Le 9 septembre dernier, au cours de la keynote de présentation du nouveau smartphone dApple, liPhone 6, Tim Cook, le patron de la multinationale, avait longuement disserté sur lergonomie et la sécurité dApple Pay. Un peu moins sur son insertion dans lécosystème actuel des paiements.
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Une semaine plus tard, on en sait toutefois un peu plus. Confirmation dabord : Apple a bien préparé son arrivée sur le marché américain en signant des accords avec les principales banques de détail et les réseaux de cartes bancaire. Ce qui lui permettra, dès son lancement, de couvrir potentiellement un peu plus de 80% du marché US des paiements par carte. Certains détails du deal passé avec les banques ont même été dévoilés : à chaque paiement via Apple Pay, la firme à la pomme prélèvera, selon le Financial Times [article en anglais], 0,15% de la somme réglée par lusager.
Une commission de 0,15% du montant payé
Cest sans doute là le principal obstacle à larrivée dApple Pay en France. Aux Etats-Unis en effet, les opérateurs de cartes bancaires prélèvent entre 1,5% et 2,75% du montant de chaque paiement, selon le site Bankinnovation [article en anglais], à titre de commission. Les 0,15% demandés par Apple paraissent donc raisonnables, dautant que la marque leur a promis un système sécurisé (grâce notamment à lutilisation dun capteur biométrique), au contraire des paiements par cartes classiques, qui ne sont pas authentifiés aux Etats-Unis par code secret.
La situation est complètement différente en France, où les paiements par carte sont moins perméables à la fraude grâce à lutilisation de la puce et du code secret, et où les banques subissent une plus forte pression des pouvoirs publics sur leurs tarifs. Conséquence : les commissions dites dinterchange sont plafonnées à 0,29% en moyenne pour les paiements traités par le groupement des cartes bancaires CB, et à 0,28% en moyenne pour ceux traités directement par MasterCard et Visa.
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Dans ce contexte, on imagine difficilement les banques françaises accepter de rétrocéder la moitié de leurs commissions à Apple. Ainsi, à moins que la firme à la pomme accepte dadapter son modèle économique au contexte local, le nouveau service de paiement ne devrait pas être accueilli à bras ouvert. Dans limmédiat, selon le quotidien Les Echos, elles nont pas encore été contactées par Apple.
Compatible avec les terminaux NFC français ?
Autre obstacle potentiel : la technologie utilisée par Apple sera-t-elle compatible avec les terminaux de paiement NFC existants ? La question est posée par le blog spécialisé dans linnovation bancaire « Cest pas mon idée » : « Avec toutes les nouveautés qu'Apple introduit (dont la « tokenisation » et le code de validation à usage unique), est-on certain que les terminaux NFC déjà déployés chez les commerçants seront compatibles ? ».
Visa, interrogé par un blog britannique [article en anglais], a apporté un début de réponse en annonçant que ses 1,5 million de terminaux européens seraient compatibles dès 2015. Cela sera-t-il aussi le cas de lensemble des terminaux distribués par les banques françaises ? Il faudra attendre pour voir, mais le doute est permis.
En attendant, les acheteurs français de liPhone 6, privés dApple Pay, ne pourront même pas patienter en utilisant la fonction sans contact de leur nouveau téléphone avec dautres services : Apple a en effet confirmé à un site américain [article en anglais] que la puce NFC incluse dans son appareil mobile ne pourrait, dans limmédiat, être utilisée quavec son service de paiement maison.

















