Pour commencer 2020 sous de bons auspices, les plus motivés d’entre vous vont probablement profiter de ce début d’année pour procéder à quelques ajustements de leur budget. Voici une liste non-exhaustive des optimisations possibles.

En 2020, vous souhaitez devenir propriétaire de votre logement, changer de voiture, amorcer la préparation de votre retraite ou bien épargner pour vos enfants ? Autant de projets qui nécessitent de l'anticipation, d’être budgétisés en amont pour ne pas mettre à mal vos finances. Pour dégager de la trésorerie, vous pouvez probablement procéder à quelques ajustements et ainsi baisser vos charges fixes. Voilà 10 idées pour y parvenir.

1. Faites le point sur vos frais bancaires

Vous avez ou allez bientôt recevoir votre relevé de compte du mois passé. Celui-ci contiendra un récapitulatif de vos frais bancaires acquittés l'an dernier. Regardez-le attentivement : vous pourriez être surpris par leur montant total. Effectivement, en fonction de votre profil et de l’usage de votre compte bancaire, la facture globale peut dépasser dans certains établissements 500 euros par an, d’après la dernière étude du comparateur Meilleurebanque.com. Compte tenu de ces disparités tarifaires, vous pouvez réellement faire des économies en faisant jouer la concurrence. En règle générale, les banques en ligne prennent moins de frais bancaires. Donc si le suivi à distance de votre compte vous convient, 2020 est peut-être l’occasion pour vous de tester une ou plusieurs banques à distance.

Voir notre classement des banques les moins chères

2. Ajustez votre compte en banque à vos besoins

Toutefois, en fonction de votre situation, vous ne pourrez pas toujours changer de banque. Par exemple, pour obtenir votre crédit immobilier, vous avez probablement accepté de domicilier vos revenus dans l’établissement qui vous l’a octroyé. Dans ce cas, il reste tout de même possible d’abaisser vos frais bancaires. Comment ? En changeant de formule de compte. Il n’est en effet pas rare que les conseillers bancaires incitent les clients à prendre une offre groupée de services. Or, ces packages sont rarement avantageux. Ils intègrent en effet régulièrement des services dont l’utilité est toute relative, à l’image de l’assurance perte et vol des moyens de paiement. De fait, passer à un compte où vous ne paierez que les services que vous utilisez vraiment se révèle souvent plus économique.

Par ailleurs, les banques traditionnelles sont de plus en plus nombreuses à lancer des offres basiques et peu onéreuses. C’est le cas au Crédit Agricole avec le compte Eko, à la Caisse d’Epargne avec Enjoy, chez LCL avec LCL Essentiel, ou encore de Ma French Bank de La Banque Postale. Tous ces comptes sont facturés 2 euros par mois ! Attention toutefois, ces offres sont limitées : carte à autorisation systématique, pas de découvert possible… Pas sûr qu’elles s'adaptent à vos besoins.

3. Électricité, gaz et chauffage : vérifiez votre éligibilité au chèque énergie

Outre les frais bancaires, d’autres charges incompressibles pèsent sur votre budget : énergie, fournisseur d’accès à internet, téléphonie ou encore vos diverses assurances (habitation, auto…).

S’agissant des fournisseurs d’énergie, le montant de la cotisation initiale repose souvent sur des estimations de votre consommation réalisées au moment de la souscription. Celles-ci sont plus ou moins fines. Il suffit de vous être équipé pendant l'année de nouvelles machines pour que cela ait une incidence sur votre consommation énergétique. Résultat, en fin d’année, si vous avez sous-estimé vos besoins, il est possible que la facture de régularisation soit conséquente, remettant parfois en cause l’intérêt financier de la formule choisie. Pour rappel, pour comparer deux fournisseurs, il faut tenir compte avant tout du prix du kilowattheure et de l’abonnement, et non des mensualités mises en avant par l’organisme. Celles-ci reposant sur des hypothèses de consommation.

Voir Les 4 infos à avoir sous la main pour changer de fournisseur d'électricité

Si vous avez un compteur connecté (Linky), vous avez la possibilité de suivre votre consommation en temps réel, ce qui dans l’optique de surveiller vos dépenses peut s’avérer une aide précieuse.

Pour diminuer votre facture énergétique, en complément de la mise en concurrence des opérateurs, n’oubliez pas non plus de tester votre éligibilité au chèque énergie. Cette aide a été élargie en 2019. Désormais près de 5,8 millions de ménages peuvent la demander pour un montant moyen de 200 euros. Un coup de pouce pas négligeable donc… mais un coup de pouce auquel les ménages ne pensent que rarement. En 2018, d’après un rapport de la Cour des comptes, un quart des foyers éligibles ne l’a pas demandé.

4. Téléphonie et internet : profitez des offres promotionnelles avec vigilance

Quant aux opérateurs internet et de téléphonie, ces derniers font ponctuellement des offres promotionnelles pour attirer de nouveaux clients. Renseignez-vous, c’est peut-être le cas actuellement. Mais attention aux conditions sous-jacentes qui peuvent exister, comme l’obligation de s’engager sur une durée longue. Vérifiez également que votre nouveau fournisseur d’accès à internet vous rembourse les frais de résiliation de votre précédent contrat… Ces frais pouvant limiter l’intérêt de changer d’offre.

Faites également le point sur les services inclus dans vos abonnements internet et téléphone mobile : les opérateurs ont parfois tendance à ajouter de manière plus ou moins cavalière (envoi d'un SMS vous informant d'un ajout de service « sauf avis contraire de votre part ») des options sur votre forfait. Enfin, la concurrence étant forte sur ce segment, les opérateurs mobiles font fréquemment évoluer leurs offres, avec notamment davantage de Giga Octets d’internet, pour un prix inchangé. Une amélioration qui ne concerne souvent que les nouveaux clients. D'où l'intérêt de regarder ailleurs, d'autant plus que la procédure de portabilité du numéro rend l'opération de changement d'opérateur très simple.

5. Assurances MRH, auto, emprunteur : faites jouer la concurrence

De la même manière qu’il est pertinent de faire le point sur les abonnements auxquels vous avez souscrits, il peut être intéressant de se remémorer le prix et les garanties de ses assurances. L’assurance habitation, notamment, est un contrat qui doit évoluer au fil de votre situation. En cas de détérioration ou de vol de vos effets personnels, l’assureur se base sur la dernière valeur des biens que vous avez indiquée pour calculer votre indemnisation. Du coup si, durant les derniers mois, vous avez acheté une nouvelle TV, acquis des meubles plus onéreux ou encore reçu des bijoux de valeur, il est conseillé d’en informer votre courtier ou votre assureur pour qu’il mette à jour votre contrat.

Plus généralement et même si votre situation n’a pas bougé par rapport à l’an passé, il reste pertinent de se pencher sur son budget assurances. Car, chaque année ou presque, les assureurs réévaluent leur coût. Pour 2020, le cabinet spécialisé Fact&Figures anticipe des hausses de 1% à 2% pour les contrats multirisques habitation et pour les assurances automobiles. Il s’agit d’augmentations moyennes ! Votre compagnie d’assurance peut donc vous appliquer un surcoût plus important. D’où l’intérêt de regarder de temps en temps la politique tarifaire des concurrents. Pour rappel, au bout d’un an, vous pouvez résilier à tout moment vos assurances automobile ou habitation.

Consulter nos comparateurs pour l'assurance auto et l'assurance habitation

Concernant l’assurance emprunteur, incontournable pour un prêt immobilier, la fenêtre de tir est plus réduite. Il est possible d’en changer uniquement à la date anniversaire de la signature de l’offre de prêt. Compte tenu de la faiblesse des taux, l’assurance emprunteur devient potentiellement le principal poste d’économies concernant le crédit immobilier. En pratique, la délégation d’assurance implique le plus souvent de basculer d’un contrat bancaire – celui de la banque qui vous octroie le prêt – à une formule individuelle dont le prix oscille en fonction de vos caractéristiques propres. Concrètement, si vous êtes jeune, en bonne santé, que vous ne fumez pas et que votre métier est sans risque, vous gagnerez vraisemblablement à faire jouer la concurrence.

6. Prévoir vos dépenses et recettes : budgétisez votre mois !

Une fois que vous avez fait le point sur vos charges fixes (dépenses précédemment évoquées, mais aussi loyer, alimentation, garderie, transport…), soustrayez-les à vos revenus mensuels. Vous saurez ainsi combien il vous reste pour vos loisirs et comme épargne potentielle. Une épargne généralement essentielle pour concrétiser vos projets.

Pour parvenir à mettre suffisamment de côté, plusieurs outils peuvent être utilisés, telles les tirelires en ligne ou, pour ceux qui préfèrent le papier et le stylo, la méthode japonaise du Kakebo. Cette dernière consiste à lister sur un carnet en début de mois les dépenses prévues, à les classer en 4 catégories (la survie, la culture, les imprévus et le facultatif) et à se fixer des objectifs écrits (diminuer tel poste de dépense, économiser tel montant...). Les nouvelles dépenses sont ajoutées au fil de l’eau, ce qui fait qu’à la fin de mois le calcul du solde et le suivi de ses objectifs sont facilités.

Pour aller plus loin : Reste à vivre : comment maîtriser son budget

7. Épargnez régulièrement

Et concrètement, quel objectif d’épargne vous fixer ? L’association Crésus, qui vient en aide aux personnes endettées, recommande de mettre chaque mois 10% de ses revenus de côté. Dans un premier temps, cette somme sert à se confectionner une épargne de précaution. C’est-à-dire un petit pécule facilement mobilisable en cas de coup dur. Dans un second temps, une fois que l’épargne de précaution atteint 3 à 6 mois de salaire, les 10% mensuels économisés vous permettent de financer vos projets.

Voir également : Combien laisser sur son compte courant ?

8. Adaptez les produits d’épargne à vos projets

De par son utilité – permettre de faire face à une dépense imprévue – l’épargne de précaution doit être logée sur un livret d’épargne réglementée (Livret A, LDDS ou LEP) ou sur un livret bancaire, qui lui est fiscalisé. Si ce n’est pour profiter d’une offre de bienvenue, il est actuellement préférable, compte tenu de l’environnement de taux bas, de privilégier un livret défiscalisé.

Ensuite, pour vos projets à moyen terme (voyage, achat immobilier, changement de voiture…), vous pouvez ouvrir une assurance vie. Privilégiez alors les supports peu ou pas risqués. En revanche, pour les projets à plus long terme, comme la préparation de la retraite, intégrer quelques unités de compte à votre contrat peut vous permettre de dynamiser votre épargne. Quel que soit le sens que vous voulez donner à vos économies, évitez de souscrire aux assurances vie grand public des banques traditionnelles… Celles-ci figurent traditionnellement en bas des palmarès de rendements et supportent des frais importants.

Quant aux portefeuilles boursiers, ce sont donc des produits de long voire très long terme (10 ans, 15 ans... ou plus). Les comptes-titres et PEA ne s’adressent qu’aux investisseurs pouvant y consacrer une somme d’argent dédiée, dont ils n’ont pas besoin pour réaliser un projet spécifique.

9. Remplacez le PEL par le PER

Pour votre épargne de long terme, pensez également au nouveau Plan d’épargne retraite (PER). Lancée le 1er octobre dernier, cette nouvelle enveloppe permet notamment une sortie totale en capital, ce qui n’était pas possible avec un Perp ou un contrat Madelin. Outre la préparation de la retraite, les conseillers patrimoniaux voient un autre intérêt à ouvrir un PER : l’utiliser comme un produit d’épargne-logement pour votre enfant en remplacement du PEL. L’achat d’une résidence principale est en effet l’un des cas de déblocage anticipé du PER. Et, par rapport au PEL et son taux de 1% fiscalisé, le PER est potentiellement plus rémunérateur. Pour les parents, il dispose d’un avantage supplémentaire : les versements sont déductibles du revenu imposable du foyer fiscal.

10. Impôt sur le revenu : pensez à actualiser votre situation

Le 1er janvier 2020, le prélèvement à la source va fêter son premier anniversaire. Si celui-ci facilite la gestion de votre budget – le paiement de l’impôt sur le revenu étant mieux réparti dans l’année –, il nécessite toutefois une gestion minimale de votre part. En cas de changement de votre situation familiale (mariage, divorce, naissance…) ou financière (baisse ou hausse de salaire), il est ainsi pertinent de mettre rapidement à jour votre taux d’imposition sur votre espace personnel. Si vous ne signalez pas les modifications au fisc, vous risquez de payer trop et d’attendre plusieurs mois avant de vous faire rembourser (en cas d’un trop payé en 2020, les impôts vous rembourseront à l’été 2021). A l’inverse, si vos revenus ont progressé sans que vous l’ayez rapporté au fisc, vous pourrez avoir une mauvaise surprise au printemps après avoir rempli votre déclaration de revenus.

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