D’après les premiers éléments de l’enquête, les clients de la Banque Populaire de Saint-Maixent-L'Ecole victimes d’opérations frauduleuses sur leurs comptes n’auraient pas été piégés sur Internet, mais en effectuant des retraits d’argent liquide au distributeur. La fraude semble, par ailleurs, plus massive qu’initialement envisagé.

On en sait un peu plus sur l’affaire des comptes bancaires piratés dans les Deux-Sèvres. Hier, la gendarmerie de Saint-Maixent-L’Ecole avait annoncé qu’une cinquantaine de clients de l’agence Banque Populaire de cette petite ville proche de Niort avaient subi des retraits d’argent frauduleux sur leur compte bancaire. La même source évoquait une opération de phishing, ou hameçonnage, technique qui permet aux pirates de récupérer les coordonnées bancaires de leurs victimes sur internet, grâce à de faux e-mails.

Après enquête, il s’avère que les clients délestés ont été victimes d’une autre technique, baptisée skimming. Elle consiste, pour les malfaiteurs, à coller, directement sur le distributeur de billets, un discret boitier qui récupère les données présentes dans la bande magnétique de la carte bleue, sans pour autant empêcher le retrait. Un faux clavier, ou une petit caméra, permet dans le même temps de récupérer le code confidentiel. Avec les données recueillies, les malfaiteurs fabriquent de fausses cartes bancaires et s'en servent pour des retraits ou des paiements, le plus souvent à l’étranger, dans des pays où seules les données magnétiques (et non la puce) sont vérifiées. C’est ce qui s'est d'ailleurs passé dans la présente affaire, avec des opérations effectuées en Italie, au Chili et aux Etats-Unis, autour du 15 août dernier.

Une dizaine de DAB concernés

Autre développement lié à l’enquête : la fraude ne semble pas cantonnée à l’agence Banque Populaire de Saint-Maixent. D’après le quotidien régional La Nouvelle République, une dizaine de distributeurs de la région, appartenant à différentes enseignes, auraient également été piégés. Au cours d’une conférence de presse, la Banque populaire a reconnu qu’une cinquantaine de comptes avaient été débités frauduleusement, pour un montant de 300 euros en moyenne. Mais si l’on en croit l’enquête de la Nouvelle République, le nombre de victimes pourrait être bien plus important.

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Quoi qu’il en soit, comme cela se pratique en pareil cas, la Banque Populaire, qui n’avait toujours pas porté plainte hier, a annoncé qu’elle allait rembourser l’intégralité des sommes volées, et changer les cartes bancaires des clients concernés.