Cest un fantasme de longue date pour les afficionados de Free et de son patron, Xavier Niel : que leur opérateur favori vienne « révolutionner » le marché de la banque de détail - en tout cas y casser les prix - comme il la fait pour linternet fixe en 2002 et le mobile en 2012. Avec larrivée prochaine dOrange Bank, loffre bancaire développée par Orange, ce fantasme semble reprendre de la vigueur.
Une marque déposée il y a 16 ans
Dans un article publié hier lundi, La Tribune annonce en effet, en titre, une « intrigante Freebank peut-être en embuscade ». A lappui de cette hypothèse, larticle apporte quelques éléments. Le premier, aux allures de scoop : Iliad, la maison mère de Free, a bien déposé à lINPI, lInstitut national de la propriété intellectuelle, la marque Free Bank. Toutefois, la date de dépôt invite à relativiser limminence du lancement : il remonte en effet à juin 2000. A lépoque, Free navait pas encore lancé sa fameuse Freebox et commençait à peine à devenir une marque grand public grâce à un accès internet sans abonnement. Le dépôt était donc probablement défensif, destiné à éviter le parasitisme dun tiers cherchant à utiliser la popularité de Free pour promouvoir un service financier. Rien, en tout cas, qui puisse indiquer la volonté de Free de contrer dans les mois à venir le lancement dOrange Bank.
Second élément apporté au dossier : lexistence dun compte Twitter @MyFreeBank, créé en septembre 2015. Campagne virale destinée à faire monter le buzz sur Free Bank ? Plus certainement luvre dun fan de Free, agacé par larrivée dOrange sur le marché bancaire et lambition affichée par son patron, Stéphane Richard, qui a osé déclarer en janvier 2016 quOrange Bank veut être le « Free de la banque ». Il suffit dailleurs de remonter le fil des publications pour se rendre compte que le compte sappelait à lorigine @ubermiles et quil a été rebaptisé le 5 octobre dernier. Soit 24 heures après lofficialisation par Orange du rachat de Groupama Banque, qui ouvre définitivement la voie à Orange Bank.
Dautres opérateurs intéressés par la banque de détail ?
Au final, les indices dune arrivée de Free sur le marché de la banque de détail apparaissent très minces. Comme le souligne le site Freenews, « Free nest pas connu pour aimer la diversification. Historiquement concentré sur ses activités dopérateur télécoms, il est rare que celui-ci ait eu envie de saventurer ailleurs. » A fortiori sur une activité aussi réglementée et coûteuse que la banque, alors que Free a au contraire habilement profité de la dérégulation du secteur des télécoms pour se faire une place dans le paysage.
Pour autant, si on voit mal Free lancer effectivement sa Free Bank, au moins à court terme, cela ne signifie pas que lexemple dOrange ne sera pas suivi par dautres. La France compte en effet deux autres opérateurs mobiles, SFR et Bouygues, confrontés à la même problématique que le leader du marché : diversifier leurs activités, afin de compenser les baisses de revenus engendrées notamment par larrivée de Free sur le marché du mobile en 2012.
Ainsi, comme le rappelle La Tribune, SFR a récemment déposé la marque « Lets pay by SFR », qui pourrait laisser supposer une arrivée prochaine sur le marché, annoncé juteux, du paiement mobile. Exactement comme Orange la fait en son temps (octobre 2015), avec le déploiement dOrange Cash




















