L'essentiel
- 50% des Français seraient prêts à renoncer à leur conseiller bancaire pour une baisse de leurs frais bancaires selon un sondage.
- Les banques ont du mal à créer de la valeur pour leurs clients à la hauteur des tarifs qu'elles font payer.
- Les banques traditionnelles ne sont pas prêtes à proposer une baisse de tarifs en échange de la suppression des conseillers.
« Accepteriez-vous de ne plus avoir de conseiller attitré en échange d'une baisse de vos tarifs bancaires ? » Voici l'une des questions posées à plus de 5 000 Français dans le cadre d'un sondage réalisée pour la remise des Trophées Qualité 2026 des banques (1).
Et ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les banques de réseaux : 50% des personnes interrogées seraient prêtes à ne plus avoir de conseiller bancaire attitré en échangé d'une baisse de leurs frais bancaires. Dans le détail, 19% des sondés répondent « certainement » et 31% « probablement ». A l'inverse 34% répondent « probablement pas » et 16% « certainement pas ».
Des résultats pas si étonnants alors que 54% des personnes interrogées dans notre sondage indiquent être rarement en contact avec leur conseiller en face-à-face. Un pourcentage qui atteint 42% par téléphone et 37% par mail.
Votre conseiller bancaire, un inconnu qui vous coûte cher
« Une difficulté croissante des banques traditionnelles à facturer pour leurs conseillers et leurs agences »
Des chiffres qui traduisent un problème pour des banques de réseaux « à créer de la valeur pour leurs clients à la hauteur des tarifs qu'elles font payer », analyse Christophe Baniol, directeur associé du cabinet de conseil Nouvelle Donne. « Ce sondage met en évidence une difficulté croissante des banques traditionnelles à facturer pour leurs conseillers et leurs agences. C'est le value for money, le rapport coût-bénéfice à l'inverse des banques en ligne qui sont dans une logique de money for value, à savoir générer des revenus supplémentaires en ligne avec la satisfaction élevée qu'elles génèrent ».
A noter que le phénomène est plus ou moins marqué selon les enseignes. Ainsi, 59% des clients de La Banque Postale se passeraient bien de leur conseiller, même si la banque du groupe La Poste est seulement 19ème au classement MoneyVox des banques les plus chères sur 120 enseignes testées.
En revanche, les clients du Crédit Mutuel ne seraient que 39% à vouloir se passer de leur conseiller alors que l'enseigne mutuelle pratique des tarifs plus salés que La Banque Postale. Il faut dire que la satisfaction clients au Crédit Mutuel est toujours la plus élevée parmi les banques de détails d'après les résultats de nos derniers Trophées Qualité.
Parmi les autres banques où une majorité de clients pourraient se passer d'un conseiller attitré, citons Crédit Agricole (55%), BNP Paribas (53%), Caisse d'Epargne et CCF (51%). Ils sont une minorité au CIC (40%), chez LCL (45%) ou encore chez SG (49%).
Pour autant, est-ce que les banques traditionnelles seraient-elles prêtes à proposer à leurs clients une baisse de tarifs en échange de la suppression de leur conseiller attitré ? Selon Christophe Baniol, la réponse est non : « aucune banque ne va prendre le risque car il y a trop de revenus à la clé ».
« Les banques essaient d'augmenter le conseiller pour renforcer son attractivité... et donc sa valeur facturable, notamment grâce à l'aide de l'IA »
« Aussi les banques essaient-elles d'augmenter le conseiller pour renforcer son attractivité... et donc sa valeur facturable, notamment grâce à l'aide de l'IA. Un outil à double tranchant : soi il servira de turbo relationnel qui permettra vraiment aux banques qui l'utilisent à bon escient de miser sur le rôle du conseiller, soit cela risque de renforcer davantage l'indifférence à la relation avec un conseiller », poursuit Christophe Baniol.
Par ailleurs, les banques misent aussi gros sur le segment des clients patrimoniaux pour maintenir un lien fort avec le conseiller. « Perdre la bataille du conseiller sur ce segment la serait en effet catastrophique eu égard aux revenus qu'ils génèrent », avertit ce spécialiste.
(1) Sondage OpinionWay pour MoneyVox réalisé du 23 septembre au 27 octobre 2025 auprès d'un échantillon de 5 403 Français bancarisés recrutés au sein d'un échantillon représentatif de la population française majeure.
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