Le protocole de droit à loubli signé mardi 24 mars ? « Un engagement en trompe-lil », selon Maxime Chipoy, responsable des études à lUFC-Que Choisir. Dans un communiqué, lassociation de consommateurs revendique linstauration « dun véritable droit à loubli », et non dun « pastiche ».
Les deux premières propositions du protocole de droit à loubli, à propos de la non-déclaration des cancers survenus avant lâge de 15 ans et 5 ans après la fin du protocole thérapeutique et de tout type de pathologie cancéreuse 15 ans après la fin du protocole thérapeutique, « sont des progrès pour les candidats emprunteurs ». Toutefois, elles nimpliquent pas « de sacrifice pour les assureurs », précise Maxime Chipoy. Dans le premier cas, « cela concerne des clients de 20 ans, or peu de gens empruntent à cet âge-là, le coût est nul pour les assureurs ». Dans le second, « le problème est la définition du traitement, il y a une grande ambiguïté. Le traitement est-il par exemple la chimiothérapie qui dure 1 an, ou la prise de compléments alimentaires, beaucoup plus longue ? »
Un risque dexclusion plus fort
En revanche, lUFC-Que Choisir senflamme en ce qui concerne la troisième proposition, à savoir la mise en place dune liste de maladies comme grille de référence permettant dassurer au tarif normal des personnes ayant contracté certains cancers, dès la fin du protocole thérapeutique (inférieur à 15 ans) dans certaines conditions. « Ce nest pas un droit à loubli », martèle Maxime Chipoy. Lassociation estime quen mettant cette liste de maladies en place, pour lesquelles les assureurs sengagent à ne pas appliquer de surprime, « lopacité du système perdure : les assureurs pourront toujours trouver dautres arguments, médicaux ou non, pour justifier les sur-tarifications. Surtout, ils pourront toujours pratiquer des exclusions de garanties plus fortes pour les anciens malades ».
« Pas de preuve de son efficacité »
Quant à la convention Aeras, que lUFC-Que Choisir avait refusé de signer à lété 2006, lassociation déplore toujours son manque de transparence. « Il ny a aucune donnée publique depuis 2009 », assure Maxime Chipoy. « Comment tirer un bilan dun dispositif qui fait tout pour le cacher ? ». Avant dajouter : « Continuer avec ce système nest pas raisonnable, il ny a pas de preuve de son efficacité ».
Le responsable des études de lUFC-Que Choisir remarque de surcroît quun régime spécifique pour les personnes présentant des risques aggravés de santé nest pas nécessaire dans le cas de lassurance emprunteur. « Les marges des assureurs sont déjà très rentables, de lordre de 40% à 50%, la mutualisation suffirait. »














