Gestion de fortune : BNP Paribas implante un « family office » à Rennes

De g. à d. : Yann Martin, Pierre de Pellegars, Frédérique Rabier-Hamon (BNP Paribas)
© cBanque - VM - Mars 2014

Longtemps centralisée à Paris, l’activité de gestion de fortune de BNP Paribas se déploie depuis 2010 dans les grandes villes de province. Après Bordeaux, Toulouse, Lyon ou Lille, notamment, la banque vient d’inaugurer un nouvel espace dédié à une clientèle très haut de gamme, dans le centre de Rennes.

C’est une petite rue discrète du centre historique de Rennes, tout en pavés et maisons à pans de bois, à deux pas de l’office de tourisme de la capitale bretonne. Un grand portail vitré s’ouvre sur un espace récemment rénové, au luxe discret, adjacent à l’ancien siège de la Banque de Bretagne, enseigne régionale récemment absorbée par BNP Paribas. C’est ici que la banque parisienne reçoit depuis quelque mois déjà sa clientèle haut de gamme - plus de 5 millions d’euros d’actifs dans les livres de la banque - venue de Bretagne, mais aussi des Pays de la Loire et du Centre-ouest.

Longtemps centralisée à Paris, la gestion de fortune de BNP Paribas se décline en effet depuis 2010 en régions. Rennes est ainsi la huitième ville française à bénéficier de ce type d’implantation, après Bordeaux, Lyon ou Lille, notamment. « Cela répond à un réel besoin d’expertise en proximité pour ces clients aux besoins très spécifiques », justifie Frédérique Rabier-Hamon (photo, à droite), directrice du réseau Ouest de BNP Paribas, à l’occasion de l’inauguration officielle du lieu. C’est aussi une réponse aux mouvements de la concurrence, Société Générale et HSBC notamment, qui ont également entrepris d’ouvrir des « family offices » en province.

De l’ingénierie patrimoniale à la philanthropie

Le choix de Rennes pour cette nouvelle implantation, plutôt que Nantes (1) par exemple, n’est pas tout à fait un hasard. Elle intervient en effet deux ans et demi à peine après l’absorption par BNP Paribas de la Banque de Bretagne, enseigne régionale centenaire. A cette occasion, la banque parisienne a récupéré dans son portefeuille des clients fortunés, le plus souvent des entrepreneurs locaux, patrons de PME ou d’ETI. Tous ne sont pas disposés à confier à des banquiers basés à Paris la gestion de leurs actifs.

Lire par ailleurs : BNP Paribas - Banque de Bretagne : naissance d’une nouvelle enseigne bancaire

A ceux-là, BNP Paribas propose donc, depuis Rennes, un large éventail d’expertises et de services taillés sur mesure. « De l’ingénierie patrimoniale, une sélection de produits d’investissements, de la structuration de crédits, très importante dans la gestion de fortune », détaille Pierre de Pellegars (photo, au centre), le responsable de la gestion de fortune au sein de BNP Paribas Banque Privée. Mais aussi des services non-financiers. Les familles fortunées ont ainsi accès à des conseils d’investissement dans les œuvres d’arts ou le foncier rural (vignes, forêts, etc.). Elles disposent également d’une agence immobilière spécialisée dans les biens d’exceptions, « hors marché ».

Plus original, elles peuvent s’appuyer sur une Fondation créée par BNP Paribas pour leurs activités de philanthropie. « C’est un thème qui est de plus en plus souvent abordé par nos clients », explique Pierre de Pellegars. « Leur souhait premier est de transmettre, à leurs descendants, mais aussi à la société. Ils ont envie de laisser une trace. » Enfin, BNP Paribas a mis en place un dispositif baptisé « Famille et Patrimoine » : la banque accueille les enfants de leurs clients, durant une journée, pour les former aux fondamentaux de la gestion patrimoniale.

Un petit cœur de cible

L’équipe rennaise, composée de 4 personnes - deux banquiers privés, dont un spécialisé dans la cession et la transmission d’entreprise, un ingénieur patrimonial et une assistante commerciale -, s’occupe actuellement d’une trentaine de familles, dont un tiers de nouveaux clients, pour un encours total de 180 millions d’euros. Elle compte toutefois développer ce portefeuille, en s’appuyant en premier lieu sur le réseau de BNP Paribas, en banque privée et banque d’entreprises. Mais, à 5 millions d’euros le ticket d’entrée, le service s'adresse « à un petit cœur de cible », confirme Yann Martin (photo, à gauche), qui dirige l’équipe rennaise. « La gestion de fortune est un produit de luxe, qui a un coût important », poursuit-il. « Il faut donc un certain niveau d’actifs pour pouvoir le rentabiliser ».

(1) L’implantation d’une entité gestion de fortune à Nantes est toutefois à l’étude.

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