La banque centrale suisse a nettement abaissé jeudi sa prévision de croissance pour 2021 à cause d'une reprise « moins marquée que prévu » dans certains pans de l'économie helvétique comme l'hôtellerie ou la restauration et a maintenu le statu quo dans sa politique monétaire.

La Banque nationale suisse s'attend désormais à un rebond du produit intérieur brut (PIB) de 3% pour l'économie suisse, contre une hausse de 3,5% auparavant, a-t-elle indiqué dans un communiqué publié après sa réunion trimestrielle de politique monétaire.

L'institution monétaire a également relevé ses prévisions d'inflation compte tenu de la hausse des prix des produits pétroliers et difficultés d'approvisionnement.

Elle table désormais sur une inflation de 0,5% pour 2021 (contre 0,4% précédemment) et de 0,7% pour 2022 (contre 0,6% auparavant) tenant compte de la hausse des prix des produits pétroliers et des difficultés d'approvisionnement.

Comme attendu, la banque centrale suisse a cependant maintenu sa politique monétaire ultra-accommodante inchangée, laissant son taux directeur négatif à -0,75%.

Elle entend ainsi « assurer la stabilité des prix » et « continuer à soutenir la reprise de l'économie suisse face aux conséquences de la pandémie de Covid-19 », a-t-elle précisé dans le communiqué.

« La pandémie continue, même la deuxième année après son apparition, à marquer la situation économique internationale », a-t-elle fait valoir.

Si l'économie mondiale a connu une forte croissance au deuxième trimestre avec l'assouplissement des restrictions sanitaires, les nouvelles contaminations ont de nouveau nettement augmenté pendant l'été dans de nombreux pays, y compris en Suisse, a-t-elle constaté.

Dans son scénario de base, la banque centrale suisse s'attend donc à ce que la croissance se poursuive au cours des prochains trimestres, tout est estimant qu'il faudra « encore un certain temps » avant que l'utilisation des capacités de production revienne à la normale.

En Suisse, le PIB devrait retrouver son niveau d'avant-crise au second semestre, mais la reprise est moins marquée qu'initialement prévu dans des branches « dépendantes de la consommation » telles que « le commerce ou l'hôtellerie et la restauration », a-t-elle noté.

Professionnels : les offres en ligne les moins chères pour limiter vos frais bancaires

La semaine passée, le ministère suisse de l'économie avait lui aussi abaissé sa prévision de croissance, à 3,2%, devant les tensions sur les chaînes d'approvisionnement et les pressions inflationnistes.

« Le message dans son ensemble était plutôt mesuré sur le front économique », a réagi David Oxley, économiste chez Capital Economics, dans un commentaire de marché.

La banque centrale reconnait que la dynamique de croissance a quelque peu ralenti récemment, mais « cela n'est pas un désastre », a-t-il jugé.

La Suisse s'est nettement rapprochée de son niveau d'avant-crise au deuxième trimestre, et est toujours « confortablement » en bonne voie pour le dépasser au cours de la seconde moitié de l'année, a-t-il ajouté.

Après une récession moins forte que chez ses voisins en Europe, la Suisse a connu un vif rebond du PIB de 1,8% au deuxième trimestre, après un creux entre janvier et mars en raison du deuxième confinement.