Le phénomène, relativement marginal il y a encore quelques années, est en train de devenir majeur. Les jeunes Français rejoignent massivement les banques 100% numériques. Certains chiffres impressionnent. Un tiers des Français majeurs de moins de 30 ans (contre seulement 13% de la population générale) sont clients de BoursoBank, selon les chiffres communiqués par la banque en ligne à l'occasion de la présentation de ses excellents résultats 2025.

La filiale du groupe Société Générale n'est pas la seule banque numérique à faire un tabac chez les jeunes adultes. Selon une étude réalisée en 2025 par OpinionWay pour MoneyVox, Revolut séduit également les moins de 35 ans, qui représentent plus de la moitié des 7 millions de clients revendiqués par la néobanque en France.

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« Un grand mouvement d'affolement »

Longtemps, les jeunes adultes ont « hérité » de la banque de leurs parents, généralement des établissements traditionnels, permettant à ces derniers de bénéficier, presque naturellement, d'un renouvellement générationnel de leur clientèle. Ce schéma a vécu. C'est même parfois l'inverse : de plus en plus de jeunes accompagnent les premiers pas de leurs parents dans la banque en ligne.

Dans ce contexte, il est de plus en plus difficile pour les banques à réseaux de se cacher derrière leur petit doigt. « Les néobanques disruptent, se rentabilisent et viennent maintenant nous attaquer sur la banque principale », a récemment acté Daniel Baal, le patron du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, à l'occasion de l'assemblée générale de la banque mutualiste.

« Je ne sais pas si l'on peut parler de panique, mais il y a un grand mouvement d'affolement » dans les banques traditionnelles, constate Christophe Baniol, directeur associé du cabinet de conseil Nouvelle Donne. « Au rythme de sa croissance 2024 et 2025, BoursoBank sera en effet la première banque française en 2040. C'est une alerte énorme. »

Le prix, une friction qui pousse les jeunes vers la banque en ligne

Certaines marques ont commencé à gommer l'une des frictions qui poussent la jeune génération vers les banques numériques : le prix. Renoncer à l'agence, en effet, permet d'économiser jusqu'à 70€ par an, en moyenne, lorsqu'on a moins de 25 ans, et jusqu'à 250€ au-delà.

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Face au risque de perdre les clients de demain, mais aussi des clients d'aujourd'hui, certaines enseignes font des efforts. La Banque Populaire a par exemple renoncé à facturer des frais de paiements et de retraits en devises étrangères aux 18-28 ans. En effet, c'est souvent à l'occasion d'un séjour à l'étranger que les usagers ouvrent leur premier compte dans une banque en ligne.

Au sein du même groupe bancaire BPCE, certaines Caisses d'Epargne (Franche-Comté, Ile-de-France, Languedoc-Roussillon, Loire Drôme Ardèche, etc.) ont récemment rendu gratuite leur offre groupée de services d'entrée de gamme Initial pour les moins de 26 ans, voire de 29 ans. Elle coûtait auparavant entre 12€ et 36€, selon les cas.

Le Crédit Agricole, lui, a fait un effort sur EKO. Ce package low cost, facturé 2€ par mois, est désormais gratuit pour celles et ceux qui acceptent de se contenter d'une carte virtuelle, utilisable pour les paiements en ligne et mobiles sans contact.

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Reprendre « les codes de la banque en ligne »

Ce mouvement vers la gratuité va-t-il se poursuivre ? Pour Christophe Baniol, les banques traditionnelles y ont en tout cas tout intérêt : « Elles se font la guerre sur le prêt immobilier, produit sur lequel elles ne gagnent presque rien, mais elles refusent de déroger sur le prix de leurs comptes, leurs cartes... Or si la conquête ciblée se fait sur les crédits immobiliers, la conquête massive de nouveaux clients se fait évidemment sur la banque au quotidien, et notamment sur les jeunes. »

Le consultant, par ailleurs ancien directeur marketing de la banque de détail de la Société Générale, constate d'ailleurs une inflexion. « Cette année, pour la première fois, certaines banques à réseau commencent à proposer des offres qui reprennent les codes de la banque en ligne. Autour des tarifs bien sûr, mais aussi des primes et du parrainage. Bref, autour d'une relation plus transactionnelle. »

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