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Fortuneo

Banque en ligne : Boursorama veut « éviter les clients fantômes »

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Benoît Grisoni (Boursorama Banque)
Benoît Grisoni, directeur de Boursorama Banque

Avec environ 20% du marché, Boursorama est aujourd'hui le leader français de la banque en ligne. Benoît Grisoni, son directeur, revient sur l’histoire de sa marque, et tente de définir sa spécificité par rapport aux autres banques en ligne. Entretien.

Benoît Grisoni, de courtier en ligne, Boursorama est devenu en un peu plus de 10 ans le leader français de la banque sur Internet. Quelles ont été les étapes de cette évolution ?

A l’origine, fin des années 1990, nous étions effectivement des courtiers en ligne, sous la marque Fimatex. Nous avons ensuite racheté le portail d’informations boursières Boursorama, vers 2002, au moment de la bulle Internet. Notre diversification s’est poursuivie avec l’épargne. Nous avons été les premiers à proposer des OPCVM sans droit d'entrée, puis une assurance-vie en ligne, toujours sans droit d'entrée. L'idée était de proposer à nos clients des alternatives pour diversifier leur patrimoine. Enfin, en 2006, nous avons racheté Caixa Bank, filiale française de la banque espagnole, que nous avons progressivement transformée en banque en ligne. En 2008, nous sommes finalement parvenus à notre modèle actuel : une banque au quotidien innovante, avec des frais très réduits.

Cette chronologie bourse-épargne-banque est assez originale…

La bourse est une activité assez volatile, et nous avons senti assez vite que la croissance des investisseurs particuliers en France ne serait pas aussi forte que ce qui avait été planifié au début des années 2000. Nous avions donc l'obligation de nous diversifier, pour nous solidifier. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de répondre aux besoins principaux de nos clients, avec un large catalogue de produits. Exemple : le client boursier a forcément besoin d'une carte bancaire, pour régler ses achats du quotidien. De la même façon, le client venu pour la banque va, tôt ou tard, nous demander de l'accompagner sur son épargne moyen-terme.

Combien pèse aujourd’hui la banque dans votre activité ?

50% environ. Le courtage représente de son côté 45% de notre PNB (Produit net bancaire), et la publicité générée par le portail Boursorama autour de 6%. C'est un mixte assez équilibré. En 2010, nous avons recruté environ 65.000 nouveaux clients, sur un total, aujourd’hui, de 330.000. Cela correspond au coup d'accélérateur que nous avons choisi de donner, en terme de marketing, pour sonder le marché et vérifier qu'il y avait bien une demande pour nos produits. Aujourd'hui, nous sommes satisfaits de ces chiffres.

Contrairement à vos concurrents, vous n’utilisez pas le livret d’épargne comme produit d’appel ? Pourquoi ce choix ?

Effectivement, c’est une différence fondamentale, nous n'avons jamais proposé de taux promotionnel sur notre livret. Notre produit d'appel a plutôt été la carte bancaire gratuite, que nous avons été les premiers à proposer, dès octobre 2008. Nous avons voulu éviter de recruter une clientèle trop opportuniste, qui passe d'un livret à l'autre, au gré des offres. La carte est une base de relation plus durable. Nous sommes attachés à la qualité des comptes qu'on ouvre, on ne veut pas avoir de clients fantômes. Ceci dit, il n'est pas impossible qu'on essaie, dans le futur, des offres originales sur notre livret, comme Monabanq ou Cortal Consors peuvent le faire. Mais je ne pense pas que nous irons vers des taux promo à 5%. A chacun sa stratégie : c'est bien qu'il y ait une variété d'offres.

Le marché de la banque en ligne est-il, selon vous, parvenu à maturité ?

En tout cas, nous sommes convaincus que notre offre bancaire correspond aux attentes de certains. Cela va au delà de la simple question des frais. Il y a aussi la disponibilité du service, et l’autonomie du client. Aujourd'hui, une partie de la population a autre chose à faire que de se rendre dans une agence bancaire à 14h30 le mardi. Ceux-là attendent qu'on leur donne la possibilité de faire beaucoup de choses par eux-mêmes, quand ils le veulent. Les banques traditionnelles l’ont d’ailleurs bien compris, en faisant évoluer leur relation clients en agence, et en proposant de plus en plus de services sur Internet. Nous, notre impératif est de conserver notre avance dans le domaine.

Cela passe par une quête permanente de l’innovation…

En effet, on essaie sans cesse de proposer des services nouveaux, mais surtout pratiques pour nos clients. C'est ce que nous avons fait, récemment, avec la carte bancaire, en proposant, par exemple, la consultation en temps réel de votre situation par rapport à votre plafond de retrait. Plus récemment, nous avons développé le Money Center, un outil de gestion de finances personnelles, qui permet de réunir en une même interface les données issues de tous vos comptes bancaires, y compris ceux qui ne sont pas domiciliés chez nous.

Comment voyez-vous le marché de la banque sur internet dans dix ans ?

Je pense qu’il restera encore longtemps très minoritaire. Mais à terme, dans 10 ou 15 ans, je pense que les différences entre banque traditionnelle et banque en ligne disparaîtront, que les différents modèles fusionneront. En attendant, si on peut rester leader de notre marché, ce sera toujours intéressant.

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© cbanque.com / Vincent Mignot / Mai 2011

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