Elle fait partie des services qui échappent à la gratuité dans les banques en ligne : lassurance perte et vol des moyens de paiement. A lexception dING Direct et de Boursorama Banque qui disposent d'une offre gratuite, tous les acteurs du marché facturent en effet ce service. Laddition annuelle atteint ainsi 18 euros chez Fortuneo, 24 euros chez Monabanq, BforBank et Soon par Axa Banque, et 26,50 euros chez Hello bank.
Pour ce prix, les clients des banques en ligne sont protégés, a minima, contre les sinistres liés à la perte ou au vol de leurs moyens de paiement (carte bancaire et chéquier), de leurs clés et de leurs papiers didentité. Des assurances dont lintérêt est d'ailleurs parfois contesté (lire à ce propos : L'assurance des moyens de paiement dans le collimateur de l'UFC-Que Choisir). Mais certaines enseignes (1) vont plus loin et les enrichissent de garanties supplémentaires : contre le vol (et éventuellement la casse) du mobile ou de la tablette, contre la non livraison dun bien acheté en ligne et, de plus en plus souvent, contre lusurpation didentité.
Une garantie séduisante sur le papier...
Que recouvre exactement cette notion dusurpation didentité ? Pour en trouver une définition, il suffit de consulter les conditions générales des contrats proposés par les banques en ligne. Par exemple celles de B Security, lassurance moyens de paiement vendu 24 euros par an par BforBank, dans le cadre de sa nouvelle offre de compte courant.
Ainsi, pour la filiale du Crédit Agricole, lusurpation didentité, cest « lappropriation et lusage intentionnels par un tiers, sans le consentement de lassuré, des éléments didentification ou dauthentification de toute nature afférents à son identité, dans le but de commettre un acte frauduleux ( ) ». En clair, le vol et lutilisation par une personne mal intentionnée de données personnelles plus ou moins sensibles, comme létat civil, le numéro de téléphone, ladresse email, les mots de passe ou les numéros de compte et de carte bancaire.
A lheure où nombre de personnes transfèrent une partie de leur vie sociale et professionnelle sur internet, et où les alertes sur le phishing - cette technique permettant justement de subtiliser par la ruse des données personnelles - se multiplient, ce type de service peut incontestablement séduire.
... mais inopérante contre la fraude à la carte bancaire
Problème : en creusant un peu, on se rend compte que les garanties proposées par les banques en ligne ne protègent pas, en fait, contre l'usurpation des identifiants de carte bancaire. Les « débits consécutifs à lutilisation frauduleuse des moyens de paiement » figurent en effet sur la liste des sinistres non couverts par B Security. Et c'est aussi le cas pour les assurances « premium » dING Direct (facturée 25 euros par an) ou de Boursorama Banque (30 euros par an). Pas simple de s'y retrouver !
C'est d'autant plus dommage que cette utilisation frauduleuse du numéro de carte bancaire, dans le cadre d'achats en ligne et sans que la carte en elle-même n'ait été volée, représente lessentiel de la fraude financière ciblant les particuliers sur internet. Dans ce cas de figure, cest donc la réglementation, et elle seule, qui protège lusager, les banques ayant lobligation de rembourser les préjudices, à moins dêtre en mesure de prouver que leur client a été gravement négligent.
Lire sur le sujet : Dupé par un faux site bancaire, êtes-vous coupable de négligence ?
Assistance juridique et veille de le-réputation
Au final, ce que les banques en ligne vendent surtout, cest une assistance juridique en cas dusurpation didentité ou datteinte à le-réputation. On retrouve cette dimension dans les produits dING Direct et de Boursorama Banque, déjà cités, mais aussi dans le contrat Sécurité Plus de BNP Paribas, proposé par sa marque de banque en ligne, Hello bank.
Ainsi, dans le cas où un tiers utilise ses éléments didentification ou dauthentification, ladhérent de ces contrats est assisté par lassureur, qui linforme sur ses droits, sur les mesures nécessaires à la sauvegarde de ses intérêts et loriente le cas échéant vers un avocat. Dans le cas où il est insulté ou diffamé sur internet, il bénéficie en plus chez ING Direct dun service de nettoyage de données. Boursorama, de son côté, va plus loin en proposant un accès à un outil de veille sur internet. Des protections potentiellement utiles, mais dans des circonstances beaucoup plus exceptionnelles.
(1) ING Direct et Boursorama Banque, qui affichent la gratuité sur lassurance moyens de paiement de base, en proposent également des versions premium payantes.












