« L'année 2025, c'est une succession de trimestres en accélération » et 2026 a commencé « en pleine poussée », a commenté le directeur général du groupe, Jean-Laurent Bonnafé, jeudi, lors d'une conférence de presse.
BNP Paribas a réalisé l'an dernier un produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d'affaires pour l'industrie bancaire) en hausse de 4,9%, à 51,2 milliards d'euros, et un bénéfice net en progression de 4,6%, juste au-dessus de 12,2 milliards d'euros, un seuil que la banque avait dit l'été dernier vouloir franchir en 2025.
Le géant bancaire, qui a réduit ses coûts de 800 millions d'euros l'an dernier, a dit vouloir continuer sur cette lancée et vise 600 millions d'euros de nouvelles économies cette année. Le quatrième trimestre 2025 a été particulièrement rentable : le bénéfice net est proche des 3 milliards d'euros, bondissant de 28% sur un an. La banque a pu compter sur la bonne performance de ses services aux grandes entreprises et sur la santé retrouvée de son réseau français d'agences.
Les analystes de RBC ont salué des résultats « rassurants, car ils sont en partie dus à la bonne dynamique des revenus dans plusieurs divisions qui avaient déçu ». A la Bourse de Paris, l'action BNP Paribas progressait de 2,6%, à 93,31 euros vers 9H30, tandis que l'indice CAC 40 s'adjugeait 0,22%.
Grand ménage
BNP Paribas profite également de l'intégration en 2025 de la filiale de gestion d'actifs Axa IM, dont l'achat a été finalisé l'été dernier pour 5,1 milliards d'euros. Le groupe cherche cependant à en réduire les coûts. La presse économique a évoqué en janvier un projet de suppression d'environ 1 200 emplois dans sa filiale de gestion d'actifs, dont quelque 600 en France. Dans le cadre de ce type de fusions, il est fréquent qu'il y ait des doublons, notamment dans les fonctions dites « support »: communication, ressources humaines, service juridique...
Dans son communiqué de résultats, la banque évoque jeudi des coûts de restructuration, de développement informatique et d'adaptation d'environ 800 millions d'euros pour cette année, dont la moitié au titre d'Axa IM.
BNP Paribas vise désormais une croissance annuelle moyenne de son bénéfice net de 10% par an jusqu'en 2028, un « vrai saut » selon M. Bonnafé, qui devrait permettre à la banque de dépasser les 16 milliards d'euros de bénéfice net à cet horizon.
Le quatrième trimestre 2025 a par ailleurs donné l'occasion à BNP Paribas de faire le ménage dans ses activités, avec l'annonce de la vente à l'assureur belge Ageas des 25% que sa filiale belge détient dans AG Insurance, et l'entrée en discussions exclusives avec Holmarcom, un des principaux groupes industriels du Maroc, pour lui céder sa participation de 67% dans sa filiale marocaine BMCI.
Devant les juges
BNP Paribas ne fait toujours pas apparaître dans ses comptes une quelconque provision en vue de litiges qui pourraient lui coûter cher aux Etats-Unis, où la banque a perdu un procès important fin octobre. Le groupe a en effet été reconnu complice d'exactions au Soudan, en ayant organisé des transactions commerciales dont les recettes ont financé l'armée et les milices du régime d'Omar el-Béchir.
Lors d'un procès au civil, les jurés ont décidé que l'établissement était responsable pour les pertes et souffrances de trois plaignants et leur ont attribué des dommages et intérêts de 20,75 millions de dollars au total. Ces trois cas avaient été choisis par le juge dans un dossier regroupant des milliers de plaintes de réfugiés soudanais aux Etats-Unis. BNP Paribas risque donc de nombreux autres procès.
Le groupe bancaire a indiqué mercredi qu'il allait déposer une requête en appel d'ici le 9 février et qu'il était « pleinement préparé et confiant dans la solidité de ses arguments ». BNP Paribas ne garde pas que de bons souvenirs de la justice américaine. En plaidant coupable aux Etats-Unis de violation des embargos américains contre le Soudan, Cuba et l'Iran, le groupe s'était acquitté en 2014 d'une amende gigantesque de 8,9 milliards de dollars.






















