Son produit net bancaire (PNB), équivalent du chiffre d'affaires pour le secteur bancaire, atteint un niveau record de 39,56 milliards d'euros l'an dernier, en hausse de 3,9% par rapport à 2024.

Le président de la Fédération nationale du Crédit Agricole (FNCA) Eric Vial, aussi président de l'entité cotée du groupe Crédit Agricole SA (Casa), a salué « de très bons résultats », qui selon lui « confirment la solidité de notre modèle, la pertinence de notre stratégie et la belle dynamique de nos métiers et de nos banques de proximité », lors d'une conférence de presse.

Le groupe bancaire aurait pu battre son bénéfice net record de 2021 (9,1 milliards d'euros) sans l'impact comptable fin 2025 de l'intégration dans ses comptes de sa participation au capital de Banco BPM, qui ampute le résultat de quelque 600 millions d'euros. Détenteur de 20% du capital de la banque italienne, le Crédit Agricole a en quelque sorte figé la valeur de ses titres à une valeur inférieure à celle du cours de Bourse de la banque italienne. C'est cette « position prudente » qui entraîne cette moins-value passée au quatrième trimestre, a précisé la directrice générale adjointe de Casa Clotilde L'Angevin, chargée des finances.

Face aux néobanques

Dans le détail, Casa a publié un bénéfice net stable par rapport à 2024 (7,07 milliards d'euros, -0,2%) et un PNB en progression de 3,3% à 28,08 milliards d'euros.

Les analystes de RBC ont salué dans une note des revenus supérieurs aux attentes au quatrième trimestre, mais regretté des provisions et des charges plus élevées en fin d'année dernière. Le titre a terminé bon dernier du CAC 40 mercredi, avec une baisse de 3,04% à 18,18 euros, dans un marché en hausse de 1,01%. Les caisses régionales ont vu leurs marges s'améliorer, notamment en fin d'année, générant des profits en hausse.

Ces bons résultats apaiseront-ils la gronde des salariés du réseau, qui ont fait grève le 22 janvier ? « Le climat social est très bon », a répondu le premier vice-président de la FNCA Raphaël Appert, « pour autant (...) nous prenons avec beaucoup de sérieux les points qui ont été exprimés », notamment l'inquiétude autour d'un plan de mutualisation de certains métiers porté par la direction, baptisé « efficacité ».

LCL à la traîne

La filiale de banque de détail de Casa, LCL, a elle été à la traîne l'an dernier : son bénéfice net a chuté de 16,2%, à 693 millions d'euros. L'ancien Crédit lyonnais, qui peine à défendre ses parts de marché face aux néobanques, a décidé de scinder son offre en deux, en orientant une partie de ses clients actuels vers un modèle de banque en ligne, sans agences et moins cher, et en réservant l'offre bancaire historique aux autres.

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Des ambitions en Italie

Les dirigeants du Crédit Agricole sont aussi revenus sur leurs ambitions en Italie, où le groupe est présent via sa filiale Crédit Agricole Italia, qui connaît un plan de restructuration chiffré à 65 millions d'euros et portant sur 500 emplois. Le groupe bancaire français avance également ses pions chez Banco BPM, qui est la troisième banque italienne.

Interrogé sur le sujet, le directeur général de l'entité cotée du groupe Olivier Gavalda a dit vouloir protéger voire amplifier les partenariats entre les deux établissements bancaires, et revendique une place au conseil d'administration cohérente avec la part du capital détenue par le Crédit Agricole. « On verra par la suite si on a ou pas intérêt à monter encore plus au capital, ce n'est pas une question pour le moment pour le Crédit Agricole », a indiqué M. Gavalda.

Le Crédit Agricole, qui a généré plus d'un milliard d'euros de bénéfice net en Italie l'an dernier, attend de sa participation dans Banco BPM une contribution au résultat de 100 millions d'euros par trimestre cette année.