Le nombre de désignations d'établissements bancaires dans le cadre du droit au compte, un principe qui garantit à tous un accès bancaire, a augmenté en 2014 pour atteindre 60.400, a indiqué lundi la Banque de France. En 2013, le nombre de désignations d'établissements dans le cadre du droit au compte avoisinait les 51.000.

Pour 2014, les personnes physiques représentaient 84% des demandes, contre 16% pour les personnes morales. Le dispositif du droit au compte permet à une personne physique, mais aussi morale, qui se voit refuser l'ouverture d'un compte par un établissement, de saisir la Banque de France, laquelle doit désigner une agence obligée de fournir un service bancaire de base gratuit.

Ces données sont issues du premier rapport annuel de l'Observatoire de l'inclusion bancaire, mis en place l'année dernière dans le cadre d'une série de mesures censées lutter contre l'exclusion bancaire. L'Observatoire, composé de représentants des pouvoirs publics, des banques et d'associations, est chargé de collecter des informations sur l'accès aux services bancaires, sur leur usage et sur les initiatives des banques en la matière.

Des Livrets A utilisés comme des comptes courants

Selon le rapport, 96% de la population française métropolitaine âgée de plus de 10 ans possède un compte chèque ou un actif financier dans une banque, l'un des taux les plus élevés au monde. Néanmoins, la population fragile a un accès moins aisé aux services des établissements de crédit, relève l'Observatoire, qui note que « les livrets d'épargne, et notamment le livret A, sont parfois utilisés comme un substitut à un compte bancaire par des personnes en situation de fragilité ». Les Livrets A contenant moins de 150 euros, enregistrent ainsi 7,5 retraits en moyenne par an au lieu de 3,9 pour l'ensemble des livrets.

Autre outil utilisé par les populations les plus fragiles, les cartes de paiement à autorisation systématique (CPAS) ont vu leur nombre progresser de 8% en 2014, avec 7,8 millions de CPAS en circulation à fin décembre. « La répartition régionale laisse toujours apparaître une forte concentration dans les régions du Nord, de l'Est et du Sud-Est », note le rapport.

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Le microcrédit se développe

Le microcrédit accompagné, « vecteur majeur d'inclusion », qui permet aux plus pauvres d'emprunter de petits montants (maximum 5.000 euros pour les microcrédits personnels) grâce notamment à des partenariats entre banques et associations, a vu ses encours augmenter de 6% en 2014. Cette progression est portée essentiellement par les microcrédits professionnels qui représentent 94% des encours et 77% du nombre de microcrédits.

En 2012, 8,5 millions de personnes vivaient en France métropolitaine en dessous du seuil de pauvreté, soit 987 euros par mois pour une personne seule.