Frais de tenue de compte, commissions dintervention : des frais qui fâchent
Dans son dernier hors-série Argent publié cette semaine et consacré aux tarifs bancaires 2015, Que Choisir, le magazine édité par lassociation de consommateurs UFC, pointe notamment la généralisation « depuis une dizaine dannées » des frais de tenue de compte, facturés par un nombre croissant de banques. En nous appuyant sur notre propre comparatif des tarifs en France, nous avons également examiné à la loupe lévolution de ce phénomène sur les trois dernières années. Confirmation : le nombre de banques facturant le simple fait de posséder un compte courant chez elles explose bien. Au 1er mars 2015, elles ne sont plus que 26 enseignes, sur un panel de 113, à faire limpasse sur ces frais, dont la quasi-totalité des banques 100% en ligne, BNP Paribas et une poignée de banques régionales mutualistes. Quant aux prix pratiqués, ils tendent à diminuer en moyenne (20,93 euros par an en mars 2015), les dernières banques à avoir introduit cette ligne tarifaire ayant tendance à la faire payer moins cher.
Autre sujet qui fâche : les commissions dintervention. En décidant de plafonner le montant de ces frais prélevés par les banques en cas de découvert ou de dépassement dautorisation de découvert, le gouvernement a contribué à les légitimer et les pérenniser. Pourtant, leur nature exacte continue à faire lobjet de controverse, y compris devant la justice : sagit-il de commissions de service, rémunérant lintervention du conseiller bancaire qui autorise ou rejette lopération ? Ou dun supplément dintérêts déguisés, auquel cas elles doivent être prises en compte dans le calcul du TEG appliqué au découvert ? A partir dun cas récemment tranché par la Cour dappel de Bordeaux, nous avons fait le point cette semaine sur la jurisprudence en matière de commissions dintervention.
Le droit à loubli pour les victimes de cancer, un « pas décisif » ou un « trompe-lil » ?
Peut-on encore accéder au crédit lorsquon a été victime dun cancer ? Cette semaine, les pouvoirs publics ont signé avec les banques et les assureurs un protocole daccord sur le droit à loubli, qui donnera lieu à court terme à un avenant à la convention Aeras. En résumé, les personnes victimes dun cancer avant lâge de 15 ans ou en rémission depuis au moins 15 ans nauront plus à déclarer cette maladie à leur assureur au moment, par exemple, de souscrire une assurance de prêt. Un « pas décisif » salué par le président François Hollande, qui pourrait être étendu prochainement à dautres pathologies graves.
Tous, toutefois, ne partagent pas lenthousiasme du chef de lEtat. LUFC, encore elle, a immédiatement réagi à lannonce en dénonçant un « engagement en trompe-lil » et en demandant linstauration dun véritable droit à loubli, et non dun « pastiche ». Lassociation de consommateurs reproche notamment au protocole son imprécision sur certains points et son caractère peu contraignant pour les assureurs.
Le crowdfunding en France, un cadre encore provisoire
La finance participative est en plein boom en France depuis la mise en place en octobre dernier dun cadre réglementaire. Il ne se passe donc pas une semaine sans quun nouvel acteur, une nouvelle plateforme fasse son apparition, quitte à aller se nicher dans le moindre interstice de ce nouveau marché. Cette semaine, nous avons par exemple évoqué lexistence de Propulss, un site qui se propose de mettre en relation des internautes susceptibles de se rassembler dans des sociétés civiles immobilières (SCI). Ce décollage donne dailleurs lieu, parfois, à un certain désordre. Récemment, les autorités de régulation du secteur financier, lACPR et lAMF, ont ainsi dû rappeler les règles dutilisation du label quelles délivrent aux plateformes enregistrées en France.
Le paysage réglementaire du crowdfunding en France est-il pour autant stabilisé ? Non, nous a répondu la juriste Valérie Le Fur, qui a dirigé un ouvrage sur la question. Elle explique notamment la nécessité dune réglementation à léchelle européenne pour permettre aux plateformes actuelles de sinternationaliser, et pronostique ladossement des principales plateformes aux banques classiques.
Dans lactualité de la semaine
- Marketing : les Youtubeurs au service de limage des banques
- Changement de banque : à quoi va ressembler le nouveau contrat de mobilité ?
- Paiement mobile : test à grande échelle pour Visa et quatre banques françaises
- Epargne : comment se porte le Perp ?
- Tracfin : les mouvements despèces de plus de 10.000 euros par mois sous surveillance systématique















