Les consortiums privés European payments initiative (EPI) et European payments alliance (EuroPA) ont annoncé lundi la signature d'un « protocole d'accord » qui « confirme la réussite de la phase de faisabilité » de leur projet initié en juin dernier, ouvrant désormais la voie à celle « de mise en œuvre », écrit EPI dans un communiqué.
Ce service de paiement dit « transfrontalier », qui est en fait un virement de compte à compte, sera déployé à grande échelle cette année pour les particuliers et l'an prochain chez les commerçants, en boutique et en ligne.
« Ensemble, cette coalition couvre déjà 13 pays européens et plus de 130 millions d'utilisateurs potentiels », s'est félicité lundi sur le réseau social professionnel Linkedin le président de la Fédération bancaire française (FBF) Daniel Baal, aussi patron du Crédit Mutuel.
La coalition, qui revendique six millions d'euros transférés à l'étranger en 2025, « est ouverte à tous les pays européens, y compris la Suisse et les autres marchés non-euro », est-il précisé dans le communiqué.
EPI compte 16 actionnaires, dont les principales banques françaises (BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, Crédit Mutuel et la Banque postale) et plusieurs banques allemandes, belges et néerlandaises.
Il développe la solution de paiement Wero, héritière en France de Paylib. Wero permet d'envoyer et de recevoir de l'argent via des virements instantanés de compte à compte, en utilisant un numéro de téléphone mobile, un QR code généré par l'application ou une adresse e-mail.
EuroPA développe pour sa part une solution de paiement très proche de Wero, en Europe du Sud avec les systèmes de paiements Bancomat (Italie), Bizum (Espagne), SIBS MB Way (Portugal) et en Europe du Nord avec Vipps MobilePay (Danemark, Norvège, Finlande, Suède).
Initialement imaginé comme une réponse européenne aux géants américains Visa et Mastercard, EPI avait connu des débuts compliqués avec des retards et des défections en nombre.
La Banque centrale européenne (BCE) avance en parallèle sur le déploiement d'ici la fin de la décennie d'un moyen de paiement concurrent, l'euro numérique, version digitale des pièces et des billets.


















