Dans la dernière édition de sa lettre de l’observatoire de l’épargne, l’Autorité des marchés financiers (AMF) recommande aux épargnants « d’être vigilants sur les frais appliqués à leurs investissements ». L’Autorité fait notamment un zoom sur la tarification touchant l’investissement direct en actions. Avec un message phare : attention au niveau de frais dans les grands réseaux bancaires, qui appliquent des tarifs bien supérieurs aux courtiers en ligne.

Pour cette huitième édition de sa lettre de l’observatoire de l’épargne, datée de mai 2014, l’AMF revient sur le thème de sa toute première édition, parue en avril 2012 : la tarification des produits financiers. Comme deux ans auparavant, l’Autorité fait notamment un zoom sur les frais de bourse : frais de transaction - ou de courtage - et de détention - ou droits de garde.

Pour quelle évolution ? L’AMF a établi une moyenne des frais moyens d’achat et de vente d’actions sur internet, pour un ordre de 5.000 euros sur Euronext Paris au 1er décembre 2012 puis au 1er janvier 2014, en conservant le même échantillon de neuf grandes banques de détail (1). Les frais sont passés de 25 euros (0,50%) fin 2011 à 26,5 euros (0,53%) en 2014, pour une augmentation similaire pour un ordre de 10.000 euros (de 47 à 50 euros en moyenne).

Hausse dans les banques, baisse chez les courtiers

Cette hausse, très légère, est à mettre en perspective avec la baisse assez nette des frais appliqués par les huit courtiers web analysés - Binckbank, Bforbank, Boursorama banque, Bourse Direct, Cortal Consors, Fortuneo, ING Direct et Saxo Banque - qui font en règle générale des tarifs réduits un argument de vente. Pour un ordre de 5.000 euros, les frais de courtage ont diminué de plus de 3 euros : de 13,9 euros (0,28%) en décembre 2011 à 10,4 euros (0,21%) en janvier 2014. Pour un achat ou une vente d’action de 10.000 euros, la moyenne des frais s’établit désormais à 17,1 euros chez les courtiers, contre 21,6 euros deux ans auparavant.

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Ces évolutions contraires creusent ainsi l’écart de tarification entre grands réseaux bancaires et courtiers en ligne. Désormais, il passe très largement du simple au double sur un ordre de 5.000 euros et avoisine le simple au triple pour 10.000 euros. Pour les ordres internet passés sur la Bourse de New York, l’écart passe encore largement du simple au double - 19 euros pour les courtiers contre 51,8 dans les banques de détail.

Des droits de garde dans les banques de réseau

Concernant les droits de garde, la comparaison est simple : les banques de réseau appliquent des frais sur la conservation des titres, de 0,55% en moyenne pour un portefeuille à 10.000 euros avec 5 lignes, quand les courtiers tablent sur la gratuité. Avec un bémol : l’AMF souligne que cette gratuité reste « conditionnée à un nombre minimal d’ordres de bourse à passer chaque mois ou à une valeur de portefeuille minimale ».

Bilan, pour un profil d’investisseur « relativement actif » (2), l’AMF chiffre à 0,47% du montant du portefeuille les frais moyens dans une grande enseigne bancaire, à moins de 0,1% chez un courtier. En bref, plus l’investisseur passe d’ordres en bourse, plus le différentiel se creuse entre banques et courtiers.

(1) Echantillon de banques : BNP Paribas, Banque Populaire (cinq banques régionales), Caisse d’épargne (cinq caisses régionales), CIC, Crédit Agricole (cinq caisses régionales), Crédit Mutuel (trois fédérations), LCL, La Banque Postale, Société Générale. « Les moyennes ne sont pondérées par aucun critère », précise l’AMF pour l'échantillon des banques comme pour celui des intermédiaires web.

(2) Quatre ordres par an de 5.000 euros et dix lignes pour 60.000 euros au total.