Cette initiative de long terme, portée et financée par le secteur financier britannique sous la supervision de la Banque d'Angleterre (BoE), avait été annoncée en juillet 2025 par le ministère des Finances, dans le cadre d'un plan visant à moderniser l'infrastructure de paiements du pays.
Elle doit permettre aux consommateurs britanniques d'effectuer leurs paiements directement de compte à compte, y compris pour les achats en magasin ou en ligne, sans passer nécessairement par les réseaux de cartes.
Au Royaume-Uni, les Américains Visa et Mastercard traitent plus de 95% des paiements par carte, selon le régulateur PSR. Déplacer de l'argent sans intermédiaire permettrait de « réduire les frais supportés par les commerçants », « généralement répercutés sur les consommateurs », avait souligné Sarah Breeden, vice-gouverneure de la BoE début février.
Cela peut aussi constituer un « filet de sécurité supplémentaire en cas de perturbation des systèmes existants », avait-elle ajouté. Sur fond de tensions transatlantiques depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, les appels à réduire la dépendance aux États-Unis se multiplient en Europe.
La réunion de jeudi est la première organisée au titre de l'entité « DeliveryCo », mise sur pied par les acteurs du secteur pour développer le projet et présidée par Vim Maru, directeur général de Barclays UK.
Visa et Mastercard participeront aux discussions, selon des participants. L'association professionnelle UK Finance, qui apporte un soutien administratif à « DeliveryCo », n'a pas souhaité commenter, pas plus que Barclays, le Trésor et la Banque d'Angleterre.
Dans l'Union européenne, la Banque centrale européenne travaille depuis 2020 sur un projet d'euro numérique, présenté comme un moyen de réduire la dépendance aux réseaux de cartes internationaux.
La discussion de jeudi au Royaume-Uni est toutefois distincte du projet de livre numérique que développe elle aussi la Banque d'Angleterre, parfois surnommé « britcoin ».



















