Qui a été piraté cet été et quels sont les risques ?
Mardi 20 août, la Direction générale des Finances (Dgfip) est allée aux devants de la révélation, par Le Canard enchaîné, dun « piratage à Bercy » : « des milliers de feuilles dimpôts trafiquées », comme lannonce lhebdomadaire sur la Une de son édition ce mercredi 21 août. En cause : des crédits et réductions rajoutées, et des coordonnées bancaires modifiées. La Dgfip a ainsi immédiatement publié un communiqué reprenant les « bonnes pratiques » de la sécurité informatique, et tenté de rassurer quant à ce « piratage dadresses mails » : « Des hackers ont piraté des comptes de messagerie personnelle chez plusieurs opérateurs », la boîte mail personnelle d'internautes, donc. Suite à quoi ladministration fiscale a constaté, « le mois dernier », une « vague inhabituelle de renouvellement de mots de passe » de la part de contribuables sur impots.gouv.fr : les hackers ont ainsi profité de l'accès à la boîte mail personnelle des contribuables pour changer le mot de passe de leur « espace particulier » sur le site du fisc.
La Dgfip affirme avoir bloqué laccès aux 2 000 comptes concernés, en accompagnant les contribuables victimes pour sécuriser à nouveau leur compte impots.gouv.fr, informé les « opérateurs, fournisseurs de boîtes mail et la Cnil », et déposé une plainte. Mot dordre du fisc : pas de panique, un agent de la Dgfip indiquant même à lAFP « chez nous il ny a rien à voler ». Une citation qui a fait réagir Gerome Billois, expert en cybersécurité au cabinet Wavestone :
La Dgfip lui a alors précisé les propos rapportés par lAFP étaient un « raccourci du journaliste » : « Le sujet était “avec lobjectif de voler de largent” par comparaison avec une CB. Nous prenons cela très au sérieux. » Gerome Billois a acquiescé, en ajoutant toutefois : « La modification du RIB lors des phases de paiement des crédits dimpôts est quand même un vrai risque. »
Sur Twitter, ladministration fiscale a tout de même tenu à rassurer les contribuables en insistant sur le fait que chacun des « 2 000 usagers » victimes ont « été contactés un à un personnellement », et quils ont aujourdhui pu reprendre la main sur leur boîte mail et leur espace personnel impots.gouv.fr : « Aucun impact fiscal n'est à signaler. »
Comment éviter de se faire pirater sa boîte mail ?
Difficile, à ce stade, de savoir comment les pirates ont piraté les boîtes mail de ces 2 000 usagers (ce qui leur a permis ensuite de changer le mot de passe des impôts). Pour éviter un piratage de boîte mail, le principal conseil est de choisir un mot de passe de bon niveau, avec un mélange de minuscules, majuscules, des chiffres, etc. Certains fournisseurs permettent aussi l'authentification à deux facteurs (le mot de passe + une empreinte, une phrase secrète ou un SMS, par exemple).
Comment reconnaître un faux email du fisc ?
La Dgfip rappelle que lusurpation didentité du Trésor public et de ses agents est une pratique courante, constatée « chaque année », en particulier lors des « périodes de grandes échéances » : déclaration de revenus au printemps, réception des avis dimpôt sur le revenu, comme cest le cas en ce mois daoût, réception davis de taxes foncière et dhabitation
« Le numéro de carte bancaire ne vous est jamais demandé pour le paiement dun impôt »
La pratique la plus courante : le phishing, ou « hameçonnage » en français. Le « phishing fiscal » peut prendre la forme dun email où ladministration promet un remboursement dimpôts. « Ces courriers sont des faux », insiste la Dgfip. « Ladministration fiscale nest pas à lorigine de ces envois. Le numéro de carte bancaire ne vous est jamais demandé pour le paiement dun impôt ou le remboursement dun crédit dimpôt, ni pour compléter vos coordonnées personnelles par ce biais. »
Si vous recevez ce type de courriel, ny répondez pas, ne cliquez surtout pas sur lun des liens figurant dans le message, et supprimez-le. De façon plus générale, il faut se méfier de tout email vous réclamant de saisir des coordonnées bancaires !
Comment reconnaître un faux appel téléphonique du fisc ?
Seconde méthode utilisée de façon récurrente par les fraudeurs : le vishing, ou hameçonnage par téléphone. Le fraudeur « signale par voie téléphonique à lusager une anomalie sur son dossier fiscal et linvite, afin d'éviter d'éventuelles sanctions, à rappeler au plus vite un numéro de téléphone surtaxé facturé 5 euros la minute ». La Dgfip neffectue jamais ce type de demande de cette manière, rappelant par ailleurs que les seuls numéros valables pour les contribuables particuliers sont ceux figurant sur vos avis ou déclarations dimpôts, ou le numéro « Impôts Service » au 0 810 467 687.
Les contacts du fisc pour la sécurité informatique
La Dgfip tient une rubrique « sécurité informatique » où elle liste les points de vigilance et quelques exemples de tentatives de fraude. Par ailleurs, comme pour lensemble des tentatives descroquerie, Bercy rappelle la possibilité deffectuer un signalement sur internet-signalement.gouv.fr ou dobtenir un renseignement par téléphone au 0 805 805 817.
Lire aussi : 5 conseils pour éviter le piratage et les arnaques bancaires



















