Le scepticisme est une caractéristique bien connue de lesprit français. La banque britannique HSBC, qui publie les résultats dune étude mondiale intitulée « Confiance et technologies » (1), en apporte une nouvelle preuve. Parmi les 11 nationalités sondées, les Français sont parmi les moins convaincus des bienfaits des nouvelles technologies : ils ne sont ainsi que 41% à penser que les progrès technologiques rendront le monde meilleur, loin de la moyenne mondiale : 67%.
Cet état desprit se retrouve dans leurs usages bancaires. Ils ne sont que 28% à penser qu'un développement de loffre de services bancaires reposant sur la technologie permettra d'améliorer les services aux clients. Dailleurs, seul un Français sur deux (55% pour être précis) a recours aux services bancaires en ligne pour gérer son argent, et seulement 30% au smartphone ou la tablette.
Les tricolores restent aussi attachés aux méthodes traditionnelles dauthentification : 62% ont recours à des mots de passe, 57% utilisent des codes secrets et seulement 37% sont « prêts à faire confiance à la technologie par empreinte digitale pour remplacer leur mot de passe ». Ce qui ne signifie pas quils ne sont pas au fait des nouvelles technologies : seuls 3% n'ont jamais entendu parler de la biométrie digitale, et 5% méconnaissent la reconnaissance vocale.
Le facteur humain prime encore
De manière générale, note létude HSBC, « les Français ont tendance à faire confiance aux technologies quils connaissent et utilisent régulièrement ». Leur confiance dans la biométrie digitale progresse ainsi instantanément de 6 points après avoir lu une brève description du service. Ils sont aussi plus réticents que les autres nationalités à lidée de délaisser totalement le facteur humain. La possibilité, par exemple, quun programme informatique soit capable de prodiguer des conseils plus précis que des êtres humains ne convainc que 22% dentre eux.
Les Français, toutefois, sont paradoxaux. Peu enclins à accorder leur confiance, ils se révèlent pourtant moins préoccupées que le reste du monde par les questions de sécurité liées aux technologies. « Moins de 41% des Français se disent très ou extrêmement préoccupés par les fuites de données et [ils] sont les moins susceptibles de changer de prestataire bancaire dans le cas où leur compte en banque aurait été piraté et leur argent volé (42%) », note HSBC.
(1) Etude menée en ligne en mars 2017 par Ipsos MORI pour le compte de HSBC et Bell Pottinger sur un panel représentatif d'adultes âgés de 18 à 65 ans répartis dans 11 pays. Plus de 1 000 personnes ont été interrogées dans chacun de ces pays, à l'exception du Royaume-Uni, où le panel représentatif était constitué de 2 000 personnes.


















