Lancée la semaine dernière, la carte Ultim Metal, qui remplace la Visa Premier, est la première carte bancaire payante proposée par Boursorama. Vaut-elle les 10 euros par mois demandés par la banque en ligne ? Nous sommes allés voir de plus près.

C’est une première dans l’histoire du leader de la banque en ligne : il y a une semaine, Boursorama Banque lançait son premier package payant, Ultim Metal. Facturé 9,90 euros par mois, il intègre une carte bancaire Visa en métal et un certain nombre d’avantages exclusifs, destinés notamment aux voyageurs.

Renoncer au dogme de la gratuité n’est pas une mince affaire pour Boursorama Banque. Comme ses concurrentes, la filiale de la Société Générale a en effet construit son succès - plus de 2,5 millions de clients, 4,5 millions espérés en 2025 - sur un produit d’appel en particulier : la promesse d’une carte bancaire gratuite à vie et même une carte premium (Visa Premier ou Gold Mastercard) si vos revenus le permettent. D’où la question légitime posée par certains clients, actuels ou potentiels : la carte Ultim Metal vaut-elle ses 10 euros par mois ?

La carte Visa Ultim Metal en bref

Conditions d’octroi pour les nouveaux clients : sans conditions de revenus pour une carte en débit immédiat et 2 500 euros de revenus mensuels nets ou 5 000 euros d'encours en débit différé.

Paiements et retraits gratuits et illimités, en euros et en devises. Plafond de paiements : jusqu’à 50 000 euros par mois. Plafond de retraits : jusqu’à 3 000 euros par semaine. Découvert autorisé jusqu’à 2 500 euros.

Inclus dans l’offre : virements internationaux en illimité ; package assurances Visa Premier, jusqu’à 2 millions d’euros ; assurance moyens de paiement Boursorama Protection ; accès aux salons d’aéroport en cas de retard de vol.

Le prix : 9,90 euros par mois, 1ère année de cotisation offerte pour une souscription avant le 31 janvier 2021.

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Par rapport aux autres cartes en métal

Boursorama Banque n’est pas la première à succomber à la mode des cartes métalliques, lourdes et clinquantes. Deux néobanques d’origine étrangère, N26 puis Revolut, ont importé le concept en France dès 2018. Aumax pour moi, la néobanque du Crédit Mutuel de Bretagne, s’apprête à les rejoindre début 2021.

Face à cette concurrence, Ultim Metal a de très gros atouts à faire valoir. Celui du prix d’abord : à 9,90 euros par mois, elle est 4 euros moins chère que les cartes de Revolut et Aumax pour moi, et 7 euros que celle de N26. Leurs offres sont-elles plus coûteuses parce que plus qualitatives ? Non, au contraire. Le package d’assurances proposé par Boursorama, calqué sur celui de la Visa Premier, est plus complet que celui des cartes N26 et Revolut.

Quant à Aumax Metal, la carte métal jusqu’ici la plus attractive sur le papier, elle affiche certes quelques atouts supplémentaires - l’accès à un service de conciergerie, l’agrégation de cartes bancaires, une garantie reprise sur les biens achetés avec la carte, du cashback -, mais aussi quelques manques par rapport à Ultim Metal, qui intègre notamment une assurance moyens de paiement premium, la gratuité sur les virements internationaux et un accès aux salons d’aéroport en cas de retard de vol.

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Par rapport à la carte Ultim en plastique

L’arrivée d’Ultim Metal a entraîné une révision du catalogue de Boursorama. La nouvelle carte remplace en effet la Visa Premier en haut de la gamme de la banque en ligne. La carte Ultim en plastique, lancée en juin 2019, est, elle, toujours là. Avantage de poids par rapport à la version métallique ; elle est gratuite, sans conditions de revenus et un peu plus facile d’accès : il suffit de déposer 300 euros sur un compte Boursorama pour l’obtenir, contre 500 euros.

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Certes, le forfait Ultim Metal a quelques atouts : des retraits gratuits en illimité hors zone euro ; des plafonds plus élevés (50 000 euros par mois, contre 20 000 euros pour les paiements ; 3 000 euros par semaine, contre 2 000 euros pour les retraits) ; des virements internationaux gratuits ; une assurance moyens de paiement premium offerte… Mais au final, ces différences paraissent assez minces au regard de la différence de prix. Sauf, bien sûr, si vous tenez absolument à détenir une carte métallique, si vous voyagez souvent hors zone euro ou encore si vous avez besoin d'envoyer de l'argent à l'étranger (par exemple à un enfant qui y fait ses études).

Par rapport à une Visa Premier ou une Gold Mastercard

Le vrai dilemme est sans doute là. La carte Ultim Metal est-elle suffisamment attractive pour remplacer une Visa Premier ou une Gold Mastercard, des cartes qu’on trouve encore gratuitement chez certains concurrents de Boursorama, comme Fortuneo ou ING ?

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En termes d’assurances, pas de différence : Boursorama Banque a en effet choisi de s’aligner sur le package de garanties et d’assistance qui accompagnait sa Visa Premier. Celui intègre notamment une couverture de la responsabilité civile à l’étranger du porteur et de sa famille, jusqu’à 2 millions d’euros, et toutes les garanties indispensables quand on voyage : contre les retards de transport, les pertes de bagages, les dommages sur véhicules de location, etc.

En termes d’acceptation, en revanche, ce n’est pas tout à fait la même chose. La carte Ultim Metal, en effet, est une Visa Only, à la différence d’une Visa Premier qui fonctionne en France à la fois sur Visa et sur le réseau domestique CB. Une nuance qui a des conséquences.

La première : en cas de panne du réseau Visa (ce qui est rare, mais peut arriver), impossible de se rabattre sur CB et donc impossible de payer. La seconde : la carte Ultim Metal Visa Only est, à la différence d’une Visa Premier, une carte à autorisation systématique. Ce qui signifie qu’avant de valider le paiement, le terminal de paiement doit contacter la banque pour s’assurer qu’elle accepte la transaction, comme l’explique très bien le site spécialisé Ma Néobanque. Dans le cas de la carte Ultim Metal, tout dépendra du type de débit. En débit immédiat, l’opération sera acceptée si son montant ne dépasse ni la somme du solde du compte et du découvert autorisé, ni le plafond de paiement mensuel. En débit différé, seul le plafond de paiement sera contrôlé.

En raison de ce mode de fonctionnement, la carte Ultim Metal présente un risque de refus de paiement un peu plus élevé qu’une Visa Premier. Si le terminal de paiement est connecté et que le serveur d’autorisation fonctionne normalement, aucune différence. En revanche, si quelque chose cloche, une Visa Premier va être capable de valider la transaction « hors ligne », c’est-à-dire sans autorisation. L’Ultim Metal, en revanche, va refuser la transaction, sauf dans quelques cas particuliers, comme les péages autoroutiers ou les automates de parking, conçus pour fonctionner systématiquement hors ligne. Un vrai écueil pour une carte facturée 10 euros par mois.

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