Cétait il y a un an, presque jour pour jour : le samedi 14 septembre 2019 entrait officiellement en vigueur une série de nouvelles règles techniques destinées à améliorer la sécurité de vos comptes bancaires, mais aussi de vos achats sur internet face aux risques croissants liés à la cybercriminalité. Des règles issues dun texte européen, la « directive révisée sur les services de paiement », ou DSP2.
Au cur de la DSP2, un concept : lauthentification forte. Soit lusage non plus dun facteur unique (un numéro de carte bancaire par exemple), mais dune combinaison de facteurs pour sassurer que la personne qui tente de se connecter à votre banque en ligne ou de payer avec votre carte est bien vous, et pas un usurpateur. Principale victime de cette nouvelle ère : le code SMS à usage unique, expédié au moment du paiement en ligne. Bien pratique, mais pas suffisamment sûr selon les critères de la DSP2.
Une montée en charge progressive
Pourtant, vous laurez sans doute remarqué si vous achetez en ligne : un an plus tard, le code SMS est toujours là. Cest normal : lécosystème du commerce en ligne - les commerçants, les prestataires de services de paiement, les banques - a obtenu un délai des pouvoirs publics pour mettre en uvre les nouvelles règles. Plus précisément, il a obtenu lautorisation deffectuer une montée en charge progressive. Objectif : éviter une explosion des échecs de paiement et donc un manque à gagner.
Léchéance, toutefois, approche. La date limite pour généraliser lauthentification forte est en effet fixée à mars 2021. À six mois du terme, où en sommes-nous ? Que sait-on de la manière dont les parcours dachats vont évoluer ? Faisons le point.
Quest-ce qui va remplacer le code SMS ?
Pour remplacer le code SMS, les banques nont pas le choix : elles doivent équiper leurs clients dune nouvelle solution dauthentification compatible avec la DSP2. Plus facile à dire quà faire : le code SMS a en effet lavantage dêtre quasi universel : il fonctionne aussi bien avec un vieux Nokia quavec un iPhone dernier cri.
Finalement, ce nest pas une, mais des solutions que vont proposer les banques, de façon à couvrir tous les cas de figure. Dans un article publié sur son site web, la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) en donne le détail.
Si vous êtes équipé dun smartphone, il vous faudra, si ce nest déjà fait, installer lapplication mobile de votre banque. Au moment de payer sur internet, vous recevrez une notification qui vous invitera à vous authentifier via cette application. Pour cela, deux solutions : la biométrie (empreinte digitale, reconnaissance faciale, reconnaissance diris) si votre smartphone est équipé dun capteur ou la saisie dun code personnel statique fourni par votre banque.
Si vous avez un vieux mobile (ou que vous ne souhaitez pas installer lappli de votre banque), la validation de la transaction pourra se faire grâce à la combinaison de 2 codes : un code à usage unique reçu par SMS ou par message vocal, plus un code statique fourni par votre banque.
Si vous navez pas de mobile, mais que vous souhaitez malgré tout faire du shopping en ligne, votre banque pourra vous équiper dun appareil dédié à lauthentification forte : un générateur de code par exemple, ou une clé USB sécurisée.
Faudra-t-il sauthentifier à chaque achat ?
Non, et heureusement pour le confort dutilisation et la fluidité du parcours dachat. Le site de commerce en ligne où vous faites vos emplettes sera autorisé à ne pas déclencher dauthentification forte dans certains cas de figure :
- si le montant du paiement est inférieur à 30 euros ;
- si vous avez désigné le site comme bénéficiaire de confiance, parce que vous avez lhabitude dy faire des achats et que tout sest toujours bien passé ;
- sil sagit dun paiement récurrent, pour régler par exemple un abonnement mensuel à Netflix ou à Spotify ;
- si la transaction est considérée comme présentant peu de risques, sur la base des statistiques globales du e-commerçant.
Quand est-ce que le code SMS va vraiment être mis au rancart ?
Selon la Fevad, léquipement des porteurs de cartes avec les nouvelles solutions de paiement va sétaler jusquen mars 2021, mais sintensifier surtout à partir du début de lannée prochaine. Objectif : ne pas trop perturber les consommateurs qui vont faire leurs courses de Noël en ligne. Un enjeu dautant plus crucial que le contexte sanitaire devrait pousser de nombreux acheteurs à privilégier le shopping numérique.
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