Pour mémoire, Tracfin (pour « Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins ») est une cellule de renseignement du ministère de lEconomie et des Finances chargée de lutter contre le blanchiment dargent, la fraude fiscale et le financement du terrorisme.
Dans le cadre de cette mission, les banques (au sens détablissements de crédit), ainsi que les établissements de paiement et les établissements de monnaie électronique, auront lobligation, à compter du 1er janvier 2016, de signaler systématiquement à Tracfin « les versements ou les retraits en espèces effectués sur un compte de dépôts ou de paiement dont les montants cumulés sur un mois calendaire dépassent 10 000 euros », y compris si certaines de ces opérations sont effectuées en devises étrangères. Cette mesure vaut également pour loutre-mer, à compter dun seuil de 1.193.000 francs CFP pour les territoires continuant dutiliser cette devise. La seule exception retenue par le décret est celle dopérations liées à un crédit.
Le décret liste également les informations à fournir, parmi lesquelles les dates, référence et montant de toutes les opérations, le mode de versement ou de retrait, le numéro du compte et bien sûr tout élément permettant didentifier son titulaire, quil sagisse dune personne physique ou morale.
Un « cas de communication systématique d'informations »
En quoi est-ce nouveau ? Les banques et un certain nombre de professions appelés à manipuler dimportantes sommes dargent ont en effet déjà lobligation de signaler à Tracfin toute opération pouvant être soupçonnée de participer à un opération de fraude fiscale, de blanchiment ou de financement dactivités illicites. Toutefois, dans le cas présent, il ne sagit pas de déclarations de soupçon, mais dun « cas de communication systématique dinformations » (COSI), pour reprendre la terminologie de Tracfin. Ces COSI, rappelle linstitution sur son site internet, ne peuvent « à elles seules justifier louverture dune enquête ou dune pré-enquête ». Elles permettront dalimenter une « base documentaire à laquelle seule Tracfin aura accès ». Enfin, elles ne dispensent pas les établissements concernés deffectuer, pour les mêmes flux, des déclarations de soupçons.
(1) Décret n° 2015-324 du 23 mars 2015 fixant les critères des opérations de versement d'espèces et de retrait d'espèces soumises à l'obligation d'information prévue au II de l'article L. 561-15-1 du code monétaire et financier, pris en application de l'article 12 de la loi de séparation et de régulation des activités bancaires.

















