Le Perp (Plan d’épargne retraite populaire) fête son 10e anniversaire en 2013. Le produit, parfois décrié, a repris récemment un léger essor en s’inscrivant dans une approche d’optimisation fiscale. Le point sur ce marché et ses dernières nouveautés.

Après un début de commercialisation en fanfare en 2004, le Perp a plutôt peiné à s’imposer sur le marché de l’épargne retraite. Fin juin 2013, 2,2 millions de contrats, seulement, étaient ouverts - un niveau assez constant depuis plusieurs années - pour 9 milliards d’euros d’encours, selon les données de la FFSA (Fédération française des sociétés d’assurances). Soit une part limitée de l’épargne retraite : environ 6%.

Comment expliquer ce relatif désintérêt des épargnants ? En cause, notamment, le blocage des fonds jusqu’à la retraite et la sortie en rente viagère, même si depuis 2011, il est possible de sortir en capital à hauteur de 20% au moment du départ à la retraite, voire dans certains cas de façon anticipée. « Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne politique », indique Philippe Crevel, économiste et secrétaire général du Cercle des Epargnants. « Le Perp est un produit retraite, c’est-à-dire qu’il a vocation à fournir un complément de revenu à partir de la cessation de l’activité. Il existe d’autres produits tels que l’assurance-vie si l’on veut une sortie en capital. »

Le Perp, une niche fiscale préservée

En 2012, 73.000 nouveaux Perp ont été souscrits, après une production d’environ 60.000 par an au cours des trois années précédentes, témoignant d’une légère reprise. Les détenteurs de Perp ont ainsi versé sur leur plan 1,28 milliard d’euros de cotisations sur l’exercice, soit une hausse de près de 13% par rapport à 2011. « Avec un peu plus de 2 millions de titulaires de Perp, ce marché se situe en-dessous de ce que les professionnels espéraient en termes de ventes », rappelle toutefois le spécialiste de l'épargne retraite. « Il est stagnant depuis maintenant 3 ou 4 ans, du fait d’une commercialisation un peu hâtive suite au lancement de l’offre en 2004. »

A l’époque, le Perp n’a pas toujours été proposé aux personnes qui en avaient le plus besoin. Malgré son nom, il n’a en effet rien de populaire, et s’adresse principalement aux personnes qui vont être le plus impactées par la baisse du taux de remplacement (c’est-à-dire du pourcentage du revenu d’activité que conserve un salarié une fois à la retraite), notamment les cadres. Pour eux, il reste un produit intéressant fiscalement. « Lors de la suppression des niches fiscales, le Perp a été plutôt préservé. C’est à la fois un outil d’épargne retraite mais aussi un peu d’optimisation fiscale, même si ce n’est pas son objectif premier », analyse Philippe Crevel.

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Un marché concentré autour de trois acteurs

Les réseaux bancaires, qui ont largement contribué à la diffusion de l’offre lors de son lancement, restent les principaux distributeurs du Perp. Le marché est ainsi particulièrement concentré autour de trois acteurs : Predica (Crédit Agricole), Axa France et CNP Assurances (via la Banque Postale et les Caisses d’Epargne). Ces trois-là totalisent la moitié des encours du Perp, dont environ 28% pour le seul Predica. Allianz, Société Générale et BNP Paribas sont également des acteurs importants de ce marché.

Depuis ces débuts, « le marché du Perp a été un peu repris par les courtiers et les assureurs traditionnels, du fait de l’évolution plus haut de gamme du produit dans une logique d’optimisation fiscale » explique Philippe Crevel. Ainsi, à mesure que le Perp devient un produit de niche fiscal, les courtiers réclament aux compagnies d’assurance une promesse de rendements plus importants. « Pour y répondre, ces dernières mettent en place un large éventail d’unités de compte », poursuit l'économiste. « Par ailleurs, les compagnies qui n’avaient pas encore intégré la sortie à hauteur de 20% du capital sont en train d’y remédier. »

Les rendements des fonds en euros du Perp restent toutefois, en moyenne, un peu plus bas que ceux des contrats d’assurance-vie classiques. « Ils ont été pénalisés par le cantonnement des fonds (1) et leur jeunesse », ajoute Philippe Crevel. Produit récent, le Perp n’a en effet connu, depuis sa création, qu’un contexte de taux faibles.

(1) Les fonds euros des Perp constituent des fonds isolés en matière de gestion et ne peuvent donc être intégrés à l’actif général.