A lissue dune série de réunions, le Comité consultatif du secteur financier (CCSF), qui regroupe des représentants du secteur bancaire, des associations de consommateurs et des organisations syndicales, est parvenu jeudi soir à un compromis sur une amélioration du service daide à la mobilité proposé par les banques françaises depuis 2008. Un nouveau dispositif qui, selon linstitution, « se situe dans lépure demandée par les ministres et permet une automatisation des changements de domiciliation bancaire dans des conditions de simplicité, de sécurité et de coûts globalement satisfaisants ( ) ». Dans la foulée de la publication dun rapport sur la portabilité du numéro de compte, le CCSF avait en effet été chargé par Michel Sapin, le ministre de lEconomie, de faire des propositions sur « la faisabilité dun système de redirection automatique simple, efficace et peu coûteux ».
La teneur de ce compromis a été dévoilée dans un avis publié par le Comité. Exit donc le projet dun système de portabilité du numéro de compte, souhaité notamment par les associations de consommateurs : comme prévu (lire : Changement de banque : accord en vue sur un nouveau service de mobilité bancaire), le dispositif va se contenter daméliorer lexistant, grâce à un « contrat de mobilité » qui autorisera la nouvelle banque à effectuer au nom de son nouveau client les démarches de changement de domiciliation des virements et prélèvements.
Une liste des chèques non débités
Dans le dispositif actuel, le client a déjà la possibilité dautoriser le nouvel établissement quil a choisi à contacter en son nom ses créanciers et débiteurs pour demander la modification des coordonnées bancaires. Toutefois, cest au client de fournir la liste des organismes concernés, en sappuyant éventuellement sur le relevé des opérations récurrentes effectuées sur son compte au cours des 13 derniers mois, que sa banque dorigine a lobligation de lui fournir.
Dans le nouveau dispositif, le client pourra se contenter de signer un mandat avec létablissement, et de lui fournir le RIB de son ancien compte. A partir de là, cest la nouvelle banque qui prendra le relais. Elle sera ainsi autorisée à contacter la banque dorigine pour obtenir la liste des opérations récurrentes, puis à enclencher les changements de domiciliation, y compris si une banque ou un prestataire de paiement se situe à létranger. Autre gain pour le client : la banque dorigine fournira également une liste des chèques fournis au cours des 13 derniers mois et non encore débités.
Filet de sécurité pendant 13 mois
Les débiteurs ou créditeurs devront ensuite prévenir le client de la prise en compte de ses nouvelles coordonnées bancaires, en précisant la date de basculement dun compte à lautre. Si toutefois certains prélèvements ou virements récurrents venaient à se présenter sur le compte clos, la banque dorigine aura lobligation den informer son ancien client « par tout moyen approprié » durant une période de 13 mois après la fermeture du compte. Un « filet de sécurité », destiné à éviter les incidents de paiement, qui existait déjà pour les chèques.
Les émetteurs de prélèvements et de virements auront à terme un délai maximum de 10 jours ouvrés pour prendre en compte le changement de coordonnées bancaires, à compter de leur réception. Le CCSF prévoit toutefois une période transitoire de 18 mois au cours de laquelle ce délai sera allongé à 20 jours.
Le CCSF va aussi plancher sur le transfert des crédits et des produits d'épargne
18 mois maximum, cest également le délai proposé par le CCSF pour la mise en place du nouveau service, linstitution laissant la porte ouverte à un délai supplémentaire si « nécessaire ». Il nécessite en effet « la mise en place dune infrastructure spécifique afin de créer un processus automatisé et standardisé déchanges sécurisés dinformations entre banques et émetteurs ». Le Comité demande également que le personnel des banques reçoive une formation adéquate, et que les conditions dune « information systématique des clients » soient mises en place. Le manque de publicité accordée jusquici au service de mobilité bancaire est en effet un reproche récurrent fait aux banques.
Lavis du CCSF doit désormais être transposé dans un amendement, que le gouvernement souhaite ajouter au texte de la Loi Macron discuté prochainement au Sénat. Le Comité, quant à lui, va continuer à plancher sur le sujet du changement de banque. Il examinera en effet, avant la fin 2015, un autre gros dossier : celui du « transfert des services et produits attachés au compte bancaire, et liés au crédit, à lépargne et à lassurance ». A suivre, donc.










