Dans l’univers des banques en ligne, la filiale de BNP Paribas marque sa différence en refusant d’évoluer vers un modèle de banque généraliste. Explications avec Benoît Gommard, directeur général de Cortal Consors.

Quel est, dans ses grandes lignes, l’historique de la marque Cortal Consors ?

« Cortal est née en France en 1984. Nous sommes encore jeunes mais néanmoins la banque en ligne la plus ancienne. Notre premier produit a été le Compte Optimal, premier compte chèque rémunéré en France. Au milieu des années 90, nous avons ensuite lancé notre activité de bourse en ligne et la Centrale des Sicav, qui rassemble dans une même banque l’ensemble des Sicav du marché, à prix réduits. C’était également une première en Europe. Nous avons aussi mis en place un service de conseil personnalisé par téléphone, pour aider nos clients à choisir leur Sicav. En 2002, nous avons fusionné avec Consors, un courtier allemand, ce qui fait de nous la seule banque franco-allemande, sur un pied d’égalité dans les deux pays. Enfin, nous avons élargi notre offre au livret d’épargne en 2004. »

Combien comptez-vous de clients actuellement en France ?

« Nous avons aujourd’hui environ 550.000 clients, dont 300.000 clients en direct et le reste en BtoB. Nous traitons par exemple les passages d’ordre en bourse pour Axa Banque. »

Comment définiriez-vous le concept de Cortal Consors ?

« Nous sommes une banque directe spécialisée dans les investissements, à destination d’une clientèle aisée. Nous sommes comme la Samaritaine : on trouve tous les supports chez Cortal Consors, et nous devons être compétitifs sur tout. Notre objectif est d’être reconnu comme le spécialiste des produits de placement, comme Décathlon l’est pour les équipements sportifs. Autre marqueur différenciant par rapport aux autres banques en ligne : le conseil. Nous avons une équipe de 150 conseillers en gestion de patrimoine et en investissements, formés et agréés. »

Vous considérez-vous aujourd’hui comme un concurrent des banques en ligne low-cost, comme Boursorama ou ING Direct ?

« Nous avons des points communs avec d’autres banques en ligne : avec ING Direct pour le livret d’épargne, avec Boursorama pour la bourse... Mais nous n’évoluons pas vers un modèle de banque généraliste. Nous pensons que les marques spécialisées ont plus d’avenir, qu’elles sont plus appréciées des Français. Nous préférons nous concentrer sur l’épargne et éventuellement les moyens de paiement, sans nous disperser. »

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Vous semblez néanmoins de plus en plus ouvert au grand public, notamment dans votre communication...

« Oui, ce choix ne nous empêche pas de nous adresser à une clientèle assez large. Nous visons en gros tous les particuliers qui possèdent plus de 20.000 euros d’actifs ou plus de 3.000 euros de revenus mensuels. Nous ne sommes donc pas une banque privée. »

Quel est votre degré d’autonomie par rapport à BNP Paribas, votre maison-mère ? La marque est très présente sur le site de Cortal Consors, plus que chez vos concurrents...

« Nous sommes indépendants. Un onglet de notre site renvoie en effet vers des produits BNP Paribas, comme le crédit immobilier ou la Net-Agence. Mais nous sommes libres, dans notre sélection de produits financiers, de traiter avec toutes les banques. »

Comment envisagez-vous l’évolution du marché de la banque en ligne ?

« Le marché bancaire en général se cherche un peu aujourd’hui. Il y a, pour résumer, deux catégories de clientèle. La première est née avec les banques à réseaux et pour elle, une banque c’est d’abord une agence. Ces banques, qui plus est, offre en France un très bon niveau de service. Une seconde clientèle, plus jeune, plus éduquée, plus riche aussi, va par contre être attirée par une relation bancaire à distance. Il faudra attendre d’observer le comportement de ces jeunes qui ont un peu d’argent pour déterminer les futures parts de marché. »