Avec la montée en puissance des banques sur Internet, le marché des livrets d'épargne fiscalisés se diversifie, mais devient également de plus en plus complexe pour l'épargnant en quête du meilleur placement. État des lieux.

Il paraît loin le temps où le consommateur souhaitant épargner sans risque avait pour unique horizon d'ouvrir un livret dans « sa banque », celle où il détenait son compte courant.

La possibilité de gérer ses comptes en ligne d'abord, l'arrivée de banques uniquement présentes sur Internet ensuite, ont en effet considérablement changé la donne depuis plusieurs années.

Cette évolution a ses bienfaits. En créant une concurrence accrue, elle a tendance à tirer les taux d'intérêt vers le haut, même s'ils restent essentiellement tributaires des variations du Livret A. En facilitant les mouvements de fonds, elle permet aux usagers les plus avisés d'optimiser leur épargne à court terme, en la redirigeant au gré des offres promotionnelles.

Il y a toutefois un revers à cette médaille. Avec Internet et la multiplication de l'offre, la collecte d'information sur les différents livrets bancaires est devenue plus en plus complexe.

C'est pourquoi cBanque a conçu, en toute indépendance vis-à-vis des banques, un panorama des livrets fiscalisés. En quelques clics, il permet de comparer les principales offres du marché, en terme de rémunération, de caractéristiques, de conditions d'accès... Car contrairement aux livrets réglementés (Livret A, LDD, LEP...), les banques disposent, pour concevoir leurs livrets fiscalisés, d'une grande marge de manœuvre, dont elles usent pour se différencier.

Rémunération : de 1% à 5%

La plupart des livrets fonctionnent avec un taux annuel fixe, mais susceptible de varier en cours d'année. Certaines banques, plus rares, ont mis en place des livrets à taux variables. Dans ce cas, en fonction du solde du livret, le taux de rémunération augmente (Livret Axa, Livret Monabanq) ou même diminue (CSL de la Banque Postale, Livret Matmut). Dans la quasi-totalité des cas, les intérêts sont calculés par quinzaine de jours, et versés sur le compte au 31 décembre de chaque année.

Les taux proposés dans les grands réseaux bancaires français, hors promotion, se situent à un niveau équivalent à celui du Livret A, autour de 1,25%. Mais c'est un taux brut. En retranchant les cotisations sociales et le prélèvement forfaitaire libératoire, le taux net n'est plus que de 0,87%.

Les livrets en ligne proposent couramment des rendements plus intéressants. Hors promotion, on peut y trouver des taux compris entre 2% et 3% brut, avec des plafonds élevés. De plus, ces banques se livrent à une concurrence effrénée, à coup de taux promotionnels pouvant atteindre les 5%. Mais attention : ces offres alléchantes sont le plus souvent réservées à une première ouverture de compte et sont limitées en durée et en montant.

Les clauses récurrentes

Elles sont présentes dans les conditions générales de tous les livrets, mais pas forcément à l'identique.

  • Conditions d'ouverture . Le ticket d'entrée de la grande majorité des livrets se situe à 10 ou 15 euros. Mais certaines banques, comme Barclays ou Robeco, privilégient une clientèle plus fortunée en fixant le solde minimum de leurs livrets à 15.000 euros.

  • Plafonnement . La plupart des livrets n'ont pas de plafond de versement, ou alors, un plafond très élevé de plusieurs millions d'euros. C'est là leur principal avantage par rapport aux livrets réglementés, tous strictement plafonnés.

  • Frais . Les livrets sont pour la plupart sans frais de gestion et/ou d'opérations. Une exception toutefois : la gestion du Livret Euro de Cortal Consors est facturée 15 euros par semestre, avec toutefois des possibilités d'exonération.

  • Accessibilité . Les livrets observés s'adressent à la clientèle des particuliers, rarement aux personnes morales. Ils sont, pour la plupart, accessibles aux mineurs, avec autorisation parentale. Certaines banques restreignent l'accès de leur livret aux résidents fiscaux français. Elles choisissent aussi parfois de réserver l'ouverture du livret à leurs seuls clients déjà possesseurs d'un compte courant.

  • Gestion . La majorité des banques, mêmes traditionnelles, proposent désormais des outils de gestion en ligne. Les banques uniquement présentes sur Internet, comme Fortunéo ou BforBank, prévoient la possibilité de passer des ordres d'opérations par téléphone et éventuellement par fax ou courrier.

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Les exceptions

Certains livrets se distinguent par un fonctionnement particulier.

Le Compte Epargne Direct de HSBC. Contrairement à l'ensemble des autres livrets du marché, les intérêts du CED sont versés chaque mois, avec un calcul au jour le jour. Ce principe permet ainsi d'éviter de perdre jusqu'à 15 jours d'intérêts lors de virement ou retrait.

Le Livret Croissance de Monabanq. C'est un des rares livrets du marché à récompenser la fidélité et la régularité des clients. En effet, son taux peut être bonifié de 0,15% par an pendant quatre ans, sous certaines conditions.

Le Livret CASDEN. Il permet d'accumuler des points privilèges qui donnent droit à des crédits à taux minoré. Mais il est réservé aux fonctionnaires dépendant des ministères de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports et de la Culture.