Votre enfant est en âge d’avoir un compte et une carte bancaire pour gérer son argent de poche et commencer à prendre son indépendance financière. Les banques en ligne ou traditionnelles ainsi que les néobanques proposent des offres spécifiques. Voici les clés pour ouvrir un compte enfant et choisir la formule adaptée parmi les offres dédiées.

BanqueÂge cibleTarifCarte bancaireRetrait zone €Paiement
hors zone €
Contrôle parentalOutils d'épargne 
Xaalys
Compte Xaalys
12-17
ans
2,99 €
par mois
Mastercard
à autorisation systématique + carte virtuelle
Gratuit
Gratuit
Avec l'option internationale à 15 € pour 1 mois
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Pixpay
Compte Pixpay
10-18
ans
2,99 €
par mois
Mastercard
prépayée + carte virtuelle
Gratuit
2%
Voir l'offre
Vybe
Compte Vybe
13-18
ans
Gratuit
Mastercard
prépayée
1 €
3 gratuits par an
Gratuit
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Revolut
Compte Revolut Junior*
7-17
ans
Gratuit
Mastercard
prépayée
2%
40 € mensuels gratuits
Gratuit
dans les limites du compte parent
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Logo Boursorama Banque
Compte bancaire Kador*
12-17
ans
Gratuit
Visa
Classic à autorisation systématique
Gratuit
Gratuit
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Kard
Compte Kard
12-18
ans
Gratuit
Mastercard
prépayée
1 €
3 gratuits par an
Gratuit
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Logo nickel
Compte Jeune Nickel
12-18
ans
20 €
par an
Mastercard
à autorisation systématique
1 €
Gratuit
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* Offre réservée aux enfants de clients

A quel âge ouvrir un compte bancaire à son enfant ?

Très tôt, les parents de jeunes enfants sont sollicités par leur banquier et se voient proposer de lui ouvrir un livret d’épargne. L’un des usages les plus répandus est même d’ouvrir un Livret A ou un livret enfant dès sa naissance. La question du compte courant et de la carte bancaire arrive plus tard.

Dans les banques traditionnelles (La Banque Postale, BNP Paribas, Crédit Mutuel, Crédit Agricole…), c’est en général à partir de 12 ans que les conseillers commencent à suggérer aux parents d’associer une carte de retrait à un livret bancaire ou à un Livret Jeune (le livret réglementé réservé aux 12-25 ans). Ce type de carte bancaire permet uniquement de retirer de l’argent dans les distributeurs (et parfois seulement dans les DAB de la banque), dans la limite du solde disponible sur le compte ou le livret, et non de payer avec directement. A partir de 16 ans, la carte de retrait est généralement remplacée par une carte de paiement, associée à un compte courant. C’est le début de l’émancipation financière de l’adolescent.

Grâce à des applications mobiles et leurs outils de contrôle parental, les banques en ligne, comme Boursorama avec son compte Kador, mais surtout les néobanques pour enfants (Pixpay, Xaalys, Kard, Vybe…) permettent aux parents de lâcher plus rapidement du lest. Dès les 12 ans de l’enfant, voire même moins (7 ans pour Revolut Junior par exemple), ces banques mobiles proposent aux parents de confier une carte de paiement à leur enfant. Cela peut choquer les parents. Toutefois en fonction de la maturité de l’adolescent, cela peut être pratique et même pédagogique.

Pourquoi ouvrir un compte à son enfant ?

Une enquête de la Banque de France publiée en 2019 a établi que près de 8 Français sur 10 avaient une connaissance moyenne ou faible sur les questions financières. De quoi inciter cette institution à « développer une éducation budgétaire et financière pour les jeunes » au travers notamment de la mise à disposition de ressources pédagogiques aux enseignants de collège. En dehors de l’école, apprendre l’autonomie financière, à maîtriser un budget, à économiser, mais aussi à s’octroyer de temps en temps quelques achats plaisir, peut être rendu plus ludique et concret avec un vrai compte et une vraie carte bancaire.

Côté parents, cela peut aussi être rassurant. En effet, plutôt que de donner un billet qui risque d’être perdu ou dérobé, ils peuvent virer l’argent de poche, les étrennes de Noël ou les cadeaux d’anniversaire sur un compte bancaire, qu’ils peuvent surveiller et paramétrer. Si l’enfant a tendance à piocher un peu trop fréquemment dans son cochon tirelire sans que cela se voit, avec un compte en banque à l'inverse, le parent s’en aperçoit rapidement ! Et si le mineur a un job d’été, il pourra donner un relevé d’identité bancaire (RIB) à son employeur pour qu’il lui verse son salaire.

Quand l’adolescent part en sortie scolaire ou qu’il voyage sans ses parents, la carte bancaire peut également éviter de lui confier trop d’argent liquide. Si le séjour est à l’étranger, cela évite la corvée de convertir au préalable, en bureau de change ou dans sa banque, des euros en livres, dollars… et autres devises utilisées dans le pays où il va séjourner. S’il a besoin de liquide sur place, il pourra retirer, seul mais avec l’autorisation parentale, un peu d’argent dans les distributeurs automatiques locaux.

Comment ouvrir un compte pour mineur ?

S’agissant des enseignes chez qui ouvrir un compte pour enfant, les parents ont l’embarras du choix. Ils peuvent s’adresser dans une banque avec agences, dans une banque en ligne ou dans une néobanque. S’ils sont à l’aise avec les outils de banque à distance (application mobile et espace client en ligne), il peut être intéressant de s’adresser aux offres numériques qui donnent plus de leviers de contrôle parental : très souvent, les parents disposent d'une application leur permettant de surveiller le compte de l'enfant et de le paramétrer pour limiter les excès. Ces comptes pour enfants connectés ne sont pas proposés uniquement par des banques en ligne. La Société Générale va par exemple lancer Banxup, une carte bancaire gratuite reliée à un compte et une appli que le parent contrôle à distance.

Ces comptes enfants ont toutefois été introduits par les établissements à distance. Nickel avec son offre Jeune et Boursorama avec Kador ont été les premiers à se lancer, avec toutefois une restriction pour le compte 12-17 ans de Boursorama. Il n’est réservé qu’aux enfants de parents déjà clients de la banque en ligne. Ces derniers pouvant tout à fait ouvrir une offre de compte et carte gratuite de Boursorama. Cette obligation est également requise pour ouvrir un compte Revolut Junior.

En revanche, s’agissant des banques mobiles conçues pour les mineurs (Vybe, Kard, Pixpay, Xaalys…), les parents n’ont évidemment pas l’obligation d’y détenir un compte pour eux-même.

Outre l’éventuelle nécessité d’être soi-même client, d’autres règles sont à respecter pour ouvrir un compte à un mineur. L’ouverture doit être initiée par l’un des parents ou un représentant légal (tuteur) de l’enfant. En cas de parents divorcés, l’accord d’un seul parent suffit pour ouvrir un premier compte au nom du mineur. En revanche si l’enfant a déjà un compte, l’accord des deux parents est requis.

Le parent doit fournir sa pièce d’identité (carte d’identité, passeport…) et celle de l’enfant, un justificatif de domicile récent et une copie du livret de famille. Pour terminer l’ouverture, il devra également faire un premier virement d’une dizaine d’euros au moins vers le compte enfant. Pour les comptes des néobanques, la procédure nécessite, en principe, de télécharger gratuitement l’application mobile de l’enseigne.

Combien coûte un compte pour enfant ?

Les comptes pour enfant sont des comptes sans autorisation de découvert, avec des cartes qui permettent de payer gratuitement en France et dans la zone euro, dans la limite du solde disponible sur le compte et des plafonds de paiement. Si l’enfant veut faire un achat alors qu’il n’a pas suffisamment d’argent sur son compte, la transaction est refusée.

Dans les banques traditionnelles, il est fréquent que la carte soit gratuite (à l’image de la MyB’s réservée aux 12-17 ans de BNP Paribas) ou à très faible coût (MaCarte de LCL est par exemple à 12 euros par an). Les banques avec agences proposent donc des offres très compétitives. En revanche, elles mettent à disposition peu ou pas d’outils pédagogiques, de contrôle et d’éveil à la culture budgétaire. Avec le lancement de Banxup à la Société Générale, et probablement d’un compte mobile pour ado au Crédit Agricole, cela risque de changer progressivement.

S’agissant du prix, les banques mobiles se scindent en deux groupes. D’un côté, celles qui facturent un abonnement mensuel. Pixpay et Xaalys font ainsi payer 2,99 euros par mois leur forfait compte et carte pour un enfant. En contrepartie de ce prix fixe, les paiements et les retraits en zone euro sont gratuits chez ces deux acteurs. Chez Xaalys, le prix de l’abonnement est dégressif : chaque enfant supplémentaire engendre un surcoût limité à 2 euros mensuels. Le compte Nickel jeune est le seul à proposer une cotisation annuelle, à 20 euros.

De l’autre côté, il y a les néobanques qui proposent leurs services gratuitement, comme Revolut, Vybe et Kard. Seules les opérations considérées comme exceptionnelles sont alors facturées, comme les retraits. Dans les faits, les néobanques font preuve d’une certaine tolérance en accordant un ou plusieurs retraits gratuits par mois, ou bien un montant mensuel à retirer sans surcoût.

En dehors de la zone euro, les opérations sont majoritairement payantes. Quelques exceptions : les paiements par carte avec Vybe, Kador et Kard sont sans commission, y compris dans un pays étranger.

Sans frais fixe ni facturation des retraits et paiement en zone euro, le compte 12-17 ans Kador de Boursorama se distingue. En revanche, son ouverture (comme dans le cas de Revolut Junior) nécessite qu’au moins l’un des parents soit client de la banque en ligne.

Les fonctionnalités des comptes et cartes ados

Pas forcément moins économiques, les comptes pour enfant des néobanques et des banques en ligne présentent cependant des fonctionnalités plus évoluées que celles habituellement dispensées dans les banques traditionnelles.

D’une part, ces comptes facilitent le suivi parental, via notamment les applications mobiles ou les espaces personnels en miroir. Les parents ou les représentants légaux de l’enfant peuvent en effet à tout moment accéder depuis leur smartphone ou leur ordinateur au compte de leur enfant. Cela leur permet de connaître le solde du compte mais aussi de piloter à distance la carte bancaire.

Ils peuvent ainsi bloquer ponctuellement l’utilisation de la carte bancaire. Selon les établissements, le pilotage de la carte est un peu plus poussé et flexible. Certains permettent par exemple de désactiver uniquement le paiement sans contact, de changer les plafonds, de bloquer les paiements en ligne voire d’interdire les dépenses dans certaines enseignes.

Pour les néobanques, le contrôle parental est ce qui permet de confier sereinement une « vraie » carte bancaire à l’enfant, qui ressemble à celle de ses parents. En effet, sans action du parent, elle est compatible avec le paiement sans contact et le paiement en ligne. Elle peut être utilisée dans n’importe quel distributeur de billets en France et à l’étranger (sous réserve qu’il soit partenaire de Visa ou de Mastercard). En revanche, les plafonds de paiement et retraits sont en principe plus bas que pour une carte d’adulte. Autre distinction : le paiement mobile (via Apple Pay, Google Pay sur le smartphone…) ne fait pas encore partie des standards des comptes pour enfant, alors qu’il se déploie rapidement pour leurs aînés.

Les comptes en ligne pour ado, c’est sûr ?

Les banques en ligne sont régulées par le gendarme du secteur bancaire : l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de ce fait les dépôts sur les comptes sont couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) à hauteur de 100 000 euros. Pour les néobanques comme Pixpay, l'argent des enfants est protégé par le compte de cantonnement détenu dans une banque traditionnelle et qui héberge les avoirs des clients. Les néobanques ne sont pas autorisées à toucher à cet argent. Et si c'est la banque où le compte de cantonnement est ouvert qui fait faillite, les clients de la néobanques sont alors indemnisés via le FGDR.

En revanche, il est vrai que, avec une offre à distance, il n’est pas possible de se déplacer dans une agence pour discuter avec un conseiller bancaire. Si cela est rédhibitoire, il faut alors privilégier une offre de banque traditionnelle. Toutefois, comme pour une banque traditionnelle, dans une banque mobile ou en ligne, il est possible de joindre un service client par téléphone, e-mail voire sur les réseaux sociaux. Compte pour ados oblige, les néobanques spécialisées sur les enfants essaient en effet d’être particulièrement actives sur les réseaux sociaux préférés des adolescents, comme Instagram.

Des outils pour apprendre à gérer son argent

Pour convaincre les parents de l’intérêt de leurs offres, les banques mobiles ont également développé des fonctionnalités pour apprendre à gérer un budget. En fonction de l’enseigne, cela peut prendre la forme de quiz et jeux, d’une tirelire pour épargner, ou d’une cagnotte pour préparer un anniversaire ou une sortie entre amis, par exemple.

Proposé notamment par Pixpay, le cashback (réduction dans des enseignes partenaires) est également présenté comme un outil pédagogique permettant aux enfants d’anticiper un achat et de se faire plaisir. En fonction de l’âge et de la maturité, le parent peut légitimement craindre que cela incite au contraire l’enfant à la dépense. C’est pour cela qu’il est souvent possible de verrouiller cette fonctionnalité.

Et pourquoi ne pas combiner néobanques, banques en ligne et traditionnelles ?

Avec leur carte pilotable et leur application mobile ludique, les comptes enfants des néobanques sont très pratiques au quotidien. En revanche, hormis les éventuelles tirelires, la gamme de produits d’épargne y est peu développée. Impossible d’ouvrir un livret d’épargne dans les banques mobiles (Pixpay, Kard, Vybe, Revolut…). Chez Boursorama, le Livret A est présent, mais pas le Livret Jeune.

C’est pourquoi, pour préparer l’avenir de votre enfant et lui permettre de se constituer une épargne rémunérée, il peut être judicieux de combiner compte courant détenu dans un acteur à distance et un Livret Jeune dans une banque traditionnelle. Le plafond du Livret Jeune étant faible, vous pouvez lui ouvrir un Livret A ou bancaire en complément, voire une assurance vie.

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