La dernière édition de la « cartographie des moyens de paiement scripturaux », récemment publiée par la Banque de France, met en évidence un déclin accéléré du chèque en France, désormais supplanté en montant par le prélèvement. Les particuliers, toutefois, semblent y rester attachés, plus en tout cas que les autres Européens.

C’est un des faits marquants de la nouvelle édition de la « cartographie des moyens de paiements scripturaux » (1), qui compile des données de 2013. Supplanté d’un cheveu par la « famille des prélèvements » - qui comprend également le titre interbancaire de paiement (TIP) et le télérèglement -, le chèque n’est plus, en montant, que le 3e moyen de paiement le plus utilisé en France.

En 2013, la somme totale des paiements par chèque a ainsi atteint 1.320 milliards d’euros, en recul de 19% par rapport à 2012, alors que son repli n’était que de 3,8% par an en moyenne depuis le début des années 2000, rappelle la Banque de France. Ce total représente 4,9% du montant total des paiements effectués dans l’Hexagone, contre 5,2% pour le prélèvement.

2,6 milliards de chèques signés en 2013

Attention toutefois aux conclusions hâtives : ce recul sanctionne plus le déclin du chèque pour certains paiements de grosses sommes qu’un réel désintérêt des Français. En nombre de chèques émis, le déclin est en effet moins spectaculaire : - 7% par rapport à 2012. Le chèque représentait toujours en 2013 14% des paiements scripturaux émis en France, soit 2,6 milliards de transactions. Et à l’échelle de l’Union européenne, l’attachement des Français reste assez exceptionnel : les chèques signés en France représentent ainsi 71% du total émis dans l’UE, loin devant le Royaume-Uni (19%) et l’Allemagne (1%).

Plus qu’un rejet d’usage, le chèque est en fait surtout victime de l’évolution de la réglementation. La Banque de France rappelle ainsi que depuis le 1er janvier 2013, l’usage du virement est obligatoire « pour tous les paiements supérieurs à 10.000 euros effectués ou reçus par un notaire pour le compte des parties à un acte reçu sous forme authentique et donnant lieu à publicité foncière ». La direction générale des Finances publiques, par ailleurs, oblige « les entreprises à télédéclarer et à télérégler la TVA à partir d’un seuil défini de chiffres d’affaires ».

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L’impact de la réglementation sur les montants payés par chèque en 2013 fait d’ailleurs dire à la Banque de France que cette baisse « requiert un caractère exceptionnel et ne devrait pas se renouveler si fortement en 2014 ».

Le virement ne décolle pas auprès des particuliers

Alternative possible au chèque, notamment pour les remboursements entre proches, l’usage du virement ne décolle pas auprès des particuliers en France, où il reste peu développé par rapport aux autres grands pays européens. En Allemagne par exemple, il représente la moitié des paiements émis, soit 76 virements par an et par habitant. Un chiffre qui tombe à 47 en France, où il compte pour 17% des paiements effectués. Et encore : l’immense majorité de ces opérations concernent des virements de masse, effectués par des entreprises (versements des salaires) ou des administrations (prestations sociales).

Malgré l’obligation faite aux notaires de recourir aux virements pour les grosses sommes, le montant total des paiements effectués par ce moyen est également en baisse en 2013, pour la deuxième année consécutive. Ce repli s’accélère même : - 3,8% par rapport à 2012, contre - 1,6% entre 2011 et 2012. C’est, selon la Banque de France, une « conséquence probable de la conjoncture économique ». En montant, le virement reste néanmoins, et de très loin, le premier moyen de paiement scriptural utilisé en France, comptant pour 87% du montant total échangé, principalement grâce aux virements de gros montants (VGM) effectués entre banques.

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(1) Selon la définition de la Banque de France, un moyen de paiement scriptural est un dispositif qui permet le transfert de fonds tenus par des banques, des institutions assimilées (caisse des dépôts, Trésor public) ou des établissements de paiement. Il se distingue de la monnaie fiduciaire, constituée de pièces et de billets.