Pour un PEA de plus de 5 ans, les plus-values sont désormais soumises, lors d'un retrait, à un taux global de cotisations sociales de 18,6% depuis le 1er janvier 2026 au lieu de 17,2% auparavant. Concrètement, si vous aviez versé 5 000 euros sur un nouveau PEA le 1er janvier 2020 et que vous avez tout investit sur les actions du CAC 40, vous vous êtes retrouvé avec un encours de 8 052 euros le 31 décembre 2025. C'est en effet une performance de 61% qu'a réalisé l'indice CAC 40 dividendes réinvestis sur la période, ce qui représente une performance annualisée de 8,26% pendant 6 ans.
Une application rétroactive des cotisations sociales
En effectuant un retrait total fin décembre 2025, votre intermédiaire financier vous aurait prélevé 524,94 euros de cotisations sociales sur les 3 052 euros de plus-values. Mais depuis ce 1er janvier, la même opération vous coûtera désormais 567,67 euros, soit 42,73 euros de plus (soit une augmentation ici de 8,1%).
Ce qui est le plus injuste dans ce changement, ce n'est pas l'augmentation en soi. On s'y attend. C'est le fait que cette augmentation s'applique de manière rétroactive sur des plus-values qui ont peut-être été réalisées en 2021 ou en 2023 et que l'on taxe ainsi au taux de 2026.
Une application du taux historique en fonction des années a existé dans le passé. Seulement, le législateur l'a supprimé à compter de 2018 pour tous les PEA de plus de 5 ans existants au 31 décembre 2017, ou l'a limité de manière transitoire aux 5 premières années pour les PEA ouverts entre 2013 et 2017. Mais pour les PEA ouverts depuis 2018, ce taux historique de cotisations sociales n'existe pas, et ce sera le taux en vigueur au moment du retrait qui s'appliquera.
Les gains en bourse mal-aimés des députés
Lors de sa création en 1992, l'objectif du PEA était simple : permettre aux contribuables d'investir en bourse sur des actions françaises et contribuer ainsi aux besoins importants de financement pour l'économie du pays. Pourtant, avec la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026, les députés ont décidé d'un peu plus taxer les livrets, les comptes à terme, les plus-values en bourse et les dividendes, et aussi donc de taxer de manière rétroactive les PEA. En revanche, ils ont laissé tel quel les prélèvements sociaux sur l'assurance vie, le PEL ou les revenus fonciers, où le 17,2% continue de s'appliquer.
Des mesures législatives contradictoires au fil du temps
Ces évolutions du législateur se retrouvent au fil des années, faisant du PEA un produit plus ou moins intéressant selon le cas. Parmi les évolutions positives du PEA, on peut citer :
- La création d'un PEA jeune ;
- La création d'un PEA-PME dédié aux petites et moyennes entreprises, avec un plafond de versement partagé avec le PEA.
- Le plafonnement des frais de fonctionnement (frais de transfert du PEA limité à 150 euros, frais de courtage plafonné à 0,40%, etc.)
- La simplification du PEA après 5 ans permettant des nouveaux versements même après un retrait partiel.
De nouveaux acteurs
Autre changement de ces dernières années, plusieurs banques étrangères ou leur filiale en France ont reçu l'agrément pour distribuer le PEA et proposent des frais de courtage bien inférieurs aux offres traditionnelles. Ainsi, Saxo Banque (siège au Danemark) propose des frais de transactions de 0,08% avec un minimum de 2 euros ; Interactive Brokers (États-Unis) du 0,05% avec un minimum de 1,25 euro ; Trade Republic (Allemagne) du 1 euro par transaction.
« J'ai testé Trade Republic » : l'avis de MoneyVox sur l'investissement en bourse
Attention toutefois à ne pas souscrire ou transférer un PEA les yeux fermés chez un de ces intermédiaires. Ces offres low-cost peuvent avoir des restrictions avec des services payants voire inexistants, alors qu'ils sont généralement compris dans celui des banques françaises. Ce sera le cas, par exemple, pour voter en assemblée générale d'une société que vous détenez en portefeuille ou encore pour transformer des titres au porteur en titres au nominatif administré.
Parmi les évolutions négatives, outre ce relèvement sélectif des cotisations sociales, on peut citer l'introduction de la TTF en 2012, la taxe sur les transactions financières, initialement fixée à 0,2%. Censée combattre la spéculation et le fameux trading à haute fréquence, elle s'applique en fait aux personnes qui ont acheté (à la fin de la journée de bourse) une action d'une entreprise française ayant une capitalisation boursière d'au moins un milliard d'euros.
Le taux de la TTF est monté à 0,4% en 2025, ce qui fait que si vous achetez des actions de Schneider ou de BNP Paribas, vous paierez plus de TTF que de frais de courtage !
Une tentative de correction avortée
Pendant les discussions du PLF 2026 les députés ont voté un amendement pour corriger le tir et taxer les opérations « intra-day » qui échappent à la TTF.
Mais certains experts doutent de la faisabilité d'un tel mécanisme. Quoiqu'il en soit, cet article n'a pas été reconduit dans le volet recettes du PLF 2026 pour lequel le gouvernement a engagé sa responsabilité.
Un PEA largement dénaturé aujourd'hui
Réservé à l'origine aux actions françaises, le PEA a dû s'ouvrir au début des années 2000 aux actions des sociétés basées dans l'Espace Économique Européen. Mais avec l'essor des ETF, le PEA permet aujourd'hui d'investir, à faibles frais, sur de larges paniers d'actions dans le monde entier, essentiellement via les indices MSCI World ou S&P500.
Pour cela, ces ETF éligibles au PEA, sont investis à au moins 75% dans des actifs européens et respectent ainsi la réglementation. Sur la poche restante, un mécanisme financier (un Swap en anglais) est conclu avec une ou plusieurs banques de contrepartie qui s'engage à restituer la performance de l'indice cible en échange de la performance du portefeuille de substitution de l'ETF.
Au final, le PEA dédié aux actions françaises il y a près de 35 ans est devenu un outil pour faire fructifier son épargne avec de larges possibilités, tout en conservant l'avantage unique de ne pas voir ses gains soumis à l'impôt sur le revenu si le produit est conservé au moins 5 ans. Mais il reste soumis aux cotisations sociales, malheureusement.
Bourse en ligne : le comparatif des courtiers et des banques

























