En Europe, les Français sont historiquement en queue de peloton s’agissant de l’utilisation du paiement mobile. Mais un récent sondage montre que les lignes bougent ces derniers mois.

Pour grossir le trait, le paiement mobile, c’est un peu l’arlésienne des moyens de paiement. Beaucoup en parlent, mais presque personne n’a vu quelqu’un sortir son smartphone pour régler ses courses ! En France, en tout cas, l’adoption du paiement mobile en est encore à ses débuts : la proportion de consommateurs français à l’utiliser est trois plus faible qu’en Pologne par exemple. Autre manifestation de la frilosité : la fermeture de Boon à l'automne 2020, précurseur du paiement mobile en France qui s'était lancé en 2017.

Toutefois, à en croire le baromètre sur le paiement mobile Kantar pour Paylib, diffusé ce 19 avril, le paiement avec son smartphone progresse bel et bien dans l’Hexagone (1). En 2020, d’après ce sondage réalisé mi-janvier auprès de 1 000 personnes, 38% des Français disent avoir déjà utilisé une application de paiement mobile, comme Paylib (commanditaire de cette étude), Apple Pay ou encore Lydia, contre 28% en 2019 et seulement 18% en 2018. D’ailleurs, Paylib (codétenue par les banques françaises) est la solution la plus utilisée, à hauteur de 17%. Viennent ensuite Google Pay (14%), Apple Pay (12%), Lydia (10%), Samsung Pay (7%) et Lyf Pay, Carrefour Pay et Pumpkin, toutes trois citées par 6% des sondés.

Des verrous à faire sauter

Et la perspective de croissance est encore élevée, puisque près d’un sondé sur 2 a l’intention d’utiliser « à l’avenir » son smartphone pour payer dans un commerce. C’est d’ailleurs l’utilisation accrue du paiement mobile qui a poussé la banque mobile N26 à retirer de son compte d’entrée de gamme la carte bancaire plastique, remplacée par une carte virtuelle à relier à Apple Pay ou à Google Pay, expliquait récemment son directeur général à MoneyVox.

Comparatif des offres des cartes bancaires pour un voyage à l'étranger

Toutefois, pour se hisser en rival de la carte, le paiement mobile doit encore dépasser de puissants freins, parmi eux démontrer son utilité et sa praticité accrues par rapport à la carte bancaire. En effet, d’après le baromètre Kantar pour Paylib, 1 sondé sur 4 s’estime déjà satisfait de ses moyens de paiement actuels. Autre frein évoqué : le défaut de fiabilité. 21% n’ont pas confiance dans les applications de paiement mobile, 19% redoutent une sécurité insuffisante et 18% ont peur de se faire extorquer de l’argent si on leur vole leur téléphone.

(1) Etude réalisée du 11 au 18 janvier 2021 auprès d’un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Les interviews ont été réalisées via le Panel Online LSR