Cest une des règles de base de lEspace unique de paiements en euros (SEPA) : tout compte ouvert dans un des pays membres de la zone SEPA permet de payer et dêtre payé dans les autres pays de la zone. En clair, que votre IBAN débute par un FR (France), un DE (Allemagne) ou un LT (Lituanie), vous pouvez lutiliser en France pour recevoir votre salaire ou vos allocations, ou domicilier les prélèvements de vos factures de télécom ou dénergie. Voilà pour le principe. Dans les faits, des consommateurs, clients de banques, néobanques ou services de paiement basés à létranger, se voient parfois refuser une transaction au motif que leur IBAN nest pas français. Des cas de « discrimination à lIBAN » pourtant illégaux.
Plusieurs nouveaux acteurs financiers, qui ont en commun dopérer depuis létranger et à léchelle européenne, ont décidé de contre-attaquer. En première ligne, Wise, ex Transferwise. La plateforme de transfert dargent, basée en Angleterre, a mis en ligne en mars dernier un site web permettant aux consommateurs de signaler les cas de refus dIBAN. Résultat : déjà un millier de signalements, annonce Wise dans un communiqué.
Le secteur public pointé du doigt
La France fait figure de mauvaise élève. Plus de 40% des plaintes viennent de lHexagone, qui devance lEspagne (15%) et lAllemagne (14,7%) notamment.
Le secteur public y est notamment pointé du doigt. « ( ) Les autorités fiscales semblent rendre difficile pour les consommateurs de payer ou de se faire payer avec un IBAN non local, en particulier en France et en Espagne », note Arun Tharmajarah, responsable Europe de Wise. « Mais plus inquiétant encore, les consommateurs se plaignent que des prestations telles que laide aux personnes handicapées ou les allocations chômage soient impossibles à recevoir sans un IBAN local ». La Sécu figure également parmi les organisations les plus souvent dénoncées, une fois sur six en France. « ( ) Les services de la Sécurité sociale prétendent que leurs systèmes ne fonctionnent pas avec dautres lettres [que le FR des IBAN français]. Cela signifie que les consommateurs ont du mal à obtenir le remboursement de leurs frais médicaux », dénonce Wise.
Autre secteur dont les pratiques sont contestées, les opérateurs télécom. En France, Bouygues Telecom avait notamment reçu, en 2019, un rappel à lordre du Défenseur des droits à ce sujet. Ces fournisseurs représentent un quart des signalements en France, derrière les services financiers (27%) mais devant le secteur public (17%), le e-commerce (11%), lassurance (10%) ou les fournisseurs deau et dénergie (5%).



















