« Le Crédit Mutuel veut “franchir un cap en matière de banque directe” », annonce mind Fintech dans un article publié jeudi 5 février, suite à la publication des résultats annuels du groupe Crédit Mutuel Alliance fédérale. Or, poursuit mind, cet objectif de développement de la banque directe, sans agence, ne repose pas sur la banque en ligne du groupe, Monabanq, plutôt sur un modèle hybride via les banques traditionnelles : le CIC et le Crédit Mutuel, ce groupe regroupant la majeure partie des fédérations Crédit Mutuel en France (1).
« Capitaliser sur la force des marques Crédit Mutuel et CIC »
« Nous voulons capitaliser sur la force des marques Crédit Mutuel et CIC ». Ce parcours hybride existe déjà au CIC avec « l'Agence digitale », la promesse étant d'avoir un conseiller personnalisé tout en privilégiant la gestion et les échanges 100% en ligne.
Quelle place pour Monabanq avec cette nouvelle stratégie ?
Cette évolution stratégique des banques traditionnelles du groupe est-elle sans incidence pour Monabanq ? Cette banque en ligne, fondée en 2006, a un positionnement à part dans le monde de la banque en ligne qui a fait de la « gratuité » de la carte bancaire son principal argument : l'offre d'entrée de gamme de Monabanq (compte courant Pratiq+) est à prix réduit, 3 euros par mois, mais cette banque en ligne assume un modèle payant. L'enseigne cultive en outre le secret puisqu'elle ne communique pas son nombre de clients, le dernier chiffre connu (290 000 clients) remontant à 10 ans en arrière.
Alors, quelles ambitions pour Monabanq dans cet environnement favorisant la « banque directe » ? Comme le rappelle mind, la nouvelle directrice générale de Monabanq, Amandine Montac, s'est fixé comme objectif à son arrivée à ce poste, en juin 2025, « d'accélérer fortement le développement de l'entreprise ». En ce début 2026, le directeur général du Crédit Mutuel Alliance fédérale Éric Petitgand affirme, dans des propos rapportés par mind : « Nous avons optimisé le fonctionnement de Monabanq, amélioré les parcours et optimisé sa conquête, qui a beaucoup progressé ». Monabanq fait ainsi état d'une hausse de 48% des ouvertures de comptes courants en 2025.
« Cela reste un modèle payant, à la différence de beaucoup d'autres banques en ligne et néobanques, et Monabanq n'a donc pas du tout les mêmes volumes de conquête que certains d'entre eux »
« Mais cela reste un modèle payant, à la différence de beaucoup d'autres banques en ligne et néobanques, et Monabanq n'a donc pas du tout les mêmes volumes de conquête que certains d'entre eux », poursuit Éric Petitgand, reconnaissant par ailleurs que l'activité n'est « pas encore rentable » : « L'atteinte de l'équilibre dépendra des choix que nous ferons en termes d'investissement, de publicité, de notoriété, et ce sont des choix qui n'ont pas encore été arrêtés. »
Le sort de Monabanq, au sein de la stratégie du groupe, semble actuellement en suspens, en attendant que les choix stratégiques « banque directe » ne se précisent. A l'image de cette déclaration de Daniel Baal, patron du groupe : « Nous sommes en train de finaliser ce qui sera fait sur les diverses enseignes et en dévoilerons les détails dans les semaines à venir. L'objectif est en tout cas d'avoir une véritable bancassurance en ligne (...). Nous sommes clairement déterminés à aller plus vite sur le domaine de la banque en ligne et à entrer dans une phase d'industrialisation. »
Banque en ligne : le comparatif des meilleures offres
(1) Crédit Mutuel Alliance fédérale : fédérations du Centre Est Europe, du Sud-Est, d'Ile-de-France, de Savoie-Mont Blanc, du Midi-Atlantique et, depuis 2011, de Normandie, de Méditerranée, de Loire-Atlantique Centre-Ouest, du Centre, du Dauphiné-Vivarais, d'Anjou, et du Massif Central et Antilles-Guyane depuis 2020. L'autre groupe principal étant le Crédit Mutuel Arkéa, qui chapeaute la Bretagne et le Sud-Ouest.



















