La dette de la Sécu, contrairement aux idées reçues, « n'est pas un puits sans fond », puisque la Cades jusqu'à maintenant a toujours réussi « à amortir cette dette dans un temps relativement bref, de 8 à 12 ans », a expliqué ce mardi le président de la Caisse d'amortissement de la dette sociale, Pierre Ricordeau.

« Même la dette issue de la pandémie sera remboursée en 2033 », a expliqué Pierre Ricordeau. Ainsi aujourd'hui, « la dette sociale est remboursée par les gens à l'origine de la dette », s'est-il félicité.

Mais l'accumulation actuelle et à venir des déficits de la Sécu risque de briser cet équilibre, et d'aboutir à un endettement à long terme, pesant sur les générations futures, a-t-il averti. La Cades, qui porte aujourd'hui 122 milliards d'euros de dette, n'a plus de capacité de reprise alors que la date d'extinction de l'organisme – 2033 – se rapproche, a expliqué Pierre Ricordeau.

La dette produite par les déficits actuels et à venir restera donc portée par l'Acoss, l'organisme de financement des caisses de la Sécurité sociale.

Plafond autorisé de 65 milliards d'euros

Cette dette, qui ressemble à un découvert permanent, fluctue au jour le jour mais a augmenté inexorablement ces dernières années, avec un plafond autorisé en 2025 à 65 milliards d'euros. « Si une trajectoire de retour à l'équilibre de la Sécu n'est pas construite dans le prochain budget de la Sécu, et surtout après la présidentielle, on aura beaucoup de mal à respecter ce qu'on a toujours respecté jusqu'à maintenant, c'est-à-dire le principe d'équilibre » pluri-annuel des finances de la Sécurité sociale, a déclaré Pierre Ricordeau.

La Cades aura remboursé toute la dette qu'elle porte d'ici 2033, grâce à la part de CSG qui lui est affectée, à la contribution de remboursement de la dette sociale (CRDS) et à des versements du fonds de réserve pour les retraites (1,5 milliard d'euros par an).

Elle refinance en permanence la dette avec des émissions de titres à moyen et long terme, aux taux moyens de 2,81% en 2025 et de 3,04% pour les premières opérations de 2026 selon la Cades, soit des taux très légèrement supérieurs à ceux obtenus par l'État pour ses propres emprunts.