2010, 2015, 2020 : tous les 5 ans, avec une belle régularité, la Société Générale met à jour son application mobile. Et à chaque fois, lenjeu est un peu plus élevé. Au fil des années, le mobile est en effet devenu, et de loin, le premier canal dinteraction avec les clients. Actuellement, ce sont 3,5 millions de clients de la Société Générale - soit environ un sur deux - qui utilisent chaque mois lapplication de leur banque, pour un total de 100 millions de connexion.
Avec cette nouvelle version, disponible dès mercredi pour les utilisateurs diPhone, limpératif a été le suivant : moderniser lapplication sans créer de perte de repères pour les usagers actuels. « Nous avons fait attention à ne pas être trop en rupture, pour ne pas risquer de perdre ces clients », confirme Grégoire Dupiellet, directeur du marketing digital.
Plus simple, réactive et lisible
Pour y parvenir, le mot dordre de la Société Générale a été le suivant : simplifier lexpérience. Pour cela, elle na pas hésité à regarder du côté des néobanques. « Nous avons eu lobsession de limiter le nombre de clics nécessaires pour chaque opération », détaille Philippe Amestoy, le directeur du réseau. « De ce point de vue, N26 ou Revolut sont des concurrents très inspirants ».
La Société Générale intègre ainsi à sa nouvelle appli un robot conversationnel (ou chatbot), baptisé SoBot. Présent dès laccueil de lappli, avant même lauthentification du client, il est capable de répondre à des requêtes simples : afficher son RIB, ou connaître ses plafonds de carte bancaire, par exemple. Autre nouveauté : la mise en place de lives vidéos interactifs. Régulièrement, des conseillers de la banque rouge et noire interviendront sur différentes thématiques bancaires, et répondront aux questions posées par les usagers, directement dans lappli.
La refonte est également ergonomique. Pour permettre aux clients de personnaliser leur expérience et daccéder plus vite à lessentiel, la nouvelle application reprend le vieux principe des widgets, quon choisit dafficher en fonction de ses intérêts. La Société Générale promet une application plus réactive, capable denvoyer des notifications en temps réel, par exemple sur létat du compte, et une présentation plus lisible des opérations passées sur les comptes. Pas de coaching budgétaire en revanche : cest en projet, a confirmé Grégoire Dupiellet, mais il faudra encore attendre quelques mois.
En septembre, une carte bancaire pour les adolescents
Le lancement de cette nouvelle appli est aussi loccasion denrichir loffre. A compter de septembre prochain, les clients de la Société Générale pourront équiper leurs enfants de 12 ans et plus de Banxup, une carte bancaire gratuite et rattachée à leur compte. Avantage pour les parents : ils peuvent verser facilement largent de poche de leur enfant, et surveiller lusage quil en fait. Avantage pour ladolescent : il dispose dune appli dédiée pour gérer son compte et peut envoyer en temps réel à ses parents des demandes de rallonge dargent.
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Une offre qui rappelle beaucoup la carte Kador, distribuée par Boursorama, la filiale de banque en ligne de la Société Générale. « Avec Boursorama et le Crédit du Nord [ autre filiale du groupe], nous échangeons notre vision du marché et certaines compétences », confirme Philippe Amestoy, directeur du réseau. « Les 3 enseignes conservent leur singularité mais affichent une promesse commune de satisfaction des clients ».
Plus que 1 700 agences à la fin de lannée
Au final, Marie-Christine Ducholet, directrice de la banque de détail en France, espère que cette nouvelle application sera capable de rapprocher la Société Générale de ses clients, et à terme daugmenter la capacité de la marque à vendre ses produits à distance. A terme, « 30 à 40% des ventes pourraient passer par le canal digital, comme cela se voit déjà dans certains pays européens », espère Philippe Amestoy.
Et les agences dans tout ça ? Débarrassées de la gestion des opérations courantes, faites en autonomie par les clients sur les interfaces numériques, « elles vont continuer à monter en gamme », annonce le directeur du réseau. Lobjectif reste le même : ramener à 1 700 fin 2020 le nombre de points de vente de la banque rouge et noir, contre 1 793 à la fin 2019.
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