Longtemps sceptiques sur lintérêt des canaux bancaires numériques, les Français se laissent progressivement amadouer. La vague 2018 de létude SAB / CGI le confirme : les liens entretenus avec lagence bancaire et ses conseillers sont de plus en plus distendus. Certes, 9 sondés sur 10 disposent encore dun conseiller bancaire attitré. Mais les contacts avec lui sont rares : moins de 2 fois par an pour 64% des sondés. 21% dentre eux avouent même ne pas le connaître.
Dans le même temps, lusage des canaux numériques à distance progresse, pour la consultation de comptes et les paiements, mais aussi pour contacter un conseiller (par mail, voire par messagerie instantanée) ou souscrire un nouveau produit : en 2017, un quart des opérations financières dépargne ou dinvestissement ont ainsi été réalisées entièrement en ligne . « ( ) Nous assistons à un véritable changement de modèle relationnel », affirme même Philippe-Quentin Real, vice-président services financiers de CGI. Un phénomène qui se traduit aussi par ladoption croissante de nouveaux services numériques.
1. La banque mobile
Huit Français sur 10 sont désormais équipés dun smartphone - ou dun « mobile multifonction » selon la terminologie conseillée par lAcadémie Française. Sur celui-ci, près de deux sur trois (63%) ont installé lapplication de leur banque, que près dun sur deux (47%) consulte au moins une fois par semaine. Preuve que le mobile est déjà devenu le canal de relation bancaire numéro 1.
Autre indice de cette évolution majeure : outre les 13% de Français (18% des moins de 35 ans) déjà clients dune banque exclusivement sur mobile, 65% envisagent de franchir le pas, contre 21% seulement qui lexcluent. Ce qui ne veut pas dire que les applications, telles quelles existent aujourdhui, comblent leurs utilisateurs. Sils se montrent conquis par la possibilité de réaliser facilement des virements et de voir leur solde en temps réel, les usagers sont plus sévères dès quil sagit de rentrer en contact avec un conseiller ou de souscrire un produit. Les applis bancaires ont donc encore une marge de progression.
2. Les services daide à la gestion de compte
Cest une relative surprise : plus dun Français sur deux déclare utiliser des services en ligne permettant danalyser ses dépenses et de mieux gérer son argent, grâce à la catégorisation automatiques des opérations, à la mise en place de budgets et/ou à lagrégation de compte. Ils le font généralement en utilisant les outils proposés par leur banque principale, plus rarement ceux dune autre banque ou dun tiers spécialisé. Mais 13% des sondés, tout de même, ont recours, souvent ou parfois, à un agrégateur du type Bankin ou Linxo.
La confiance reste le principal obstacle à lusage de ces nouveaux services. Lorsquil sagit de fournir leurs données bancaires pour obtenir du conseil personnalisé ou des bons plans, un Français sur deux fait confiance à sa banque, mais seulement 14% à une application spécialisée, y compris si elle bénéficie dune certification.
3. Les nouveaux moyens de paiement
La carte bancaire a encore de beaux jours devant elle ! Lusage des nouveaux services numériques dans le paiement reste en effet encore embryonnaire. Seuls 14% des sondés ont déjà utilisé le paiement sans contact par mobile, 9% le virement instantané, 7% des services de paiements sociaux...
Parmi ces moyens de paiement émergents, cest le virement instantané qui suscite le plus dintérêt, chez 69% des sondés. Si les banques françaises ont pris du retard dans le domaine, la possibilité de transférer de largent, 24/24 et 7/7, en une dizaine de secondes, devrait commencer à se démocratiser à partir du mois de novembre 2018. Cest également le cas du paiement social, avec le lancement de « Paylib entre amis », qui sera disponible dans la plupart des enseignes à partir de ce printemps.
4. Les chatbots
Seulement 6% des personnes interrogées ont déjà échangé, via une messagerie instantanée, avec un « chatbot » - ou robot de conservation - spécialisé dans la banque et lassurance. Il faut dire que 53% ne savent pas que cette technologie existe. Mais lavenir est sans doute aux chatbots pour les interactions simples avec sa banque : les moins de 35 ans y ont en effet recours beaucoup plus naturellement.
5. Les cartes bancaires « intelligentes »
Revolut, Max, Sharepay Certains nouveaux acteurs tentent dattirer les clients avec des cartes bancaires enrichies de services à valeur ajoutée : agrégation des autres cartes, paiements multi-devises, partage automatique des dépenses Leur adeptes, toutefois, sont encore rares : moins de 5% des sondés les utilisent.
Conseillers humains contre robots ?
Si les Français valorisent encore la capacité découte et la pédagogie de leur conseiller, cest moins vrai de la pertinence de son conseil financier et de son autonomie en matière de prise de décision. Dans le même temps, 37% des Français connectés considèrent que des algorithmes peuvent se substituer au conseiller pour le conseil bancaire. Et 27% estiment que cela finira par advenir tôt ou tard. Dans le même temps, ils sont 41% à considérer « que la présence dun robot à laccueil dune agence peut être une bonne idée sil permet une prise en charge plus rapide des demandes simples ».
(1) « Services numériques dans la banque : Autonomie client & Digital Care », étude SAB / CGI par Next Content, réalisée en ligne au cours du mois de décembre 2017 auprès de 1 021 Français, représentatifs de la population connectée à Internet (suivant les critères dâge, de sexe et de CSP).


















