On la vu il y a quelques semaines : la première publicité de la Caisse dEpargne, lautre enseigne du groupe BPCE, remonte à près de 200 ans. Cest seulement en 1967, par contre, que la Banque Populaire a lancé sa première campagne institutionnelle à destination du grand public.
A cette époque, lenseigne devient notamment le sponsor dune émission de radio consacrée au trafic routier. Objectif : faire la promotion des chèques essence. Les stations service étant réticentes à lidée daccepter les chèques, à cause des risques dimpayés, la Banque Populaire proposait à ses clients des chèques garantis, dédiés à lachat de carburant. « Cétait très novateur pour lépoque », rappelle Chantal Petrachi, directrice de la communication de lenseigne. « La Banque Populaire était dailleurs assez innovante, et ces innovations étaient à chaque fois loccasion de prendre la parole ». Cest toujours le cas aujourd'hui, comme nous le verrons plus loin.
Pourquoi, avant les années 1960, les Banques Populaires étaient-elles restées absentes des radars du grand public ? Tout simplement parce quelles ne sadressaient pas à lui. Depuis sa naissance en 1878, lenseigne est celle des commerçants, des artisans et des patrons de PME. Un ADN entrepreneurial qui irrigue toujours sa communication, bien après avoir reçu lautorisation de souvrir à la clientèle des particuliers.
« Une énergie nouvelle en France » (1984 - 1991)
En 1984, la Banque Populaire inaugure son premier territoire communicationnel denvergure. Elle sinvente une nouvelle signature de marque, « Une énergie nouvelle en France », et met sur les écrans un spot qui a marqué son temps, présentant une série de Français dynamiques, de tous horizons, qui se retroussent les manches et se lancent dans des projets.
« La Banque Populaire est la banque des gens qui entreprennent, historiquement des entrepreneurs mais aussi des particuliers qui vont de lavant », détaille Chantal Petrachi. « Nous sommes donc moins la banque du quotidien que le partenaire à long terme, sur qui sappuyer pour réaliser ses projets de vie : acheter son logement, financer les études de ses enfants, créer et développer son entreprise, etc. ».
Une « affinité très forte » avec la voile
A partir de 1989, la Banque Populaire va étroitement associer son nom à un sport, la course au large. Cest la Banque Populaire de lOuest, basée en Bretagne, qui est à lorigine de ce sponsoring, en soutenant à lépoque un marin local. A partir de 1994, cet effort est porté par lensemble des Banques Populaires, à léchelle nationale. « Il y a une affinité très forte entre les valeurs de la Banque Populaire et celle de la course au large », explique la directrice de la communication de la marque.
Pour autant, la Banque Populaire nexploite pas directement la voile dans ses spots classiques, sauf par clin dil [voir ci-dessous]. La voile est par contre utilisée par la banque, au début des années 2000, lorsquelle sponsorise le bulletin météo de TF1.
« Nous ne sommes pas populaires sans raisons » (1992 - 2001)
En 1992, la Banque Populaire sinvite encore un peu plus dans le quotidien télévisée des Français, avec ce qui reste sans doute comme la campagne la plus emblématique de son histoire. Elle met en scène une tribu amazonienne, qui fabrique une pirogue à voile pour traverser locéan, casse sa voile (clin dil !) et sadresse à la Banque Populaire pour financer le financement de sa remplaçante.
Avec ses Amérindiens, la pub détonne, à une époque où la publicité des banques ne sest pas encore totalement affranchie de limage du professionnel à costume gris. La campagne tranche aussi grâce à sa musique, très rythmée. Free, la chanson signée par la légende américaine Stevie Wonder, est sortie 5 ans auparavant. Mais elle connaît une seconde vie et devient une énorme tube en France. « C était la première fois quune chanson rencontrait un nouveau succès grâce à la publicité, la première fois aussi quon vendait un disque avec un autocollant signalant que cétait la musique de la pub TV », se souvient Chantal Petrachi. La première mais pas la dernière : par la suite, les compilations de musiques de pub allaient régulièrement fréquenter les charts. Quant à Free, il reste, plus de 20 ans plus tard, lhymne de la banque.
« Banque et populaire à la fois » (2001 - 2011)
2001 : nouveau siècle et nouveau territoire de marque. La nouvelle signature, « Banque et populaire à la fois », saccompagne en 2004 dun autre film publicitaire emblématique. Baptisé « Entreprendre sa vie », il répond à une des idées forces de la marque : la banque qui vous accompagne dans les grands moments de votre existence.
En 2000, en effet, la Banque Populaire a racheté Natexis, et elle ambitionne de se reconstruire une image de grande banque dentreprise. Mais elle peine à trouver la bonne formule publicitaire. Le film de 2004 lui permet de remettre en avant des valeurs humaines et une capacité à être à lécoute des projets de chacun, quitte à prendre plus de risques. Cest un succès, à la fois en interne et en externe.
« La banque qui donne envie dagir » (2011-2014)
En 2008, cest la crise des subprime. La banque américaine Lehmann Brothers tombe, et la Banque Populaire, comme les autres enseignes françaises, se tait. Elle fait son retour en 2011 avec une nouvelle signature : « La banque qui donne envie dagir ». Lenseigne veut rappeler quelle est une grande banque et insuffler de nouveau un peu despoir dans ses messages publicitaires, avec un message positif : limportant est de faire.
« Additionner les forces, multiplier les chances » (2014 -)
En 2014, retour aux basiques : la Banque Populaire change sa signature et adopte « Additionner les forces, multiplier les chances ». Soit la traduction en mots de son logo [voir encadré], plus que jamais mis en avant dans sa communication. Cest loccasion aussi dun retour à un autre tradition, celle de linnovation. La Banque Populaire est en effet la grande banque française, avec la Caisse dEpargne, à proposer à ses clients le paiement mobile par Apple Pay. Et elle ne manque pas de nous le faire savoir.
Le coq aurait pu côtoyer lEcureuil
Le bestiaire de la banque française compte déjà un écureuil, celui de la Caisse dEpargne. Il aurait pu aussi compter un coq. Après la Première Guerre mondiale, cest en effet lemblème national qui a été choisi pour symboliser lélan des Banques Populaires, placées en première ligne pour financer la reprise économique.
Cest seulement en 1972 que le logo actuel, un « + » et un « x » accolés, a été choisi. Soit la traduction visuelle du discours central de lenseigne : laddition des forces de chacun décuple la force de lensemble.
Merci au service communication de la Banque Populaire, pour son aide précieuse à la réalisation de cet article.


















