombreuses indications, et montre que les Français ont plus le goût des petites coupures que leurs voisins européens.

Billet de 20, le favori des Français

« 52% des coupures mises à disposition du public par le biais des distributeurs automatiques de billets seraient des [exemplaires] de 20 euros. » La Banque de France elle-même utilise le conditionnel, pour cette proportion, puisqu’elle la tire d’une enquête qu’elle a menée en 2012 auprès des principaux établissements de crédit. Et parce que les statistiques sur les billets en euros, fabriqués et circulant dans toute la zone euro, restent toujours délicates à interpréter.

Mais l’institution n’utilise plus le conditionnel, dans le chapitre sur la monnaie fiduciaire en 2014 de son bulletin, lorsqu’il s’agit d’affirmer que « le billet de 20 euros [est] le plus présent dans le porte-monnaie des Français », même s’il est impossible de connaître la proportion exacte des différentes coupures dans les portefeuilles. La Banque de France étaye donc son propos sur les mouvements qui la concernent : plus de 41% des billets prélevés par les banques et autres enseignes auprès de l’institution (1) sont des exemplaires de 20 euros, loin devant les autres coupures. Conséquence : la valeur moyenne du billet prélevé auprès de la Banque de France est de 24,30 euros, contre 34,20 euros pour ceux prélevés auprès de la banque centrale italienne.

Billet de 10, second choix

L’autre coupure ayant une place particulière dans le cœur des Français, c’est celle de 10 euros. Elle représente 33,5% des prélèvements aux guichets de la Banque de France, une proportion très supérieure à l’Italie (10,2%), l’Espagne (17,7%) et l’Allemagne (24,6%) en 2014.

Si le portefeuille des Français semble avant tout garni de billets de 10 et 20 euros, faut-il forcément y voir une question de goût ? « Cette situation résulte des habitudes de paiement des Français, ainsi que des choix d’alimentation des distributeurs automatiques de billets par les établissements de crédit », nuancent les auteurs de l’étude, membres de la direction des activités fiduciaires de la Banque de France. Sur la base de son enquête réalisée voici 3 ans auprès des établissements de crédit, l’institution chiffre à 31% la proportion de coupures de 10 euros mises à disposition du public dans les distributeurs automatiques, ce qui tend à confirmer la statistique portant sur l’année 2014.

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Billet de 50, le préféré des voisins européens

Si les Français aiment tant les billets de 10 et 20, c’est qu’ils boudent celui de 50 euros. Du moins en comparaison avec leurs voisins européens. Cette coupure représente 15% des prélèvements auprès de la banque centrale en France, contre 47,8% en Italie, 38,3% en Espagne et 32,2% en Allemagne. A noter : les Allemands se montrent les plus éclectiques de ce petit panel, avec 16,1% de coupures de 5 euros ou 4,7% de coupures de 100, 200 et 500 euros. En France, ces catégories sont confidentielles (respectivement 4% et 2%). L’institution note toutefois le « dynamisme » du billet de 50 en France, le rapprochant petit à petit du niveau européen.

Pièces : beaucoup de 1, 2 et 5 centimes

Les pièces rouges, c’est-à-dire les 1, 2 et 5 centimes, pèsent à elles seules 70% des émissions nettes de pièces en volume (2), contre 63% pour l’ensemble de l’Eurosystème. Les pièces jaunes (10 à 50 centimes) pèsent elles 23% des émissions nettes en France, ne laissant ainsi que des miettes aux pièces de 1 euro (3%) et 2 euros (4%), même si l’institution souligne le « dynamisme » de la plus grosse des pièces bicolores.

La cause de cette domination des pièces cuivrées : le fait qu’elles repassent rarement à la Banque de France, végétant au fonds des portefeuilles ou dans des bocaux lorsqu’elles ne finissent tout simplement pas perdues. Leur taux de reversement auprès de la banque centrale est ainsi extrêmement bas (entre 13,1% et 30,5%) en comparaison aux autres coupures (58,7% à 98,4%). Ce qui explique que certains pays envisagent de limiter l'usage des pièces rouges en arrondissant les prix aux 5 centimes.

(1) Les transporteurs de fonds effectuent les prélèvements de billets auprès de la Banque de France, avant de les acheminer dans les grandes enseignes, aux guichets automatiques, et dans les agences bancaires.

(2) « Pour une banque centrale nationale, les émissions nettes sont définies comme la somme des prélèvements diminués des versements à ses guichets depuis l’adoption de l’euro », précise la Banque de France. Les émissions nettes en volume permettent de comparer le nombre de chaque coupure en circulation.