Les cartes dorées, un privilège de clients aisés ? Le cliché a du plomb dans l'aile. S’il y a encore quelques années, payer avec une Visa Premier ou une Gold Mastercard était un signe d’aisance financière, c’est de moins en moins le cas. Grâce, notamment, aux banques en ligne.

Mine de rien, la carte bancaire, ce petit bout de plastique standardisé de 85,6 sur 53,98 millimètres, est un révélateur de la situation financière de son porteur. Une Mastercard Business peut ainsi faire penser que vous êtes à la tête d’une entreprise florissante. Une Visa Electron peut laisser supposer que vous avez un budget serré. Et, bien sûr, l’un des préjugés les plus fréquents est d’associer la carte Gold aux personnes aisées qui ont l’habitude de voyager en dehors de l’Hexagone. Mais est-ce vrai ?

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De fait, la Visa Premier et la Gold, son équivalent chez Mastercard, donnent accès à certains privilèges par rapport aux cartes classiques. Notamment pour les voyageurs. Parmi eux, citons les plafonds de paiements et de retraits rehaussés par rapport aux Visa Classic et Mastercard standard, les retraits gratuits en zone euro ou encore les assurances pour les déplacements à l’étranger.

Ces prestations ont bien sûr un coût qui se répercute sur la cotisation de la carte. Une Gold Mastercard ou une Visa Premier coûte en effet 3 fois plus cher qu’une carte classique, à 126 euros par an en moyenne, contre 44 euros pour une Visa ou une Mastercard standard. A ce stade, le cliché « la carte Gold, c’est pour les riches » ne semble donc pas être fantaisiste.

Banalisation progressive de la carte dorée

Cependant, depuis l’arrivée des banques en ligne à partir des années 2000, ce préjugé a du plomb dans l’aile. En délivrant des cartes haut de gamme gratuites, les banques en ligne ont en effet fait sauter la barrière du prix. Et en fixant des conditions d’accès transparentes, avec un minimum de revenu proche, voire inférieur, au salaire médian (1 800 euros chez Boursorama et Fortuneo, 1 600 euros chez BforBank…), elles ont confié ces cartes à des personnes qui n’auraient pas imaginé en demander une à leur banquier.

Actuellement, d’ailleurs, il n’est même plus forcément requis de justifier d’un minimum de ressources pour obtenir une carte haut de gamme dans une banque en ligne. Chez ING, par exemple, il suffit de faire transiter 1 200 euros par mois sur son compte pour en bénéficier gratuitement. Monabanq, de son côté, n’impose pas de revenus minimaux tout en ne facturant que 60 euros par an pour sa Visa Premier.

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Les banques en ligne ont également contribué à banaliser la Gold en faisant découvrir des cartes encore plus prestigieuses. Leurs Visa Infinite et World Elite Mastercard demeurent beaucoup plus sélectives. Fortuneo et BforBank, qui proposent ces cartes Black, imposent à leurs porteurs de gagner au moins 4 000 euros nets par mois, ce qui est le cas de seulement 8% des Français selon l’Insee.

Arrivées après 2015 en France, les néobanques ont, elles aussi, contribué au déclassement des cartes dorées. Comment ? En propulsant un nouveau type de carte premium : les cartes Metal dont le prix dépasse les cartes haut de gamme des banques traditionnelles : 168 euros par an chez Revolut, 203 euros par an chez N26 et 240 euros pour la néobanque pour les professionnels Qonto.

Une discrimination par le prix en agences bancaires

Qu’en est-il dans les banques traditionnelles ? Avec l’arrivée des banques en ligne et mobiles, les établissements avec agences ont-ils adapté leur politique en matière de carte bancaire ? Il y a quelques mois, MoneyVox avait interrogé plusieurs groupes bancaires sur les conditions d’éligibilité de leur Visa Premier et Gold Mastercard. Bilan : les critères s’avèrent peu contraignants, à en croire nos différents interlocuteurs.

« Les cartes premium « Gold ou Premier » sont proposées dès l’entrée en relation et il n’existe pas de critères discriminants pour leur souscription, hormis bien sûr les critères d’exclusion habituels (incidents bancaires et de fonctionnement du compte, clients mineurs) qui s’appliquent à l’ensemble des cartes », nous expliquait alors la communication de la BRED. « Au sein du Crédit Mutuel de Bretagne, l’octroi d’une carte premium n’est pas conditionné à des critères d’éligibilité stricts d’épargne ou de revenus. C’est en fonction des attentes et des besoins exprimés par le client-sociétaire (déplacement à l’étranger, achats réguliers sur internet…) que son conseiller lui propose la carte la plus adaptée à son mode de vie », avançait également cette fédération du groupe Arkéa.

En revanche, dans les banques traditionnelles, il faut toujours être prêts à payer une centaine d’euros par an pour arborer une carte dorée. Hors package et réductions spécifiques (pour les étudiants par exemple), la cotisation pour une Visa Premier ou une Gold Mastercard est fixée à 135 euros par an à la BRED et à 131,75 euros ou à 137,25 euros par an au Crédit Mutuel de Bretagne, en fonction du débit choisi (immédiat ou différé).

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