BNP Paribas a officialisé, ce matin à Rennes, l’absorption de sa filiale régionale Banque de Bretagne, et la création d’une nouvelle enseigne commune. Objectif de l’opération : améliorer la visibilité de BNP Paribas en Bretagne et renforcer sa position auprès de la clientèle professionnelle.

Née en 1909, la Banque de Bretagne n’est plus, tout au moins en tant que banque de plein exercice. Le 1er octobre 2011, la banque régionale, présente dans les quatre départements de la Bretagne administrative, a été absorbée juridiquement par sa maison-mère, BNP Paribas, qui l’avait rachetée en 1989. Le processus d’intégration sera définitivement finalisé en juin prochain, lorsque les deux systèmes informatiques, et donc les deux clientèles, auront fusionné.

Pour autant, la marque « Banque de Bretagne » va survivre. BNP Paribas a en effet choisi d’accoler les noms des deux banques dans une nouvelle enseigne, BNP Paribas - Banque de Bretagne. « Les clients et les salariés de la Banque de Bretagne sont très attachés à ce nom. Et les clients bretons de BNP Paribas sont contents de son ajout au nom de leur banque », explique Marie-Claire Capobianco, directrice des réseaux France de BNP Paribas, qui a également assuré que la nouvelle enseigne était « pérenne ».

« Adjonction de force »

Cette régionalisation de la marque est une première pour BNP Paribas. Il est toutefois peu probable que la formule soit reprise ailleurs. Pour Marie-Claire Capobianco, « le contexte breton, avec l’existence d’une filiale et un fort attachement régional, s’y prêtait particulièrement ». « Il s’agit d’une adjonction de force », estime de son côté Frédérique Rabier-Hamon, directrice du réseau Ouest de BNP Paribas. « Nous profitons de l’ancrage régional de la Banque de Bretagne, qui profite de l’envergure internationale et de l’expertise de BNP Paribas. »

La fusion des deux réseaux sous la nouvelle enseigne devrait être achevée d’ici à la fin 2012, pour atteindre 101 agences, dont 7 nouvellement créées. Soit 23 agences de moins que les deux réseaux actuels additionnés. « Lorsqu’il existait une agence Banque de Bretagne et une autre BNP Paribas dans un rayon de moins de 500 mètres, nous les avons rassemblées en une seule », précise Frédérique Rabier-Hamon. Moins d’agences donc, mais des effectifs stables : pour compenser les départs volontaires, certains salariés basés auparavant en région parisienne ont été mutés en Bretagne, dans la région rennaise. Il s’agit notamment de postes de conseillers spécialisés dans la clientèle jeune, les professions libérales ou le conseil patrimonial.

Modernisation du réseau

En terme d’image, BNP Paribas va gagner une nouvelle visibilité dans les petites villes bretonnes, en particulier dans le centre de la région où la Banque de Bretagne est très bien implantée. Elle va en profiter pour moderniser ses agences, en généralisant par exemple les guichets automatiques accessibles le soir jusqu’à 22 heures. La facture sera de 38 millions d’euros, sur un coût total de la fusion estimé à un peu plus de 100 millions d’euros.

Dans le même temps, les clients des deux banques seront progressivement rééquipés en moyens de paiement, cartes et chéquiers, aux couleurs de la nouvelle enseigne. D’après Frédérique Rabier-Hamon, les anciens clients de la Banque de Bretagne continueront par ailleurs à profiter des mêmes conditions tarifaires. Le nouvel ensemble va également mettre en place un « RIB unique » qui permettra à un client BNP Paribas de transférer son compte dans une agence bretonne sans avoir à changer de numéro de compte.

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Entreprises et banque privée

Quels sont les objectifs commerciaux poursuivis par BNP Paribas avec cette intégration ? La banque espère évidemment développer sa clientèle, forte aujourd’hui de 260.000 clients particuliers et professionnels, plus 5.000 entreprises. C’est d’ailleurs sur les TPE et les PME, deux segments où la Banque de Bretagne est déjà bien positionnée, que la nouvelle enseigne va accentuer l’effort.

Les quatre départements bretons disposeront chacun d’une maison des entrepreneurs, dédiée aux entreprises moyennes (entre 7,5 et 50 millions d’euros de chiffre d’affaire). « BNP Paribas va mettre à leur disposition son expertise dans les domaine du développement à l’international ou du financement structuré », promet Marie-Claire Capobianco. Autre axe de développement, la banque privée. Neuf centres spécialisés, installés dans les principales villes de la région, seront prochainement opérationnels. Des postes d’experts (59 au total) dans le domaine de la gestion de patrimoine vont y être créés.

Par contre, la conquête de nouveaux clients particuliers s’annonce plus compliquée. « La situation en Bretagne est très spécifique, avec des acteurs mutualistes puissants, qui détiennent 75% du marché », analyse Jean-Claude Lallemand, le directeur de la Banque de Bretagne. « Il reste 25% pour les six autres grands réseaux bancaires, parmi lesquels BNP Paribas-Banque de Bretagne compte être un acteur significatif. » BNP Paribas - Banque de Bretagne détient aujourd’hui une part de marché d’environ 10%.