« Crédit Agricole n'a pas suffisamment évalué la matérialité de ses risques climatiques et environnementaux avant l'échéance » qui lui avait été fixée, a expliqué la BCE dans un communiqué. La BCE prévoyait une sanction journalière en cas de non-respect de cette exigence à compter du 31 mai 2024.

La sanction correspond ainsi au montant cumulé des 75 jours d'astreinte pour l'année 2024, période durant laquelle, selon l'institution monétaire, le groupe français n'a pas identifié de manière suffisante les risques climatiques susceptibles d'affecter son bilan.

Le montant de la sanction tient compte, selon la BCE, « du caractère matériel de l'infraction, de la durée de la violation et du chiffre d'affaires quotidien de l'entité supervisée ».

« Incompréhension vis-à-vis d'une pénalité purement administrative »

Dans une réaction transmise à l'AFP, un porte-parole de Crédit Agricole a exprimé son « incompréhension vis-à-vis d'une pénalité purement administrative », indiquant que le groupe avait « satisfait à l'ensemble de ses exigences ». Il a déploré le fait que « cette décision se rapporte uniquement au délai de réponse du Crédit Agricole » qui aurait été trop difficile à tenir selon le groupe bancaire.

Selon ce dernier, la sanction n'aura pas d'impact significatif sur ses résultats financiers. Fin 2023, la BCE avait prévenu qu'elle infligerait des sanctions pécuniaires aux banques en retard dans la prise en compte des risques liés au changement climatique dans leur activité.

Elle avait déjà imposé en novembre une sanction d'un montant de 187.650 euros à une plus petite banque, l'espagnole Abanca, pour n'avoir pas respecté cette exigence pendant 65 jours pleins en 2024.

La sanction la plus élevée de la BCE, de 10,4 millions d'euros, remonte à décembre 2024 et concernait BNP Paribas Fortis, l'entité belge du groupe bancaire français, qui avait intentionnellement enfreint les règles relatives à la déclaration du risque de crédit.