« Quand est-ce que l'on va retrouver laccès à nos comptes. J'ai un enfant je suis enceinte et plus rien dans le frigo », sinquiète Meknèssia31, une internaute de cBanque. « Ipagoo a accepté mes virements importants alors qu'elle savait pertinemment quelle était sur la touche », sindigne quant à elle Isa16. Les clients français dIpagoo voient rouge. Ces derniers ne peuvent plus accéder à leur argent depuis fin juillet. Et ils vont encore devoir patienter
En effet, Ipagoo, désormais en banqueroute, a été placée sous tutelle. La société FRP Advisory a été nommée administrateur judiciaire de la fintech et « va procéder à une évaluation des fonds détenus par lentreprise [ ]. Après quoi, le mandataire retournera les fonds aux clients le plus rapidement possible », explique par communiqué la Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur du secteur financier au Royaume-Uni. Interrogée par le Financial Times, FRP Advisory espère réussir à transférer l'entreprise et les actifs dIpagoo à une entité dûment réglementée.
Ipagoo suspectée de sêtre servie dans les comptes de ses clients
La banqueroute dIpagoo est une conséquence de la suspension de son agrément bancaire prononcée le 24 juillet dernier par la FCA. Le gendarme financier britannique sest aperçu que la banque mobile, par manque de fonds de roulement, avait pioché dans les comptes de ses clients, ce que la réglementation interdit formellement Les sociétés financières devant cantonner les avoirs de leurs utilisateurs sur des comptes distincts des fonds de lentreprise. Contactée, Ipagoo souligne que cest cette interdiction temporaire dexercer qui a précipité sa banqueroute. « Nous étions en train de finaliser une opération de levée de capitaux », déplore la start-up.
Outre son niveau de capitalisation jugé trop faible, Ipagoo, comme la plupart des fintechs, peinait à trouver le chemin de la rentabilité. Comme le rapporte le Financial Times, Ipagoo avait perdu 2,4 millions de livres au cours de lexercice terminé en mars 2018.
Cette histoire en rappelle une autre, celle de la néobanque française Morning. Fin 2016, lAutorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) avait, de la même façon que la FCA, mis en cause la jeune pousse française pour avoir puisé dans les dépôts de sa clientèle. Au bord du dépôt de bilan, Morning avait finalement été rachetée par la banque Edel (filiale de Leclerc) après le désengagement de son actionnaire majoritaire.















