Après des mois de blocage, le dossier des retraites complémentaires entre dans une nouvelle phase. Comme le révèle le site Merci pour l'info, les organisations syndicales envisagent désormais de saisir la justice pour contraindre le patronat à revaloriser les pensions versées par l'Agirc-Arrco, le régime complémentaire des salariés du privé.

Selon le site d'information, cette option serait étudiée « dans l'hypothèse où le patronat persisterait à refuser toute hausse ». Une action judiciaire qui reposerait sur « l'interprétation des accords » régissant le fonctionnement du régime, alors que les partenaires sociaux n'ont pas réussi à s'entendre sur une revalorisation au 1er janvier 2026. Des juristes syndicaux planchent déjà sur les modalités d'une éventuelle assignation devant un tribunal judiciaire, afin d'obtenir une compensation partielle ou totale de l'absence de hausse constatée en 2025.

Un blocage hérité des négociations de l'automne

Ce bras de fer trouve son origine à l'automne dernier. Le 17 octobre, le patronat avait rejeté les demandes syndicales de revalorisation indexées sur l'inflation, successivement fixées à 1%, puis 0,8%. En cause, selon les organisations d'employeurs, le coût de la suspension partielle de la réforme des retraites de 2023, intégrée à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026.

Depuis, les discussions sont au point mort. Mercredi dernier, lors d'une réunion au Medef consacrée initialement au calendrier des négociations sociales, le sujet des retraites complémentaires s'est de nouveau imposé dans le débat, comme nous l'expliquions dans cet article. Les syndicats ont exigé une réouverture rapide du dossier Agirc-Arrco, condition préalable à toute avancée sur d'autres chantiers sociaux. À défaut d'accord rapide, la voie judiciaire pourrait donc devenir l'ultime levier pour débloquer une revalorisation attendue par plusieurs millions de retraités du privé.