Un Français sur 20 : vous êtes encore peu nombreux à changer de banque chaque année. Pourtant, est-ce si compliqué que cela d’aller voir ailleurs pour profiter de meilleurs prix ? Suite de notre série consacrée aux clichés sur l’argent.

4,5% en 2017, 4,8% en 2018, 5,5% en 2019 et sans doute un peu plus en 2020 : d’année en année, si l’on en croit les calculs du cabinet de conseil Bain & Company, le chiffre de l’attrition bancaire - c'est-à-dire le pourcentage de clients ayant changé de banque principale au cours de l’année écoulée - progresse. Sûrement, mais lentement. Pourtant, selon un sondage publié en juin 2018, vous êtes beaucoup plus nombreux (17% précisément) à en avoir le projet…

Pourquoi reste-t-on attachés à sa banque alors qu’on y trouve plus son compte ? Une partie de la réponse se situe dans le sentiment, très largement partagé, que changer de banque est une opération complexe, chronophage et coûteuse. C’est pourtant de moins en moins vrai.

Domiciliation bancaire : une procédure simplifiée

Qui dit changement de banque principale dit changement de domiciliation bancaire : vous allez devoir communiquer votre nouveau numéro de compte à ceux qui vous virent de l’argent (votre employeur, la CAF, la Sécu, etc.) et à ceux qui vous en prélèvent (vos fournisseurs de gaz et d’électricité, votre opérateur télécom, vos services numériques, etc.).

Autrefois, c’était effectivement fastidieux : il fallait appeler vos créanciers un à un, leur expédier un RIB par courrier... Ce n’est plus le cas. D’abord parce que la démarche se fait désormais par internet, de chez vous et sans délais. Ensuite parce que depuis février 2017, vous pouvez demander à votre nouvelle banque de s’en charger à votre place. Pour cela, il suffit de signer un mandat de mobilité, qui l’autorise à récupérer la liste de vos opérations récurrentes et à contacter vos créanciers. Une fois la mission accomplie, elle peut même se charger de clôturer l’ancien compte. Ne restent à votre charge que le pointage des chèques déjà émis et la mise à jour de vos coordonnées de carte bancaire, si vous l’utilisez pour régler des abonnements notamment.

Si vous préférez vous charger vous-mêmes de la transition entre les deux comptes, vous pouvez consulter notre guide du changement de banque. À consulter également, notre page dédiée au mandat de mobilité bancaire.

Des freins loin d’être insurmontables

Le mandat de mobilité a toutefois une limite : il ne s’applique qu’au compte courant. Or dans sa banque principale, on détient aussi généralement un Livret A, un PEL, une assurance vie, voire un PEA. Souvent aussi des crédits.

Pour vous simplifier la vie, rien ne vous empêche de laisser ces produits dans votre ancienne banque. Seul bémol : cette dernière peut vous imposer la détention d’un compte courant support, parfois payant, destiné à son approvisionnement. Rageant si l’objectif est de faire des économies sur votre budget banque.

Transférez vos produits d’épargne n’a toutefois rien d’insurmontable. Dans le cas d’un Plan Epargne Logement (PEL) ou d’un Plan d’épargne en actions, il suffit d’en faire la demande à votre ancienne banque. L’opération est payante, mais son prix, concernant le PEA, est désormais plafonné.

Pas de transfert possible, en revanche, pour les livrets réglementés. Si vous possédez un Livret A, un LDDS ou un LEP, vous devrez procéder en deux temps : clôturer dans l’ancienne banque, et réouvrir dans la nouvelle. Attention, soyez rigoureux : la réglementation interdit de détenir ces produits en double.

Finalement, les deux cas plus complexes concernent l’assurance vie et le crédit immobilier. Votre contrat d’assurance vie, en effet, n’est en pratique pas transférable. En le clôturant, vous remettez de plus à zéro le compteur de 8 ans permettant de bénéficier d’une fiscalité optimale. A vous de voir : si vous possédez un contrat mal rémunéré ou très chargé en frais, comme c’est souvent le cas dans les banques traditionnelles, cela peut tout de même valoir le coup

Quant au crédit immobilier, tout dépend si votre contrat contient ou non une clause de domiciliation bancaire. Elles sont assez rares, car elles peuvent être considérées comme abusives. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez tout à fait continuer à rembourser votre crédit, en effectuant le virement mensuel depuis votre nouvelle banque. Ou lui demander de racheter votre crédit, si le contexte de taux s’y prête.

À consulter : notre guide pour transférer ses produits bancaires dans une autre banque

Changer de banque, une bonne affaire ?

Finalement, les écarts de prix entre les banques justifient-ils le dérangement ? Cela dépend si vous êtes prêts ou non à changer votre manière de consommer la banque. La concurrence entre les enseignes traditionnelles, celles qui disposent d’agences, est de fait assez peu intense. Il y a bien quelques différences, notamment sur les frais d’incidents et les opérations exceptionnelles, mais pas de quoi faire de grosses économies.

En revanche, il est possible de réduire très sensiblement la facture en passant à la banque 100% en ligne. Sur un profil de consommation standard, la banque la moins chère - Boursorama Banque, selon notre comparateur - coûte ainsi de 4 à 10 fois moins cher que les enseignes traditionnelles ! À cela s’ajoute la perspective d’accéder à des produits d’épargne mieux rémunérés et à des offres de crédit avantageuses. En contrepartie, il faudra faire une croix sur l’agences et le conseiller attitré. À vous de voir !

À consulter : le classement MoneyVox des banques les moins chères