« CB uniquement ». Le message fleurit actuellement sur les vitrines et les comptoirs dun nombre croissant de commerçants autorisés à ouvrir pendant le confinement. Il sagit évidemment dune réaction à lépidémie de Covid-19 et au risque de contagion lié à la manipulation des pièces et des billets. Un risque infime, selon de nombreux spécialistes, mais suffisant pour que certains imposent à leurs clients lusage de la carte bancaire, qui nest pourtant pas exempt de risque lui aussi.
Lire sur le sujet : Le top 5 des moyens de paiement les plus sûrs face au coronavirus
On peut sans doute estimer légitime la réaction de commerçants particulièrement exposés au virus. Il faut toutefois rappeler que refuser les paiements en espèces est illégal et passible de 150 euros damende pour les contrevenants. Il existe bien des exceptions à cette règle - lorsque que le commerçant estime quil est en présence de fausse monnaie ; lorsque les pièces et les billets fournies sont en trop mauvais état ; etc. - mais la crainte de la contagion nen fait pas partie. En revanche, le commerçant nest pas tenu de vous rendre la monnaie : il est donc autorisé à vous imposer de faire lappoint.
Le cas des « majeurs protégés »
Refuser les paiements en liquide est non seulement illégal, mais entraîne également un risque dexclusion. Car si limmense majorité des Français disposent dune carte bancaire et que, dans 90% des cas, cette carte permet de payer sans contact, ce nest pas le cas de lensemble de la population.
Dans une communication publiée cette semaine, Jacques Toubon, le Défenseur des droits, a notamment mis laccent sur le cas des « majeurs protégés », sous régime de tutelle ou curatelle, et des personnes en situation de grande précarité, celles notamment qui ont recours au Livret A universel de la Banque Postale, qui ont en commun de navoir accès ni à la carte de paiement, ni au chèque. Il demande donc au gouvernement et aux professionnels du commerce de garantir, pour ces personnes, « lutilisation des moyens de paiement nécessaires aux achats de première nécessité ». Il rappelle également aux commerçants « lexistence de bonnes pratiques ( ), consistant à ouvrir des comptes pour les achats de première nécessité que le mandataire judiciaire pourra régler ultérieurement ».


















