Une femme seule à la barre dun luxueux voilier. Des images aériennes léchées, dun noir et blanc profond. Une ritournelle entêtante au piano (1). Et une voix off sûre delle, qui explique que « maintenant, ma banquière, cest moi ». Cest avec cette publicité emblématique - et son équivalent pour hommes, « lavion » - que BforBank fait, en 2011, sa grande entrée sur la scène publicitaire française.
2009 - 2012 : « Ma banque privée en ligne »
Lopulence, le savoir-vivre, la liberté et surtout lautonomie : les valeurs représentées dans ce spot, ce sont celles défendues depuis lorigine par BforBank. Lancée en octobre 2009 à linitiative des caisses régionales du Crédit Agricole, lenseigne se veut la première « banque privée en ligne », une description qui fait dailleurs office de signature publicitaire jusquen 2012.
Le concept BforBank, en effet, a été soigneusement calibré, notamment par André Coisne, ancien dING Direct et actuel patron dOrange Bank. La banque digitale ne marche pas franchement sur les plate-bandes du Crédit Agricole, puisquelle ne propose à son lancement ni comptes courants, ni moyens de paiement, ni crédits. Elle chasse plutôt les clients, urbains et aisés, des grandes enseignes commerciales, comme BNP Paribas, Société Générale, HSBC, voire LCL, pourtant filiale du Crédit Agricole. Son catalogue est resserré autour de trois produits, dont on promet qu'ils sont les plus performants du marché. Le principal dentre eux est un super-livret dépargne fiscalisé, le Livret BforBank qui, à lépoque de la pub du voilier, se permet dafficher un taux de 5%. Il y a aussi BforBank Vie, une assurance-vie à frais réduits assurée par Spirica, et une offre bourse, elle aussi à frais réduits. Et cest tout.
2012 - 2016 : « Mon banquier, cest moi »
« Ma banque privée en ligne », toutefois, ne fait pas long feu. BforBank se rend vite à lévidence : la phrase quon retient dans ses publicités, celle qui imprime lesprit des consommateurs, ce nest pas cette signature officielle mais bien celle qui vient conclure les monologues des clients présentés dans les spots : « Mon banquier, cest moi ». En 2012, lexpression devient ainsi la signature principale la marque et le reste encore aujourdhui.
Pour loccasion, BforBank revient vers lunivers nautique, mais cette fois en famille :
La seule rupture dans la saga publicitaire de la marque intervient en 2015, à loccasion de lélargissement de son catalogue de produits. Taux bas obligent, les promotions à 5% disparaissent et le livret dépargne, principal produit dappel jusquici, fait moins recette que par le passé. BforBank décide donc de saligner sur la concurrence, incarnée notamment par ING Direct et Boursorama Banque, et lance en avril 2015 une offre de compte courant avec carte bancaire gratuite, qui convainc environ 20.000 clients en quelques mois.
Pour relayer ce lancement, BforBank fait logiquement un gros effort publicitaire. La marque abandonne le grand air et la sphère des loisirs ou de la famille pour présenter ses clients dans leur univers professionnel, en prenant au passage le contrepied de certains clichés : lhomme sera styliste, la femme chef étoilée. Elle sadresse également plus directement aux trentenaires. Logique : il sagit de promouvoir un produit, le compte courant, qui intéresse une cible plus jeune et moins patrimoniale.
Pour lessentiel, toutefois, la forme - le noir et blanc, le piano, la voix off - et le fond - léloge de lautonomie - restent les mêmes. Preuve que BforBank, à limage de son concurrent Fortuneo, a réussi en seulement quelques années à se construire une forte image publicitaire. Tellement forte, dailleurs, quelle suscite des parodies. Ici, par exemple, aux dépens dun ancien secrétaire d'Etat au Budget :
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(1) Le morceau, intitulé « Gogol », est luvre du pianiste et chanteur canadien Chilly Gonzales.
Merci au service presse de BforBank, qui nous a communiqué les affiches et les vidéos recensées dans cet article.




















