En fonction de votre situation, de la composition de votre foyer et de la nature de vos ressources, faire votre déclaration de revenus peut s'avérer très complexe. Voici les erreurs que les agents des impôts rencontrent le plus fréquemment.

La saison pour déclarer ses revenus est ouverte pour le plus grand déplaisir des phobiques administratifs. Ces dernières années, avec l’entrée en vigueur du prélèvement à la source, la tâche est devenue potentiellement moins fastidieuse pour les deux tiers des contribuables éligibles à la déclaration automatique. Mais le piège est de ne jeter qu’un rapide coup d’œil aux montants indiqués et aux cases cochées. C’est dangereux ! Car le fisc n’est ni infaillible, ni omniscient. Certaines données fiscales vous concernant lui échappent.

Pour éviter oublis et confusions, les déclarants peuvent s’appuyer sur le site gouvernemental Oups.gouv.fr qui répertorie les sources d’erreur les plus fréquentes. Principale population cible des mauvaises déclarations : les couples séparés et les ménages avec personnes à charge. Mais ce ne sont pas les seuls qui commettent des erreurs ! Pour preuve, voici un florilège des mises en garde de l’administration fiscale concernant l'impôt sur le revenu.

Redevance TV : cocher ou ne pas cocher la case

Beaucoup de contribuables se trompent au moment d’indiquer si oui, ou non, ils doivent payer la redevance télé. Vous savez, c’est la fameuse case sur l’audiovisuel public… Celle qu’il faut relire au moins 2 voire 3 ou 4 fois pour s’assurer de la comprendre dans le bon sens. Et ça n'empêche pas de se tromper, car le mécanisme est contre-intuitif. Rien d’étonnant donc à ce que cette source d’erreur soit la première citée sur Oups.

La règle ! Pour ne pas payer le redevance TV, fixée à 138 euros en 2021, vous devez cocher la case « Contribution à l'audiovisuel public ». A l’inverse, si votre maison ou votre résidence secondaire est équipée d’une télévision, vous êtes assujetti à cette taxe et vous ne devez pas cocher la case. « Capisce » ?

« Beaucoup de contribuables oublient de cocher cette case et payent à tort 138 euros », explique également le fisc. Celle-ci se situe en première page (du formulaire papier) juste après vos coordonnées.

Vous vous êtes trompé, que faire ?

Pas de panique ! Une erreur, ça arrive ! En revanche, il faut la corriger. Pour ce faire, vous avez plusieurs fenêtres de tir y compris après avoir validé votre déclaration. Si vous déclarez en ligne, par exemple, vous pouvez corriger votre déclaration tant que la campagne 2021 est ouverte. C’est-à-dire jusqu’au 26 mai, 1er juin ou 8 juin 2021 selon votre lieu de résidence. Par la suite, à la réception de votre avis d’imposition durant l’été, le fisc ouvre un nouveau service de correction en ligne.

Enfants à charge et pension alimentaire : les 3 erreurs des parents solos

L’une des premières questions fiscales que peut se poser un parent récemment séparé ou divorcé est celle de rattacher ou non ses enfants à son foyer fiscal. La réponse est souvent oui. Dès lors que vos enfants résident, même alternativement, chez vous, vous devez les rattacher. En pratique, si vous avez la garde exclusive de vos enfants, vous indiquez leur nombre en case F ou G de la rubrique « Personnes à charge en 2020 ». Un même enfant ne peut évidemment pas être déclaré simultanément par ses deux parents comme étant à leur charge exclusive. En pratique, vous et votre ex ne pouvez cocher tous les deux les cases F et G. C’est pourquoi il existe d’autres cases pour les enfants en résidence alternée. Il s’agit des cases H ou I.

L’autre source d’erreur fréquente des familles monoparentales et recomposées concerne les pensions alimentaires versées. La règle est la suivante : les pensions alimentaires versées doivent être déclarées aux impôts. A une exception près : celles versées à des personnes rattachées à votre foyer fiscal. Cela signifie, par exemple, qu’en cas de garde alternée, vous ne devez pas déclarer les pensions alimentaires pour votre enfant.

Autre casse-tête lié aux pensions alimentaires : les cases à remplir ne sont pas les mêmes en fonction de la personne à qui vous la versez. Ainsi, les pensions alimentaires pour vos enfants majeurs sont à indiquer en cases 6EL et 6EM. Pour un enfant mineur, c’est en case 6GU que cela se passe. Et si votre enfant est devenu majeur en 2020, vous devez alors jongler avec ces deux cases. Par exemple, s’il a eu 18 ans en août, « il faudra déclarer 8 mois de la pension dans les pensions versées aux mineurs et 4 mois dans les pensions versées aux majeurs », précise l’administration fiscale.

Le piège de la case 6DD

En revanche, les pensions alimentaires n’ont pas leur place en rubrique 6DD « Déductions », prévient l’administration. Elle sert uniquement à déclarer certaines cotisations de sécurité sociale, certains versements pour la retraite mutualiste des combattants et certaines charges foncières des monuments historiques habités par leurs propriétaires.

Enfin, les célibataires vivant seuls avec leurs enfants peuvent bénéficier d’une majoration du nombre de part de leur foyer, synonyme d’une baisse d’impôt à ressources équivalentes. Un premier enfant en charge équivaut par exemple à une demi-part supplémentaire. Mais pour y avoir droit, il faut cocher la case T pour « parent isolé ».

Enfants ou parents à charge : les 4 cadeaux fiscaux mal compris

Les frais pour la garde de vos enfants âgés de moins de 6 ans au 1er janvier 2020 peuvent donner droit à un crédit d’impôt égal à 50% des dépenses de crèches, d’assistant maternel et autres moyens de garde. En théorie, cela paraît simple puisqu’il suffit d’indiquer le montant total des frais en case 7GA et suivantes. Mais en pratique, il est facile de se tromper dans la somme à renseigner. Les frais de cantine et les aides perçues, notamment le complément de libre choix du mode de garde, doivent en effet être retirés des frais de garde.

Plus grands, vos enfants à charge continuent à être fiscalement intéressants. Mais pour ce faire, vous ne devez pas oublier de dire au fisc qu’ils poursuivent leur scolarité au collège, au lycée ou dans un établissement d’enseignement supérieur dans les rubriques 7EA, 7EC ou 7EF. En revanche, « les enfants en apprentissage, en congé formation ou en contrat d'études avec leur employeur ne permettent pas d'obtenir la réduction d'impôt », prévient le fisc.

Si vous avez à charge une personne dépendante, qui nécessite une aide à domicile ou un placement en établissement spécialisé (Ehpad), vous bénéficiez aussi d’un avantage fiscal. Mais là encore, celui-ci ne va pas de soi. Il faut que vous le demandiez au fisc. L’avantage prend la forme d’un crédit d’impôt indexé sur les dépenses engendrées, dont les modalités déclaratives dépendent de la situation. Ainsi, si vous employez directement une aide à domicile, vous devez renseigner à la ligne 7DB son salaire avec cotisations sociales. Via un intermédiaire, vous déclarez le montant payé à l’organisme. Dans les deux cas, vous devez déduire de ces sommes les aides perçues comme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). En Ehpad, seules les dépenses d’hébergement sont à déclarer, en ligne 7CD. Les éventuelles dépenses de soins, facturées en supplément par l’Ehpad, ne sont pas concernées par le crédit d’impôt. Là encore, les aides reçues de l’Etat sont à déduire, « même si l’allocation a été versée directement à la maison de retraite », souligne le fisc.

N’oubliez pas non plus de déclarer à la ligne 7WJ, le coût des équipements payés pour accueillir à votre domicile une personne dépendante. Mais là encore, les services des impôts attirent votre attention sur les règles à respecter. Première condition : il faut que la personne pour qui ces achats sont réalisés remplissent des conditions strictes : bénéficiaire d’une pension d’invalidité d'au moins 40%, titulaire d’une carte « mobilité inclusion » mentions « invalidité », « priorité » ou « stationnement pour personnes handicapées », ou bénéficiaire de l’APA. Second prérequis : il faut vérifier que les équipements achetés sont concernés par le crédit d’impôt. C’est le cas d’un évier et d’un lavabo à hauteur réglable, d’un siphon déporté, de sièges de douche muraux, de toilettes surélevées, ou d’une rampe fixe.

Lire aussi : Etes-vous sûr de n'avoir oublié aucune réduction ?

Néobanques : les offres les moins chères pour maîtriser votre budget

Dons caritatifs, familiaux… : des règles déclaratives bien différentes

Les dons donnent droit à une réduction d’impôt d’une valeur qui dépend de la nature de l’organisme que vous avez aidé. La ligne 7UD concerne ainsi les dons aux associations qui viennent en aide aux personnes en difficulté (Restos du Cœur, Croix-Rouge…). En revanche, la ligne 7UF concerne les sommes versées aux organismes d’intérêt général. C’est-à-dire les associations à but éducatif, sportif, culturel… et à l’activité non lucrative, comme la Fondation de France ou la Fondation du patrimoine.

Les dons familiaux font quant à eux l’objet d’un traitement distinct de la déclaration de revenus. Lorsque ces dons sortent d’un cadre conventionnel (anniversaire, mariage, naissance…) et concernent plusieurs milliers d’euros, vous devez remplir le « formulaire 2735 », ou « déclaration de dons manuels et de sommes d’argent », document à déposer au centre des impôts dans le mois suivant le versement.

Voir à ce propos : Ce que vous pouvez donner à vos enfants sans payer d'impôts

Revenus professionnels : non-maîtrise des abattements liés à certains emplois

Certains emplois bénéficient d’un traitement fiscal spécifique. C’est le cas des assistants maternels et des journalistes qui bénéficient d’un abattement. Revenus et abattement doivent être déclarés dans deux cases. Le montant du revenu imposable, après déduction de l’abattement, est à indiquer en case 1AJ pour les assistants maternels employés par une personne morale, les assistants familiaux, et les journalistes, et en case 1AA pour les assistants maternels employés par un particulier. Le montant de l’abattement, lui, est à indiquer en case 1GA.

Ne pas faire l’impasse sur les revenus de vos enfants

Si vos enfants, mineurs ou majeurs rattachés, sont rémunérés, vous devez intégrer leurs revenus à votre déclaration. S’ils reçoivent un salaire, c’est en cases 1CJ et 1DJ que cela se passe. En revanche, les étudiants de moins de 25 ans, les élèves en contrat d’apprentissage ou encore les stagiaires bénéficient d’une exonération partielle ou totale en fonction du montant de leurs revenus.

Le casse-tête des revenus locatifs

Si vous touchez des loyers, vous devez les déclarer au fisc soit au régime micro-foncier (rubrique 4BE), réservé à ceux dont les revenus fonciers annuels sont inférieurs à 15 000 euros, soit au régime réel (4BA). C’est important de choisir le bon régime d’imposition car les règles fiscales sont différentes. Par exemple, en micro-foncier, vous bénéficiez d’un abattement automatique et êtes donc imposé sur 70% seulement de vos recettes.

Lire dans le détail : Comment déclarer les revenus fonciers aux impôts

Epargne retraite : l'oubli de l’avantage fiscal du PERP

Les cotisations versées sur votre plan d'épargne retraite populaire (PERP) ou autres régimes de retraite complémentaires (PREFON, COREM…) sont déductibles du revenu global de votre foyer fiscal. Mais pour en profiter, vous devez les signaler aux lignes 6RS, 6RT et 6RU, sans les déduire de vos salaires.

S’agissant des nouveaux plans d’épargne retraite (PER), vous avez la possibilité de déduire ou non vos versements volontaires. Pour ce faire, cela se passe sur des lignes différentes, en cases 6NS, 6NT et 6NU.

En résumé, voici la liste des princiaples erreurs courantes :

  1. Ne pas rattacher vos enfants à charge
  2. Oublier de déduire les pensions alimentaires versées ou ne pas le faire correctement
  3. Se tromper sur les frais de garde d'enfants
  4. Oublier de signaler que vous êtes parent isolé
  5. Ne pas déclarer les revenus de vos enfants rattachés
  6. Oublier de déduire les frais de scolarité
  7. Zapper l'avantage fiscal pour les personnes dépendantes à votre charge ou se tromper dans sa déclaration
  8. Oublier de déduire les dépenses pour aménager votre logement et accueillir une personne dépendante
  9. Se tromper de case dans la déclaration des dons
  10. Utiliser la case 6DD, réservée en fait à très peu de contribuables
  11. Ne pas déduire l'abattement de votre revenu de journaliste ou d'assistant maternel
  12. Ne pas cocher la case « Contribution à l'audiovisuel public » alors que vous n'avez pas de TV
  13. Se tromper de régime d'imposition pour les revenus fonciers
  14. Oublier de déduire les versements sur votre plan d’épargne retraite