Le gouverneur de la Banque de France (BdF), François Villeroy de Galhau, a défendu mardi l'indépendance des banques centrales face aux politiques et prévenu qu'elles « ne peuvent faire de miracles », après les récentes et virulentes attaques de Donald Trump contre la Fed et la BCE.

« La politique monétaire doit être menée en complète indépendance », a affirmé le gouverneur, lors d'une conférence à Paris consacrée aux 75 ans des accords de Bretton Woods, à la veille de la réunion annuelle des ministres des Finances du G7 qui se tiendra mercredi et jeudi à Chantilly (Oise). « Cela signifie, en indépendance du pouvoir politique, bien sûr, ce que nous regrettons de devoir répéter », a-t-il souligné, sans citer explicitement Donald Trump qui exerce de fortes pressions sur Jerome Powell, le patron de la Banque centrale américaine (Fed), qui doit s'exprimer dans la soirée à Paris en conclusion de la conférence.

Donald Trump critique depuis des mois Jerome Powell pour avoir augmenté les taux d'intérêt aux Etats-Unis. Selon le président américain, sans ces hausses et l'assèchement progressif du programme massif de stimulation de l'économie lancé pendant la crise financière, l'économie américaine pourrait atteindre 4%, voire 5% de croissance – une envolée contestée par nombre d'économistes – et des indices boursiers beaucoup plus élevés.

Pour un « nouveau multilatéralisme »

François Villeroy de Galhau a également répondu indirectement au président américain qui a accusé la Banque centrale européenne (BCE) de manipulation des taux de change. « Les politiques monétaires dans les principales économies sont guidées uniquement par leur mandat (...). Elles ne visent pas les taux de change », a-t-il assuré.

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Il s'en est pris également au protectionnisme que les Etats-Unis refusent de condamner depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2017. « Le protectionnisme ne résout aucun problème. Le bilatéralisme ne peut pas régler les déséquilibres bilatéraux et encore moins les déséquilibres mondiaux », a-t-il prévenu. Le gouverneur a plaidé, au contraire, pour un « nouveau multilatéralisme » afin notamment « d'améliorer le fonctionnement de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ».