Vos enfants sont de jeunes adultes et vous vous demandez s’il est intéressant, financièrement parlant, de réclamer un rattachement fiscal ? Pour le savoir, il faut se lancer dans les simulations…

La question du rattachement fiscal se pose uniquement si vous avez des enfants majeurs, ou des enfants étudiants. Le rattachement peut être réclamé pour les enfants qui ont moins de 21 ans au début de l’année concernée par la déclaration (ceux nés en 1998 ou après pour l’impôt 2020), ou moins de 25 ans (nés en 1994 ou après) s’ils poursuivent leurs études.

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Le rattachement fiscal des enfants majeurs est-il toujours intéressant ?

« Il y a clairement un calcul d’opportunité à faire ! » répond d’emblée Charly Tournayre, responsable de l’ingénierie patrimoniale chez Thesaurus. « Mais attention : le rattachement n’est pas toujours intéressant pour les parents. Rattacher un enfant qui travaille peut être un mauvais calcul. Tout dépend si l’enfant a perçu des revenus, et s’il est étudiant. »

« Le premier réflexe, c’est de simuler votre situation personnelle », à l’aide du simulateur officiel, poursuit Charly Tournayre : « D’une part en rattachant vos enfants, et d’autre part sans rattachement mais éventuellement en déduisant une pension alimentaire. Et il faut évidemment faire une simulation supplémentaire, pour l'enfant seul, en l'absence de rattachement. »

« Tout dépend si l’enfant a perçu des revenus, et s’il est étudiant »

Quand vous ne rattachez pas vos enfants, vous pouvez en effet bénéficier d’une pension alimentaire, plafonnée à 5 947 euros. Cette pension alimentaire – à déclarer case 6EL – est déductible si l’enfant majeur n’est pas à charge, et si cet enfant a besoin d’une aide financière. Il faut aussi pouvoir prouver que les sommes déclarées ont effectivement été données à l’enfant majeur non rattaché, et celui-ci doit les déclarer dans la catégorie ressources – case 1AO, rubrique « vos revenus » puis « pensions, retraites... » – de sa propre déclaration. Vous pouvez aussi appliquer une déduction forfaitaire de 3 535 euros, moins contraignante puisque ne nécessitant pas de justificatifs, mais uniquement si vous hébergez à l'année un enfant majeur « sans ressources suffisantes » !

Exemple pour un enfant non étudiant

Un couple touche 25 000 € annuels en salaires, chacun, et hésite à rattacher un enfant né en 1998, non étudiant, qui a lui touché 5 000 € en salaires en 2019.

  • Avec le rattachement : impôt de 3 408 €
  • Sans le rattachement : impôt de 3 482 €
  • Sans le rattachement et en déclarant une pension alimentaire de 5 000 euros : impôt de 2 447 €

La différence s’avère certes faible (74 €) lorsque la comparaison se limite à l'option du rattachement, ou non. En revanche, en associant l’option « pension alimentaire » à l'absence de rattachement, ce couple économise près de 1 000 € d'impôt, 961 € plus exactement, par rapport au « simple » rattachement fiscal.

De son côté, s'il déclare ses revenus séparément, l'enfant ne sera pas imposable, avec ou sans pension.

Rattacher un enfant étudiant : des avantages spécifiques ?

Le rattachement s’avère plus judicieux lorsque votre enfant est étudiant. D’une part vous bénéficiez d’une exonération des 4 564 premiers euros pour les jobs étudiants de votre enfant : des revenus qu’ils ne faut pas déclarer, même s’il est conseillé de signaler cette exonération dans le cadre réservé aux remarques. D’autre part vous pouvez profiter d’une réduction d’impôt de 183 euros par enfant rattaché suivant des études universitaires (à signaler à la case 7EF).

Exemple pour un enfant étudiant

Le même couple (qui touche 25 000 € de salaires annuels, chacun) hésite à rattacher leur fille née en 1997, qui elle est étudiante, et qui a touché 5 000 € en 2019.

  • Avec le rattachement : impôt de 2 416 €
  • Sans le rattachement : impôt de 3 482 €
  • Sans le rattachement et en déclarant une pension alimentaire de 5 000 euros : impôt de 2 447 €

Leur fille étudiante ne paiera dans tous les cas pas d'impôt sur le revenu.

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Pour votre enfant, être rattaché ou non, ça change quoi ?

La décision du rattachement doit par définition être prise en accord avec votre enfant, étudiant ou non. Car le fait de déclarer ses revenus, et ainsi de devenir contribuable, peut lui ouvrir des droits. Cela permet par exemple d’ouvrir un Livret d’épargne populaire (LEP), rémunéré actuellement à 1% net d’impôt !

Lire aussi : Comment remplir votre première déclaration de revenus ?

Le rattachement est-il plus important pour les foyers aisés ?

« Plus les revenus, et donc le taux marginal d’imposition (1), sont élevés, plus la demi-part supplémentaire de l’enfant rattaché aura un impact sur l’impôt à payer », insiste le fiscaliste Charly Tournayre. « Le plus souvent, pour un enfant étudiant sans revenus, le rattachement est fiscalement intéressant pour les parents », ajoute-t-il, en rappelant aussitôt que le rattachement fiscal reste du « cas par cas ».

Cette fois, un parent célibataire touche 50 000 € en salaires. Son fils, né en 1998 n'est pas étudiant, a touché 5 000 € en 2019 et sera dans tous les cas non imposable. S’il peut justifier d’une aide à son fils dans le besoin, il est finalement préférable de privilégier la pension alimentaire, et donc de renoncer au rattachement.

  • Avec le rattachement : impôt de 7 427 €
  • Sans le rattachement : impôt 7 644 €
  • Sans le rattachement et en déclarant une pension alimentaire de 5 000 euros : impôt de 6 144 €

Quelle conséquence pour votre taux de prélèvement à la source ?

Un rattachement fiscal ou la déduction d’une pension alimentaire baissent mécaniquement votre taux de prélèvement à la source. Dans des proportions différentes selon les cas. N’oubliez pas d’intégrer cet élément dans vos comparaisons. Vous pourrez toujours moduler votre taux de prélèvement par la suite, en actualisant votre situation financière, mais la baisse du taux reste conditionnée à une diminution substantielle.

Lire aussi : Comment moduler son taux de prélèvement à la source à la baisse

(1) Taux d'imposition le plus élevé applicable à vos revenus : par exemple la tranche à 30% pour un célibataire ayant un revenu imposable de 50 000 euros.