Les frais de bourse regroupent l'ensemble des coûts facturés par les banques et les courtiers lors de l'achat, de la vente ou de la détention de titres financiers. Frais de courtage, droits de garde, frais sur opérations spécifiques... leur montant peut varier fortement selon l'établissement et le type de compte utilisé. Mieux comprendre ces frais permet de choisir un courtier adapté à son profil d'investisseur et d'optimiser le coût de ses opérations.
L'essentiel
- Les frais de bourse regroupent l'ensemble des coûts facturés lors de l'achat, de la vente ou de la détention de titres financiers : frais de courtage, droits de garde, frais de change ou frais liés à certains services comme le SRD.
- Leur montant varie fortement selon l'établissement : les banques traditionnelles appliquent souvent des tarifs plus élevés que les courtiers en ligne.
- Certains frais sont visibles lors de l'ordre de bourse, tandis que d'autres peuvent être indirects, comme les frais internes des ETF ou des fonds d'investissement.
- Bien comparer les tarifs des courtiers et adapter son choix à son profil d'investisseur permet de limiter l'impact des frais sur la performance de son portefeuille.
Investir en Bourse implique presque toujours de recourir à un prestataire de services d'investissement (PSI) : banque de réseau, banque en ligne, courtier spécialisé ou plateforme de courtage en ligne, parfois établie dans un autre État membre de l'Union européenne. En contrepartie de l'accès aux marchés financiers, de la transmission et de l'exécution des ordres, du règlement-livraison et de la conservation des titres, ces intermédiaires facturent différents frais.
Ces coûts, souvent perçus comme secondaires, peuvent pourtant peser lourdement sur la performance nette d'un portefeuille, en particulier lorsqu'ils s'accumulent sur la durée ou concernent des ordres de faible montant.
Sur quels supports s'appliquent les frais de courtage ?
Le compte-titres ordinaire (CTO)
Le compte-titres ordinaire (CTO) est l'enveloppe d'investissement la plus souple. Il permet d'investir sans plafond de versement dans un large éventail d'instruments financiers : actions françaises et étrangères, ETF, obligations, certificats, produits dérivés ou encore produits à effet de levier, sous réserve du profil de l'investisseur.
Sur le plan juridique, aucun texte ne plafonne les frais applicables aux CTO. Les établissements disposent donc d'une liberté tarifaire, sous réserve du respect des règles générales de transparence et d'information prévues par le Code monétaire et financier (notamment les articles L.533-12 et suivants, issus de la directive MIF 2).
Bourse en ligne : comparatif des courtiers et des banques
Concrètement, cela signifie que les frais de courtage, les droits de garde, les frais de change ou encore les frais de transfert peuvent varier fortement d'un établissement à l'autre.
Le PEA et le PEA-PME : des supports réglementés
Le plan d'épargne en actions (PEA) et le PEA-PME-ETI sont des enveloppes d'investissement prévues par le Code monétaire et financier (articles L.221-30 à L.221-32-2). Ils ouvrent droit, sous conditions, à un régime fiscal spécifique et sont assortis d'un encadrement légal des frais.
Cet encadrement ne remet pas en cause le principe général de liberté tarifaire, mais introduit des plafonds légaux précis pour certains types de frais, dans un objectif de protection des épargnants particuliers. Ces règles résultent de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 (loi Pacte) et de son décret d'application n° 2020-95 du 5 février 2020 (articles R.221-111 à R.221-117 du Code monétaire et financier).
Les grandes catégories de frais en Bourse
Les frais de courtage (frais par ordre)
Les frais de courtage correspondent à la commission facturée à chaque achat ou vente de titres. Ils peuvent être :
- fixes (un montant forfaitaire par ordre) ;
- proportionnels (un pourcentage du montant de l'ordre) ;
- mixtes, combinant un minimum fixe et une part proportionnelle.
Les grilles tarifaires varient selon le montant de l'ordre, la place de cotation (Euronext, marchés américains, autres bourses européennes ou internationales) et le canal de transmission de l'ordre.
Dans le cadre d'un PEA ou d'un PEA-PME, les frais de transaction sont légalement plafonnés. Conformément à l'article R.221-111 du Code monétaire et financier :
- ils ne peuvent excéder 0,50% du montant de l'opération lorsque l'ordre est transmis par voie entièrement dématérialisée ;
- ils sont plafonnés à 1,20% du montant de l'opération dans les autres cas (ordre transmis par téléphone, en agence ou par courrier).
Pour les titres non cotés, le plafond applicable est également de 1,20%, y compris lorsque l'ordre est transmis par voie dématérialisée. Le décret du 5 février 2020, pris dans le cadre de la loi Pacte, encadre notamment les frais applicables aux plans d'épargne en actions (PEA), afin d'éviter certaines pratiques tarifaires excessives.
Exemples de frais de courtage en 2026
- Chez Boursorama / BoursoBank, un ordre sur Euronext peut coûter entre 0,50 et 1,99 selon l'offre choisie.
- Chez Fortuneo, les frais peuvent démarrer autour de 0,35 à 1,95 selon le montant de l'ordre.
- Chez Bourse Direct, les tarifs commencent autour de 0,99 pour les petits ordres.
- Les banques traditionnelles appliquent souvent des frais plus élevés, pouvant dépasser 5 à 10 par ordre, selon le montant de la transaction.
Droits de garde et frais de tenue de compte
Les droits de garde rémunèrent la conservation des titres et la gestion administrative du compte (tenue des positions, opérations sur titres, relevés, etc.).
En compte-titres ordinaire, ces frais ne font l'objet d'aucun plafonnement légal. Certains établissements les ont supprimés, tandis que d'autres continuent de les facturer, souvent sous la forme d'un pourcentage annuel de la valeur du portefeuille, parfois assorti d'un minimum ou d'une facturation par ligne de titres.
Dans le cadre d'un PEA ou d'un PEA-PME, les frais de tenue de compte sont plafonnés par l'article R.221-112 du Code monétaire et financier. Ils ne peuvent pas dépasser 0,40 % par an de la valeur du plan, avec un plafond de 5 par ligne de titres cotés et 25 pour les titres non cotés.
Frais de change et opérations en devises
Dès lors qu'un investisseur traite des titres libellés dans une devise étrangère, des frais de change peuvent s'appliquer. Ils prennent généralement la forme :
- d'une commission explicite ;
- et/ou d'un spread (la différence entre le meilleur prix d'achat et le meilleur prix de vente) sur le taux de conversion.
Ces frais ne sont pas plafonnés par la loi, y compris dans le cadre d'un PEA, et peuvent constituer une part significative du coût total, notamment pour les investisseurs actifs sur les marchés étrangers.
Frais annexes : abonnements, inactivité, transferts
D'autres frais peuvent s'ajouter aux frais de courtage stricto sensu :
- abonnements à des flux de données en temps réel ;
- frais d'inactivité ;
- frais de clôture ou de transfert de compte.
S'agissant des transferts de PEA, les frais sont plafonnés par l'article R.221-114 du Code monétaire et financier à 15 par ligne de titres cotés, 50 par ligne non cotée, dans la limite d'un plafond global de 150 , et doivent être nuls lorsque le plan est intégralement composé d'espèces.
Les frais internes des supports d'investissement
Certains produits financiers comportent également des frais internes, qui ne sont pas facturés directement par le courtier mais prélevés au niveau du support lui-même.
C'est le cas par exemple des ETF, qui appliquent un TER (Total Expense Ratio) correspondant aux frais de gestion annuels du fonds. Les OPCVM peuvent également prévoir des frais de gestion, voire des frais de performance lorsque le fonds dépasse un certain objectif de rendement.
Ces coûts sont intégrés dans la valeur du produit et viennent donc réduire la performance nette pour l'investisseur, même s'ils ne figurent pas directement sur le relevé de frais du courtier.
Frais sur SRD et opérations à crédit
Le service de règlement différé (SRD) permet de différer le règlement-livraison des titres, moyennant des frais spécifiques (commission de SRD, intérêts de report).
Ces frais s'ajoutent aux frais de courtage classiques. Le SRD est interdit dans le cadre d'un PEA, conformément aux règles de fonctionnement prévues par le Code monétaire et financier.
Taxes et prélèvements obligatoires
Certains achats d'actions sont soumis à des prélèvements obligatoires, notamment la taxe sur les transactions financières (TTF) prévue à l'article 235 ter ZD du Code général des impôts, au taux de 0,40% pour les actions françaises de grandes capitalisations répondant à des critères précis.
Comment limiter ses frais de courtage
Choisir un courtier adapté à votre profil
- Investisseur long terme : priorité à l'absence de frais de garde et à la stabilité tarifaire.
- Investisseur actif : vigilance accrue sur les frais par ordre, les frais de change et la qualité d'exécution.
- Investisseur occasionnel : éviter les frais d'inactivité et les abonnements imposés.
Examiner les frais indirects
Au-delà des frais visibles, certains coûts indirects peuvent également peser sur la rentabilité d'un investissement. C'est le cas par exemple des frais de conversion de devise pour les actions étrangères, des frais d'inactivité facturés par certains courtiers ou encore des coûts liés à certains produits spécifiques. Ces frais, parfois moins visibles, doivent être pris en compte pour évaluer le coût réel d'une stratégie d'investissement, en particulier chez les acteurs affichant une tarification « zéro commission ».
Attention aux frais fixes
Un coût fixe de 5 par ordre représente :
- 5 % d'un ordre de 100 ;
- 2,5 % d'un ordre de 200 ;
- 0,5 % d'un ordre de 1 000 .
Multiplier les petits ordres peut ainsi annuler une partie significative de la performance, même lorsque les choix d'investissement sont pertinents. Ainsi, regrouper les investissements permet de réduire le poids relatif des frais, sans pour autant surdimensionner un ordre au détriment de la gestion du risque.
Le cas des petits ordres : un angle mort coûteux
Les données de l'AMF, en date de mai 2025, mettent en évidence un phénomène souvent sous-estimé : le coût très élevé des petits ordres, notamment en compte-titres.
Pour un ordre de 100 en compte-titres, le coût moyen observé est de 5,8 , soit 5,8% du montant investi. À l'inverse, dans un PEA, du fait du plafonnement légal, la commission moyenne est limitée à 0,49%, soit 0,50 pour le même ordre. Ce différentiel explique pourquoi les frais constituent un enjeu majeur pour les jeunes investisseurs ou les épargnants investissant de faibles montants de manière régulière.
Bon à savoir : comment expliquer les différences de frais d'un organisme à l'autre ?
Les frais pratiqués résultent de plusieurs choix économiques : modèle fixe, proportionnel ou mixte, segmentation par marchés, différenciation selon le canal de passage de l'ordre. Ces paramètres expliquent pourquoi un même investisseur peut supporter des coûts très différents selon son établissement et son comportement de trading.
Ce que montrent les données de l'AMF sur les frais de courtage
Chaque année, l'Autorité des marchés financiers analyse les grilles tarifaires des principaux prestataires de services d'investissement opérant auprès des particuliers.
Sa Lettre de l'Observatoire de l'épargne (mai 2025) permet de dresser un état des lieux précis des frais réellement supportés par les investisseurs, au-delà des discours commerciaux.
Banques de réseau : des frais globalement stables, mais élevés
Pour les banques de réseau, l'AMF constate une relative stabilité des frais de courtage, après la baisse observée à la suite du plafonnement des frais du PEA en 2020.
En compte-titres ordinaire, le coût moyen d'un ordre de 1 000 passé en ligne sur Euronext Paris s'établit à 0,67% en 2025, contre 0,80% en 2020, soit une baisse d'environ 16% en cinq ans.
Pour un ordre de 5 000 , le coût moyen ressort à 0,50%, et à 0,48% pour un ordre de 10 000 .
En revanche, l'AMF souligne que les frais de conservation ont augmenté ces dernières années. Pour un portefeuille type de 60 000 réparti sur 10 lignes, les droits de garde moyens atteignent 0,35 % par an en 2025, contre 0,27 % en 2020, soit une hausse d'environ 30 %.
Autrement dit, la baisse des frais par ordre ne compense pas nécessairement la hausse des frais récurrents, en particulier pour les investisseurs long terme peu actifs.
Banques en ligne et courtiers en ligne : des frais plus compétitifs
Les banques en ligne et courtiers en ligne historiques affichent, en moyenne, des frais de courtage inférieurs à ceux des banques de réseau, en particulier pour les ordres passés sur internet.
Pour un ordre de 1 000 sur Euronext Paris, le coût moyen observé est de l'ordre de 0,45%, contre 0,67 % dans les réseaux bancaires traditionnels. Cet écart tend à se maintenir, voire à s'accentuer, avec la montée en puissance des offres 100% en ligne.
Ces acteurs se distinguent également par la suppression fréquente des droits de garde, ce qui réduit le coût global pour les investisseurs long terme, même lorsque les frais par ordre ne sont pas les plus bas du marché.
Néobrokers : des frais affichés très faibles mais pas nuls
L'AMF consacre une attention particulière aux néobrokers, souvent établis dans un autre État membre de l'Union européenne et opérant en libre prestation de services.
Selon l'étude, trois néobrokers sur sept affichent une “gratuité” des frais de courtage, au moins sur les ordres passés sur actions ou ETF. Pour un ordre de 1 000 , le coût facial peut ainsi tomber à 0,13%, voire être nul.
Certains acteurs se rémunèrent également via le « payment for order flow » (PFOF), un mécanisme par lequel les ordres sont transmis à un intermédiaire d'exécution rémunérant le courtier. Cette pratique, autorisée sous conditions dans l'Union européenne, doit progressivement disparaître pour les nouveaux clients particuliers dans les prochaines années dans le cadre de la réforme européenne des marchés financiers.
Toutefois, l'Autorité rappelle que :
- cette gratuité n'intègre pas les frais de change, souvent appliqués de manière systématique;
- des frais de correspondants étrangers peuvent s'ajouter pour les ordres exécutés hors Euronext ;
- les spreads acheteur/vendeur peuvent être plus larges selon les modalités d'exécution, ce qui constitue un coût économique indirect, rarement explicité.
L'AMF insiste donc sur un point clé : l'absence de frais de courtage n'implique pas la gratuité des transactions.
Questions fréquentes
Pourquoi les frais de bourse sont-ils souvent plus élevés dans les banques traditionnelles ?
Les banques traditionnelles appliquent généralement des tarifs plus élevés car leurs services incluent souvent davantage d'accompagnement, comme le conseil ou la gestion de portefeuille. Les courtiers en ligne, eux, proposent des plateformes d'investissement plus automatisées et sans réseau d'agences, ce qui leur permet de réduire leurs coûts et de proposer des frais de courtage plus bas. Le choix dépend donc du niveau d'autonomie souhaité par l'investisseur.
Les frais de bourse peuvent-ils réduire fortement la performance d'un investissement ?
Oui. Même lorsqu'ils semblent faibles, les frais peuvent peser sur la performance d'un portefeuille, surtout pour les investisseurs qui passent de nombreux ordres ou qui investissent de petits montants. Sur le long terme, l'accumulation des frais de courtage, des frais de gestion de certains produits ou des frais de change peut réduire significativement le rendement global d'un investissement.
Peut-on négocier les frais de bourse avec sa banque ?
Dans certains cas, oui. Les banques traditionnelles peuvent accepter de réduire certains frais, notamment pour les clients disposant d'un portefeuille important ou réalisant un volume d'ordres élevé. Les marges de négociation restent toutefois limitées et concernent surtout les frais de courtage. Les courtiers en ligne appliquent quant à eux des grilles tarifaires fixes, généralement non négociables.
Romain DESIGNOLLE
Romain Designolle est diplômé du CFPJ depuis 2017. Après des expériences dans le domaine des Sports et de la locale pour des quotidiens régionaux... Lire la suite
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